
Dans un entretien accordĂ© au site d’information en ligne Axios, le fondateur de Napster et collaborateur de la première heure de Facebook, Sean Parker, a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il est dĂ©sormais une sorte d’« objecteur de conscience » Ă l’Ă©gard des rĂ©seaux sociaux. Leur objectif est de hameçonner les cerveaux, et mĂŞme Ă©ventuellement de leur faire du tort, a-t-il avouĂ© avec candeur au journaliste Mike Allen. Facebook en particulier « exploite » la psychologie de l’homme par le biais d’une vraie manipulation qui joue sur la recherche de rĂ©compenses psychologiques, a expliquĂ© Parker qui a remarquĂ© en plaisantant que Mark Zuckerberg allait certainement faire bloquer son compte.
Sean Parker, 38 ans, est aujourd’hui prĂ©sident du Parker Institute for Cancer Immunotherapy, et certes pas un enfant de chĹ“ur : il avait quittĂ© la direction de Facebook dès 2005, pris en possession de cocaĂŻne, et il milite pour la libĂ©ralisation du cannabis. Pour autant, les rĂ©vĂ©lations du milliardaire sur les premier temps de Facebook mĂ©ritent qu’on s’y arrĂŞte, tant elles rendent tangible la volontĂ© de puissance des opĂ©rateurs de ce type de site.
Sean Parker révèle les vrais ressorts des réseaux sociaux
Dès le départ, a avoué Parker, le but était de toucher tout le monde. « Au début de Facebook, il y avait des gens qui venaient me voir et qui me disaient : “Je ne suis pas sur les réseaux sociaux.” Et je répondais : “OK. Vous savez, vous y serez.” Et eux de répondre : “Non, non, non. Les interactions de la vraie vie ont de la valeur pour moi. J’attache de la valeur au moment, à la présence, à l’intimité.” Et je répondais : “C’est bon, vous êtes objecteur de conscience, vous n’êtes pas obligé de participer. Mais on vous aura, il suffit d’attendre.” »
Sean Parker ne s’est pas arrêté là . « Je ne sais pas si je comprenais véritablement les implications de ce que je disais… en raison des conséquences non voulues d’un réseau qui atteint un milliard voire deux milliards de personne, qui change littéralement votre relation avec la société, vos relations avec autrui… Cela a sans doute des répercussions sur la productivité de manière bizarre. Seul Dieu sait ce que cela fait au cerveau de nos enfants », a-t-il expliqué à Axios, notant que l’anxiété est en hausse constante chez les jeunes.
Facebook fait de la manipulation psychologique en offrant des pics de dopamine
Se faisant l’écho involontaire de Patrick Le Lay et de son « temps de cerveau humain disponible », Sean Parker Ă expliquer : « Il faut se demander si le processus intellectuel utilisĂ© pour la construction de ces applications, dont Facebook Ă©tait le premier, ne se rĂ©sume pas ainsi : “Comment allons nous consommer le plus possible de votre temps et de votre attention consciente ? Cela signifie qu’il va falloir vous donner un petit pic de dopamine de temps en temps, parce que quelqu’un aura aimĂ© ou commenter une photo ou un post ou quoi que ce soit. C’est ce qui va vous inciter Ă mettre davantage de contenus en ligne, et c’est ce qui va vous obtenir… davantage de likes et de commentaires. C’est une boucle de rĂ©troaction par validation sociale – exactement le genre de chose qu’un hacker comme moi pouvait inventer, parce qu’il s’agit d’exploiter une vulnĂ©rabilitĂ© de la psychologie humaine. »
« Les inventeurs, les créateurs, moi, Mark, Kevin Systrom chez Instagram, tous ces gens l’ont compris, consciemment, et nous l’avons fait quand même », a-t-il lancé.
Plaisantait-il en ajoutant, par ailleurs, Ă propos des nouvelles sciences de la vie qui vont « permettre de vivre des vies bien plus longues et plus productives » ? « Parce que je suis milliardaire, je vais avoir accès Ă de meilleurs soins… Je vais atteindre quelque chose comme 160 ans et je vais faire partie de cette classe, genre, de hiĂ©rarques immortels. Vous connaissez l’expression [de Warren Buffett] sur les intĂ©rĂŞts cumulĂ©s… Donnez Ă nous autres milliardaires une centaine d’annĂ©es de plus et vous verrez Ă quoi ressemble la disparitĂ© des richesses. » Ses propos ont Ă©tĂ© accueillis par de bons rires. Mais ce n’est peut-ĂŞtre pas si drĂ´le.



























































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