A Bruxelles, la Russie, l’Ukraine et l’Europe ne parviennent pas à un accord sur la délicate question du prix du gaz

Russie Ukraine Europe prix du gaz
 
« Je peux dire que l’Ukraine aura du gaz, aura du chauffage. » L’assurance donnée samedi dernier par le président ukrainien Porochenko n’aura pas pesé lourd mardi, à Bruxelles, à la table des négociations. La Russie, l’Ukraine et l’Europe n’ont en effet pas réussi à se mettre d’accord sur la délicate question du prix du gaz, après des semaines de tension chronique. Ou plutôt sur certaines garanties, et notamment sur le paiement de sommes impayées réclamées par Moscou.
 
La Commission européenne n’en veut pas moins croire, avec cet optimisme qui est en quelque sorte la clef de la politique bruxelloise, à la possibilité d’une solution. « Aujourd’hui, nous sommes parvenus à une position de principe dont toutes les parties vont discuter avec leurs gouvernements, avec les directeurs des compagnies impliquées », a déclaré son responsable à l’Énergie, Günther Oettinger. On verra bien ! Les négociateurs se retrouveront en effet autour de la table dans une semaine, le mercredi 29 octobre.
 
Pour l’heure, ils se sont à peu près mis d’accord sur le fait que l’Ukraine paierait dorénavant le gaz acheté au consortium russe Gazprom 385 dollars (soit 303 euros) le millier de mètres cubes jusqu’en mars 2015. A la condition expresse de régler par avance les livraisons…
 

Prix du gaz et arriérés, sources de contentieux entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe

 
Mais les Russes cherchent à obtenir davantage. Leur ministre de l’Energie, Alexander Novak, a déclaré au cours des discussions que Moscou voulait obtenir des garanties sur la façon dont l’Ukraine trouverait l’argent pour régler sa note énergétique.
 
Selon Günther Oettinger, Kiev a d’ores et déjà accepté de rembourser à Moscou la somme de 3,1 milliards de dollars sur ses arriérés. En deux fois. Mais prochainement, afin d’obtenir la réouverture des robinets cet hiver. Et Kiev a, à cet effet, demandé à l’Union européenne une somme de deux milliards d’euros (de plus…) sous forme de crédits pour y parvenir.
 
Cela n’a pourtant pas paru suffisant à la délégation russe. « Il revient maintenant à la Commission et aux États-membres de partager une partie de la charge », a en effet déclaré Alexander Novak.
 
Moscou et Kiev divergent en effet sur la somme restant due. Pour les Russes, elle serait de cinq milliards.
 
Quoi qu’il en soit, le président ukrainien s’est peut-être avancé un peu vite. Il est vrai que la perspective des élections législatives, en fin de semaine, a dû lui donner des ailes. Et, surtout, l’hiver sera bientôt là…