La Russie et la Chine dénoncent le déploiement d’une défense antimissile THAAD des Etats-Unis en Corée du Sud

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Ministère russe des Affaires étrangères.

 
Après l’annonce par la Corée du Sud du déploiement d’un système antimissile américain THAAD sur son territoire face à la menace persistante de la Corée du Nord communiste, aussi bien la Chine que la Russie ont souligné ce qui constitue à leur sens une initiative inquiétante. Dans un communiqué publié par le ministère chinois de la défense, on apprend que « la partie chinoise est fortement mécontente et s’y oppose fortement ». La Russie tient à peu près le même langage : le ministère des affaires étrangères a publié un communiqué vendredi accusant les États-Unis de mettre en péril l’équilibre global de la sécurité.
 
« Depuis le tout début les discussions à ce sujet nous avons de manière constante et invariable souligné les conséquences les plus dangereuses d’une telle décision et appelé nos partenaires à ne pas faire ce choix erroné. Hélas, nos appels sont restés sans lendemain », affirme le communiqué russe.
 

La Chine et la Russie contre le système THAAD en Corée du Sud

 
Les diplomates russes estiment que le renforcement du système antimissile global dans l’Asie-Pacifique aura un effet « très négatif », de nature à accroître les tensions régionales et de mettre de nouvelles barrières à une « résolution pacifique » du conflit entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ainsi que sur le désarmement nucléaire dans la péninsule coréenne. C’est pourtant la Corée du Nord qui montre les dents : la plus clairement assumée des dictatures communistes s’emploie en effet à renforcer ses capacités militaires et nucléaires sans la moindre gêne.
 
Le système THAAD devrait être opérationnel d’ici à la fin de 2017. Il consiste en un système de défense capable d’intercepter les missiles balistiques à portée courte, moyenne et intermédiaire grâce notamment un système de radar à longue portée.
 
Il est intéressant de noter que ces commentaires très négatifs émanant de la Russie et de la Chine ne visent pas un système agressif mais une technologie destinée à contrer une agression potentielle. La Chine assure ainsi que l’existence d’un tel système ne fera rien pour mettre fin au programme nucléaire nord-coréen. Le neutraliser, c’est déjà trop…
 
« La Chine encourage fortement les Etats-Unis et la Corée du Sud de mettre fin au déploiement du système antimissile THAAD, à ne pas prendre des mesures qui compliqueront la situation régionale et à ne rien faire qui fasse du tort aux intérêts de sécurité stratégiques de la Chine », affirme ainsi le communiqué du ministère chinois.
 

Le système antimissile des Etats-Unis nuit-elle à la stabilité ?

 
Même son de cloche en Albanie, où un ancien vice-ministre dont les propos sont repris par l’agence officielle chinoise Xinhua vient de déclarer que « quelles que soient les inquiétudes de la Corée du Sud pour sa sécurité en raison du nombre croissant d’essais de missiles par la Corée du Nord, cela ne justifie pas l’accord récent avec les Etats-Unis ». Dorian Ducka y voit la mise à l’écart de « la diplomatie et du dialogue », du fait de « certains puissants  pays avancés» et de « l’irrationalité de certains leaders et régimes » : à la Chine, dit-il, de promouvoir la stabilité de la péninsule coréenne.
 
Bref, la péninsule coréenne est chasse gardée pour la Chine, et l’ancien bloc communiste, Russie comprise, continue de faire bloc là-dessus.
 

Anne Dolhein