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COMEDIE
Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage ♥♥


 
Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage est une comédie égyptienne assez typique de là-bas. Le ton est certainement celui de la comédie, tout comme la structure narrative et bien des scènes, avec une fin positive d’usage. Le film est à voir en arabe, dans toute la mesure du possible ; toutefois, le sous-titrage a surinterprété parfois des chansons ambigües en VO, qui en deviennent alors indécentes. Le film évoque aussi des situations vraiment dramatiques, avec un meurtre sanglant. Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage se situe aussi à la limite du drame social, puisqu’il renvoie à des situations très réelles dans l’Egypte d’aujourd’hui, abordées de façon beaucoup moins superficielle qu’il n’y paraît de premier abord.
 
Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage est une forme de chronique, étalée sur plusieurs mois, de la vie d’une petite ville égyptienne, dans un contexte quasiment rural, avec des champs et des vaches immédiatement à proximité. Le paysage est celui du delta du Nil, verdoyant et parfaitement plat, aux vastes horizons. Deux familles s’affrontent : celle des notables locaux, qui se veulent protecteurs de la ville, et celle des traiteurs, qui pratiquent l’art de la cuisine égyptienne. Les premiers sont des mégalomanes, odieux, qui concrètement apportent peu à la population locale en dépit de leurs prétentions, et les seconds sont des artisans et commerçants honnêtes et travailleurs. Il y a là a priori un thème populaire universel opposant les mauvais riches et les bons pauvres, ces derniers finissant par leur persévérance et leur astuce par l’emporter. C’est en fait plus complexe puisque ces « pauvres » ne le sont pas, mais appartiennent à la classe moyenne égyptienne. Eux peuvent se faire entendre des autorités, ce qui n’est pas le cas, ou nettement moins, des vrais pauvres ou miséreux en Egypte. Les scènes les plus osées socialement dans ce type de comédie, brèves, montrent d’ailleurs que cette classe moyenne ne se conduit pas forcément beaucoup mieux envers les miséreux que les notables envers elle.
 

Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage : un témoignage intéressant sur la société égyptienne d’aujourd’hui.

 
Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage montre une Egypte quelque peu idéalisée. Les individus pourraient échapper aux mariages arrangés, ou quasiment, alors que la réalité est différente. Il y a un appel à un minimum de bon sens face à des pratiques sociales impératives : une jeune femme ne pourrait-elle pas plutôt épouser le jeune frère, plus à son goût, du cousin âgé, qui lui est imposé par la coutume ? Remarquons qu’ainsi le mariage resterait dans la famille, limite de l’exercice. Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage, à voir avec un esprit critique, attentif à l’idéalisation assez systématique malgré tout, propose un témoignage intéressant sur la société égyptienne d’aujourd’hui.
 

Hector JOVIEN

 
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