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Russie-USA : le rôle de Kissinger dans la « normalisation » des relations entre Moscou et Washington

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Alors que Donald Trump ne cache pas sa volonté de détendre les relations entre les USA et la Russie, la spéculation augmente sur le possible rôle de Henry Kissinger au centre de ces manœuvres diplomatiques annoncées. C’est le quotidien allemand Bild, cité par la source quasi officielle russe Sputnik, qui a signalé l’implication de l’ancien secrétaire d’Etat américain, à partir d’analyses sur des informations obtenues par les services de renseignement européens auprès de l’équipe de transition du président élu. C’est en tout cas ce qu’affirme Bild en soulignant que selon cette source, Washington sera à la recherche d’une « coopération constructive » avec Moscou.
 
Reinformation.tv a plusieurs fois évoqué les rencontres entre Donald Trump et Henry Kissinger ces derniers mois : le mondialiste grand teint est même donné par la source russe comme principale conseiller informel de politique étrangère du nouveau président américain.
 

Kissinger a déjà œuvré à la normalisation des relations USA-URSS

 
Les Russes veulent sans doute d’autant plus le croire que Kissinger a une longue histoire de rapprochement avec ce qu’on appelait encore le bloc communiste du temps où il était aux affaires. Dirigeant la diplomatie américaine sous Richard Nixon et sous Gerald Ford, de 1973 à 1977, il a obtenu le prix Nobel de la paix en 1973 pour avoir organisé le cessez-le-feu et le retrait des troupes américaines du Vietnam. C’est lui également qui a pris l’initiative de la « détente » à l’égard de l’Union soviétique et il a joué un rôle de premier plan pour améliorer les relations des Etats-Unis avec la Chine.
 
Du coup, sa volonté d’intervenir pour opérer un rapprochement entre les Etats-Unis et la Russie ex-communiste mais nostalgique de l’URSS, et toujours proche des nations ouvertement communistes comme la Chine ou Cuba et du bloc socialiste international, est tout à fait plausible.
 
Sputnik commente : « La participation de Kissinger dans l’élaboration d’une nouvelle conception des liens entre les États-Unis et la Russie est très possible. C’est une excellente nouvelle pour Moscou : elle signifie que Washington veut établir le dialogue, selon Vladimir Batyuk, expert de haut niveau à l’Institut pour les études américaines et canadiennes à l’Académie russe des sciences. »
 

La Russie apprécie Henry Kissinger, le mondialiste de l’ombre de Trump

 
Celui-ci souligne que cette implication de Kissinger n’aurait rien d’étonnant « parce qu’il a déjà joué le rôle de médiateur officiel entre Moscou et Washington ». « Il est très respecté aux Etats-Unis et en Russie. Et il mérite sa réputation », a déclaré l’universitaire dans un entretien avec l’agence officielle russe RIA Novosti, soulignant que Kissinger s’est rendu en Russie à de nombreuses occasions et qu’il a porté « des messages confidentiels du gouvernement américain au Kremlin ». Et de saluer sa « vision politique réaliste ».
 
Ce qui renvoie évidemment à la « realpolitik » dont les partisans du mondialisme saluaient jadis les qualités parce que, tournant le dos aux principes, elle permettait de mettre en place une politique de coopération avec les pays communistes.
 
Vladimir Batyuk estime que la rupture actuelle entre Washington et Moscou se fonde sur « les idéaux et les valeurs américaines, plutôt que sur les intérêts américains ».
 

Entre Moscou et Washington, l’annonce d’une « normalisation » pilotée par un mondialiste

 
Dans un entretien avec Sputnik, l’ex-major de l’armée américaine et historien Todd Pierce – par ailleurs contributeur régulier au site pro-mondialiste The Globalist – affirme quant à lui que Kissinger cherchera à réduire les tensions avec la Russie : « Comparez Kissinger en tant que conseiller informel, et sa “coopération constructive”, avec le conseiller informel de Hillary Clinton, Robert Kagan, aux penchants néofascistes et dont la femme [actuellement secrétaire d’Etat assistant], Victoria Nuland, a tout fait pour provoquer la guerre avec la Russie à propos de l’Ukraine. »
 
Ce que l’on sait, en tout cas, s’il faut en croire Sputnik, c’est que Kissinger et Vladimir Poutine se connaissent depuis longtemps et s’apprécient, et qu’ils évoquent fréquemment ensemble la situation du monde et les relations entre la Russie et les Etats-Unis.
 
On affirme volontiers dans les milieux conservateurs européens que le conservateur Trump va rompre avec le gauchisme d’Obama et avec le globalisme pour se rapprocher du conservateur sociétal Poutine, en rétablissant une approche souveraine fondée sur l’intérêt national. Qu’il puisse s’appuyer pour cela sur un ami du communisme et un champion du globalisme de la trempe de Henry Kissinger est paradoxal. Le fait oblige pour le moins à repenser toutes ces catégories.
 

Anne Dolhein