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Sermon de l’abbé Beauvais sur les ouvriers de la dernière heure


 
En ce dimanche de la septuagénaire qui voit poindre au loin le Carême, l’Eglise nous livre une parabole : celle des ouvriers de la vigne, pas toujours facile à comprendre et qui provoque parfois même une certaine résistance parmi les auditeurs, si elle est mal comprise.
 
Dieu est semblable à un patron qui semble se conduire d’une manière insolite. Et cette manière n’est pas injuste, ce qui est une évidence mais elle semble à première vue un peu surprenante. Certains même ont vu dans la dernière phrase : « Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers » comme une espèce de programme anarchique et une menace destructrice du pauvre et imparfait ordre humain.
 
Ainsi par exemple des Albigeois aux socialistes et dans tous les mouvements inspirés par un ressentiment social a-t-on pensé ainsi. Or il n’en est rien.
 
Voilà donc un patron qui embauchent des journaliers pour sa vigne. Il ne manque pas de travail mais il manque de bras. Il engage donc plusieurs équipes durant le jour de bon matin vers 9h, à 12h, à 15h et enfin vers la onzième heure.
 
Avec les premiers qu’ils trouvent au lever du jour il convient d’un denier la journée. Aux autres il dit simplement : « Je vous donnerai ce qui est juste ».
 
Au coucher du soleil il donne donc l’ordre au contremaître de payer de cette manière : premièrement à ceux qui se sont présentés les derniers et un denier à tout le monde.
 
Ceux qui s’étaient présentés au petit matin furent grandement stupéfaits et commencèrent à ronchonner ( il n’y avait pas de gilet jaune à l’époque ) mais ils commencèrent quand même à ronchonner quand ils se virent recevoir à égalité de ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure, eux qui avaient trimé près de douze heures durant.
 
Et s’adressant à l’un d’eux le patron le repris vertement, parabole difficile à comprendre…