Irene Khan, rapporteuse de l’ONU, veut restreindre l’expression d’opinions traditionnelles sur la sexualité et l’avortement

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Une proposition récente d’Irene Khan, « rapporteuse » spéciale des Nations unies sur la liberté d’expression (la féminisation de la fonction a ici un vrai sens !), inquiète précisément les défenseurs du droit à la liberté d’expression qu’elle est censée défendre. Dans son rapport récemment publié par le comité des droits humains de l’ONU, Mme Khan recommande aux gouvernements et aux entreprises gérant les réseaux sociaux de mettre en œuvre des restrictions sur les opinions qui expriment des points de vue traditionnels sur le mariage, la sexualité, l’idéologie du genre et l’avortement.

Irene Khan affirme ainsi s’opposer à une prétendue « désinformation sexiste » qu’elle qualifie de forme de « violence fondée sur le genre ». Son rapport la dénonce en donnant des exemples de différents pays et situations où l’information a été utilisée d’une manière qui porterait atteinte aux « droits sexuels et génésiques » et aux diverses identités de genre.

Il dénonce ainsi le fait qu’« en Irlande, au moment du référendum sur l’avortement, de fausses informations ont été diffusées associant l’avortement à la dépression, au cancer et au syndrome de Down ». Le rapport cite également le cas de l’Italie, où, selon lui, « un groupe pro-vie a faussement affirmé que l’avortement était la principale cause de féminicide dans le monde ».

 

Le rapport liberticide d’Irene Khan

Mme Khan accuse la « désinformation genrée » de viser « les femmes et les personnes de genre non conforme aux catégories établies, parce que les attaques qu’elle génère et les conséquences qui en découlent sont liées au genre, et enfin – élément crucial – parce qu’elle renforce les préjugés, les biais et les barrières structurelles et systématiques qui font obstacle à l’égalité des genres et à la justice de genre ».

« Les normes patriarcales et misogynes qui ont cours dans le monde physique sont reprises et amplifiées sur les plateformes. La désinformation genrée est une manifestation de cet environnement nocif et toxique », ajoute Irene Khan, qui instrumentalise la notion de « désinformation » pour contester le droit à la libre expression de points de vue traditionnels. Ceux-ci sortent du champ de la liberté parce qu’elles sont jugées mensongères : pas de liberté pour les ennemis de la liberté, c’est vieux comme la Révolution !

Très significatif de cet état d’esprit est le §89 :

« Certains Etats s’élèvent contre l’information sur les droits et la santé en matière de sexualité et de procréation et en restreignent l’accès au motif qu’elle perpétue “l’idéologie du genre” et menace la culture, la religion, les valeurs traditionnelles et les droits parentaux. Une telle déformation de la réalité est contraire à l’obligation qu’ont les Etats de donner effet au droit à l’information et contribue à créer un environnement toxique dans lequel des informations fabriquées de toutes pièces gagnent du terrain en jouant sur des stéréotypes de genre préexistants. En Pologne, l’accès des femmes à un avortement sécurisé subit de fortes restrictions, qui s’accompagnent d’un discours provocateur, de campagnes de désinformation et de mésinformation soutenues ou tolérées par des agents publics et des acteurs politiques et religieux. »

Au passage, elle félicite l’Union européenne pour les mesures qu’elle prend dans ce domaine.

 

Le comité des droits de l’homme de l’ONU favorise les femmes et les LGBT

Dans ses conclusions finales, la rapporteuse des Nations unies sur la liberté d’expression propose que les Etats agissent de manière coercitive, ce qui constituerait en fait une attaque contre la liberté d’expression, en « redoublant d’efforts et en prenant toutes les mesures appropriées, y compris par le biais de la législation, des politiques et des programmes sociaux, pour éliminer les stéréotypes sexistes, les normes sociales négatives et les lois, les politiques, les pratiques et les attitudes discriminatoires ».

Elle recommande également de manière solennelle : « Les Etats devraient respecter la protection dont jouissent l’expression et l’information sexuelles, culturelles et fondées sur le genre en vertu du droit international et ne devraient pas chercher à restreindre l’expression des femmes sous prétexte de protection de la moralité publique. »

S’il est acceptable de dire que « liberté d’expression » n’est pas un absolu, en ce qu’elle a moins de « droits » que la vérité, on constate qu’elle est désormais considérée par l’ONU comme subordonnée au rejet de la loi naturelle.

 

Anne Dolhein