fbpx

La Russie au secours du libre-échangisme : Poutine s’en prend au protectionnisme sur le ton du mondialisme

Russie libre échangisme Poutine protectionnisme mondialisme
 
Le libre-échange multilatéral est un élément clef de la stabilité économique globale, ont déclaré les leaders du monde réunis de jeudi à samedi denier en Russie pour le Saint-Pétersbourg International Economic Forum (SPIEF). Emmanuel Macron, Christine Lagarde, Shinzo Abe, le vice-président chinois Wang Qishan et bien d’autres ont tenu ce discours fermement appuyé par Vladimir Poutine, dont la presse russe contrôlée par le Kremlin a mis en exergue le soutien au libre-échangisme et la dénonciation du protectionnisme. Bref, tout ce petit monde s’est entendu autour d’un sujet essentiel, le mondialisme…
 
Vladimir Poutine a ainsi mis en garde contre la crise la plus profonde que l’économie globale ait jamais connue, pour reprendre les termes employés par rt.com. « Le système de coopération multilatérale, qui a pris des années à construire, n’est plus autorisé à évoluer. On le casse de la façon la plus grossière. Violer les règles est en passe de devenir la nouvelle règle », a-t-il déclaré.
 

Au nom de la Russie, Poutine défend le libre-échangisme

 
En l’occurrence, ce n’est pas seulement le représentant d’un pays victime de sanctions, la Russie, qui s’exprime. Vladimir Poutine a dans son viseur tout ce qui empêche l’installation du libre-échangisme mondial, et sans doute en particulier les actions de Donald Trump pour rendre l’économie américaine aux Américains, notamment dans le domaine de l’acier et de sa confrontation avec la Chine à ce propos.
 
« La capacité à imposer arbitrairement et sans contrôle des sanctions favorise la tentation de recourir à de tels outils de restriction de manière répétée, à droite et à gauche, dans tous les cas, sans égard pour la loyauté politique, les grands mots sur la solidarité, les accords passés et les coopérations de longue durée », a déclaré le président russe. On dira qu’il prêche pour sa paroisse, mais en attendant, il est parfaitement aligné sur le discours des mondialistes.
 
Christine Lagarde a profité de l’occasion pour affirmer que les barrières commerciales peuvent ralentir la croissance globale estimée à 3,9 % pour cette année 2018. « Les nuages s’accumulent du fait du risque d’un rétrécissement des échanges globaux et de la coopération multilatérale », a déclaré la directrice du FMI en affirmant qu’il n’y a pas de vainqueur dans les guerres commerciales et que « le protectionnisme frappe très durement les pauvres en particulier ».
 

Poutine dénonce le protectionnisme ; avec la Chine, Macron et le FMI, il défend le mondialisme

 
Tant pis pour la réalité : on sait pourtant bien que ce sont les délocalisations dans des conditions inégales de concurrence qui ont privé des millions de Français ou d’Américains de travail par l’imposition d’un libre-échange inéquitable, et que ce sont les plus riches qui ont su en tirer profit.
 
Tandis que Emmanuel Macron prêchait la « souveraineté européenne », notamment grâce à « l’autosuffisance sur le plan financier », invitant à multiplier les investissements croisés sans tenir compte de la géopolitique et de la politique, la Chine a elle aussi assuré qu’elle cherchait à éviter les guerres commerciales, les pourparlers étant en cours avec les Etats-Unis. Fort bien. Mais cela ne rend pas compte de l’expansionnisme économique chinois et de ses initiatives multiples à travers le monde pour asseoir sa domination. Le libre-échangisme a bon dos. Le bloc ex-communiste, qui fonctionne toujours en tant que bloc dans les rapports internationaux, continue de tirer parti des « règles » du commerce qui lui ont été généreusement accordées par les dirigeants du monde développé contre l’intérêt de leurs peuples.
 

Anne Dolhein