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Russie : Poutine se retire du projet de gazoduc South Stream

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C’est à son corps défendant que le président russe retire son pays du projet de construction du gazoduc South Stream, le pipeline qui devait approvisionner l’Europe en gaz russe en contournant l’Ukraine. Du moins c’est ce qu’il dit. Poutine fait porter à l’Union européenne la responsabilité de ce retrait : les sanctions prononcées par l’UE à la suite des événements d’Ukraine cet été ont bloqué la poursuite des travaux, auxquels s’oppose notamment la Bulgarie. Le gazoduc devait relier la Russie à l’Italie en passant par la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.
 
La Bulgarie, par sa soumission à l’UE, perd une source de revenus intéressante, a souligné Poutine, assurant que le transit du gaz russe lui aurait assuré quelque 400 millions d’euros par an.
 
« Nous pensons que la position de la Commission européenne était contre-productive. En réalité, non seulement la Commission n’a apporté aucune aide à sa construction, mais telles que nous voyons les choses, des obstacles y ont été apportés. Eh bien, si l’Europe ne veut pas que le gazoduc voie le jour, il ne verra pas le jour », a déclaré Poutine à l’issue de ses pourparlers avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan.
 

Des gazoducs vers la Turquie

 
Le jeu consiste clairement à favoriser les relations russo-turques, avec promesses à la clef : dès le 1er janvier, les prix du gaz russe seront baissés de 6% pour ce partenaire (dans un contexte de baisse des prix du pétrole, cela n’a rien de très extraordinaire) mais surtout, une hausse des volumes est programmée : 3 milliards de mètres cubes supplémentaires par rapport aux 13,7 milliards de mètres cubes actuellement. Ce gaz transite par le gazoduc Blue Stream déjà en opération entre la Russie et la Turquie.
 
Qui fera les frais de ce redéploiement ? L’Europe, bien sûr : Poutine a déclaré vouloir accentuer la production et l’exportation de gaz naturel liquéfié vers « d’autres régions du monde » : « Nous allons promouvoir d’autres marchés et l’Europe ne recevra pas ces volumes, du moins, pas de la Russie. Nous croyons que cela n’est pas dans l’intérêt économique de l’Europe et cela fait du tort à notre coopération. Mais tel est le choix de nos amis européens », a déclaré Vladimir Poutine.
 

Poutine et la Russie font pression avec South Stream

 
Notez que cela ne met nullement en cause les actuelles exportations d’énergie russe vers l’Union européennes : dans le jeu des sanctions et des menaces, tout est affaire de dosage.
 
En attendant, le géant gazier russe Gazprom pourrait bien continuer ses travaux dans la Mer Noire pour construire à la place de South Stream un nouveau gazoduc vers la Turquie.