Dépenses publiques : la soviétisation des achats publics coûte cher !

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Les centrales d’achats publics, dont l’UGAP, l’Union des groupements d’achats publics, est la plus importante, ont été créées pour permettre aux administrations et aux collectivités d’acheter moins cher – et c’est l’inverse qui se passe. Ce système d’inspiration collectiviste fait monter les prix, et augmente les dépenses publiques, ruinant indirectement le contribuable. Une mini soviétisation dont les effets sont immédiats.

 

Alerte prix quand les dépenses publiques débordent

En novembre 2025, Ouest-France révélait qu’une cafetière vendue 60 euros dans le commerce était proposée à 160 euros dans le catalogue de l’UGAP. Stéphanie Von Euw, maire de Pontoise qui avait levé le lièvre, donnait d’autres exemples au Figaro : un fauteuil de bureau proposé à la ville à 262 euros TTC mais vendu au grand public en moyenne à 90,63 euros TTC, ou des calicots facturés 399,36 euros et trouvés à 192,10 euros dans une enseigne spécialisée. Le gouvernement réagissait aussitôt. Dès décembre 2025, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, David Amiel, annonçait une « alerte prix » : en gros, si un client trouvait moins cher, l’UGAP était tenue de corriger son prix. Ce dispositif est inscrit dans le nouveau contrat d’objectifs et de performance (COP) signé le 2 juin 2026.

 

Achats publics plus ou moins chers : comment noyer le poisson

Son PDG, Edward Jossa, promettait en décembre 2025 d’économiser 850 milliards d’euros grâce à ce système, soit 0,37 % des 230 milliards d’euros de commandes publiques annuelles. Aujourd’hui, il tient un autre discours, estime que les auteurs de l’enquête de Ouest-France ont comparé des choses incomparables, et affirme qu’en moyenne sa centrale d’achats est 29 % moins chère que le privé sur les fournitures de bureau et de 10 % sur les équipements de protection individuelle. Il a ainsi noyé le poisson. Le public est assuré que les mauvaises pratiques antérieures vont perdurer et probablement s’étendre.

 

La soviétisation arc-en-ciel ruine les cantines

Notamment dans la commande publique d’alimentation pour les cantines. Un acheteur cité par Acteurs Publics résume le problème : « La difficulté, dans les marchés publics, est que le lundi, on nous demande d’acheter du local, le mardi du social, le mercredi de l’environnement, le jeudi de la PME et le vendredi de la souveraineté. » Par exemple, la loi EGalim du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, impose 20 % de bio en restauration collective. Or le bio est entre 30 % et 45 % plus cher : aussi les coûts des cantines scolaires s’envolent-ils, en particulier dans les municipalités écolos qui exigent du tout bio. La grosse machine soviétique arc-en-ciel produit partout des surcoûts.

 

Pauline Mille