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Dans la nouvelle série américaine “Lucifer” sur Fox, Satan a le beau rôle

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Lucifer auréolé.


 
Le 25 janvier prochain la chaîne télévisée américaine Fox – réputée conservatrice – diffusera le premier épisode de sa nouvelle série intitulée Lucifer. Elle relate l’histoire de l’ange déchu s’ennuyant sur le trône de l’enfer au point de le quitter pour s’installer à Los Angeles où il gère une boîte de nuit huppée, baptisée Lux. Lucifer Morningstar, joué par Tom Ellis, y est dépeint comme un « homme » charmant, charismatique et diablement beau qui s’adonne à ses plaisirs favoris —le vin, les femmes et la chanson— jusqu’au jour où une femme est retrouvée assassinée devant sa boîte. C’est alors que Lucifer finit par aider la police à élucider des crimes et à travailler au côté de la justice.
 
La diffusion de cette série a bien entendu attiré la contestation, notamment de la part de l’organisation « One Million Moms » (OMM) qui a lancé une pétition demandant que cette série qui glorifie « Satan incarné en bienfaiteur attentionné » ne soit pas diffusée. Ethan A. Huff de Natural News – un site de médecine « altenative » – ne mâche pas ses mots non plus quant aux implications de la diffusion de cette série auprès de millions de spectateurs : le personnage de Lucifer, pétri de conviction morales et éthiques, vise manifestement à « prendre la place du vrai Dieu » sous des allures de divinité bienveillante, ainsi que la Bible en a averti l’humanité.
 

La chaîne Fox donne le beau rôle à Satan

 
Nombreux sont ceux de nos jours qui tournent en dérision l’idée selon laquelle Satan serait un être véritable. Ce qui révèle à quel point la frontière qui sépare le bien du mal est devenue floue. La morale relativiste est bel et bien à l’œuvre chez les gens de la Fox. Il n’y a plus ni bien, ni mal, mais uniquement ce qui est bon pour les uns ou les autres. Le message d’Obi-Wan Kenobi dans Le Retour du Jedi, « Luke, tu découvriras que nombre des vérités auxquelles nous nous accrochons dépendent grandement de notre point de vue » n’en diffère pas et colle parfaitement au relativisme de notre époque. Le philosophe britannique Edmund Burke mettait déjà en garde contre le triomphe du mal si les hommes de bien ne réagissent pas.
 
Or tout se vaut de nos jours dans notre monde achromique où le blanc et le noir se fondent en gris. L’organisation OMM dénonce également la série Angel from Hell de la chaîne CBS. La série « tous publics » met en scène un ange gardien – « pas si gentil » – dans un contexte blasphématoire tant dans les dialogues que dans les situations dépeintes.
 

Lucifer en héros et ami de la justice

 
Les exemples d’inversion de valeurs ne manquent pas dans la production cinématographique, notamment avec la nouvelle version du film Les nerfs à vif, initialement réalisé par John Lee Thompson en 1962, revu et corrigé par Martin Scorcese en 1991. Le scénario original mettait en scène un avocat devenu la cible d’un criminel violent qu’il avait autrefois fait condamner. Le héros (Grégory Peck) incarnait un homme droit aux prises avec un mécréant aussi méchant que répugnant joué à merveille par Robert Mitchum.
 
Dans le remake de Scorcese, l’avocat cette fois incarné par Nick Nolte est une ordure qui trompe sa femme et dont la vie familiale est décousue et repoussante. En un mot, c’est un homme faible. Au contraire, le criminel (Robert De Niro) est hors du commun : intelligent, il fait preuve d’une force de caractère surnaturelle. Cette nouvelle version ne dépeint plus de héros : elle met en présence un homme faible et pathétique et un super-méchant aussi puissant que sympathique. Alors, dans un monde relativiste où le bien et le mal ne relève que d’une construction sociale, d’un « point de vue » comme le dit Obi-Wan Kenobi, à qui les jeunes vont-ils bien pouvoir s’identifier ?
 

“Lucifer”, une série américaine où le mal est présenté comme le bien

 
Le renversement des valeurs est complet de nos jours. Les héros vertueux d’autrefois auxquels les enfants s’identifiaient sont remplacés par des méchants fascinant autant par leur force que par leur incarnation du mal. En s’attachant au mal, les jeunes ne peuvent qu’être entachés à leur insu par le « côté obscur de la force », au détriment du développement de leur rectitude morale.
 
Bref, il faut se méfier de ceux qui séduisent par la beauté, la puissance, l’argent, l’éloquence et le sexe. Tous les atouts qui font le succès des films de Hollywood.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle