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Le Royaume-Uni, un paradis fiscal aux portes de l’UE ?

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George Osborne.


 
Le ministre des finances britannique George Osborne a annoncé que son pays pourrait bien proposer un avantage fiscal sous la forme d’une baisse des taxes de 5 % sur les sociétés pour doter le Royaume-Uni du plus bas taux d’imposition du G7, à 15 %. Voilà qui va fortement déplaire à l’UE : le trublion agite déjà son joker, et se prépare une embellie financière et économique qui va faire des jaloux. L’Union européenne risque quant à elle de se retrouver avec un paradis fiscal à ses portes…
 
Il s’agit, dans un premier temps, d’envoyer un message fort aux investisseurs internationaux afin de les rassurer sur l’hospitalité du Royaume-Uni à l’égard du monde des affaires, mais également de se ménager une position de force face à d’éventuelles mesures de rétorsion de l’Union européenne pour faire payer aux Britanniques leur Brexit, alors que la Grande-Bretagne n’a pas encore activé l’article 50 du traité de Lisbonne.
 

Rassurer les entreprises au plan fiscal et faire réfléchir l’UE

 
Au sujet de cet article 50, qui enclencherait le processus de départ effectif, Osborne a été clair : « Seul le Royaume-Uni peut saisir l’article 50. Et selon moi, nous ne devons le faire que si nous avons une vision claire des nouveaux arrangements que nous voulons avec nos voisins européens. Pendant ce temps, pendant les négociations qui vont suivre, il n’y aura pas de changement quant aux droits des personnes de voyager et de travailler, ou la manière dont s’effectue le commerce de nos biens et services, ni à la façon dont notre économie et notre système financier est régulé. »
 
Le taux fiscal très avantageux qu’Osborne propose ne sera peut-être pas le taux exact retenu, car même si la politique d’austérité est abandonnée, le gouvernement britannique va devoir ménager les finances publiques.
 
Mais le ministre, outre qu’il veut rassurer les grandes multinationales qui ont des doutes sur l’attractivité future du pays, espère aussi assouplir l’attitude de l’UE à l’égard du Royaume-Uni, en garantissant à celui-ci un accès libre au marché européen.
 

Le Royaume-Uni se transformerait bien en paradis fiscal

 
Comment l’obtenir tout en offrant de tels avantages fiscaux aux grandes entreprises ? Ce sera un moyen sûr de donner des sueurs froides à l’UE, celle-ci ne voulant assurément pas d’une sorte de paradis fiscal géant au pied de sa porte.
 
Mais, commente le Telegraph, il ne s’agira pas pour le Royaume-Uni de mettre en avant cette mesure dans les négociations. L’utiliser comme un argument massue dans le bras de fer avec l’UE serait contre-productif et risquerait de durcir l’attitude des partenaires traditionnels de la Grande-Bretagne. Mais faire savoir à l’Union européenne que le Royaume-Uni dispose de ce joker dans son jeu est assurément un moyen de la ramener à des sentiments plus pacifiques. Une nouvelle démonstration de la ressource et du self-control des Britanniques, et un rappel à l’UE – à supposer que tout cela ne relève pas de la fiction – qu’elle devra compter avec eux quoi qu’il arrive.
 

Patrick Neuville