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Le secrétaire au Trésor de Donald Trump est un ancien banquier de Goldman Sachs, Steven Mnuchin

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Voilà qui pose une vraie question : Donald Trump a nommé à l’un des postes clés du gouvernement des États-Unis qu’il formera dès son entrée en fonction en janvier prochain, un homme de l’Establishment, Steven Mnuchin, comme nous le pressentions dès hier sur reinformation.tv. L’homme est un ancien de la banque Goldman Sachs, fait suffisant pour mettre tous les clignotants au rouge chez les Américains hostiles à la mondialisation et soucieux de la souveraineté de leur pays. Il aura en mains le coffre-fort des Etats-Unis. Et il prendra la suite d’autres « anciens » de Goldman Sachs qui ont tenu des rôles similaires, ou qui les tiennent encore, aux Etats-Unis et ailleurs.
 
Cela ne devrait pas étonner ceux qui ont suivi avec attention la campagne de Donald Trump en tenant compte de la réalité du profil de cet homme capable de multiples revirements tout au long de son histoire personnelle. Le fait est cependant d’une haute importance, compte tenu de son contexte. D’ailleurs, côté Démocrate, on ne se prive pas d’interpeller le président élu sur le ton de l’ironie : « On n’est pas près d’assécher le marécage… La nomination de Steven Mnuchin comme secrétaire au Trésor est une vraie claque pour les électeurs qui espéraient voir Trump bousculer Washington », a déclaré un porte-parole du comité national démocrate.
 

Le « gouvernement Sachs » compte un petit nouveau : Steven Mnuchin

 
Goldman Sachs est un nom qui fait peur. Mnuchin, en prenant la fonction de ministre du Trésor, serait le troisième à cette place à être issu de Goldman Sachs depuis 1995 : on se souviendra d’Henry Paulson sous la présidence de George W. Bush et de Robert Rubin sous Bill Clinton. Ailleurs, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, Mark Carney, successivement gouverneur de la Banque centrale du Canada, puis de la banque d’Angleterre, Malcolm Turnbull, actuel premier ministre d’Australie, Robert Zoelliick à la tête de la Banque Mondiale de 2007 à 2012 y sont tous passés. L’ancien président du conseil italien, Romano Prodi, et son homologue Mario Monti ont tous les deux été conseillers chez Goldman Sachs. S’y ajoutent Lucas Papademos, Premier ministre de la Grèce de 2011 à 2012 après avoir présidé la Banque centrale du pays, tandis que l’homme chargé de la gestion de la dette grecque en 2011, Petris Christodolou, avait lui aussi travaillé précédemment pour la banque américaine. On ne parle même pas des « Goldman Sachs » ayant occupé des postes de pouvoir moins visibles.
 
Quant à l’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il avait sa place toute chaude chez Goldman Sachs en quittant Bruxelles : l’indignation a été telle que l’université de Genève vient de mettre fin à son contrat d’enseignant, mais en attendant, les passerelles sont trop nombreuses entre les postes de pouvoir et la banque américaine pour ne pas voir dans ces critiques des larmes de crocodile.
 

Le secrétaire au Trésor de Donald Trump, un homme du système

 
Lors de la crise des subprimes en 2008, Goldman Sachs avait bénéficié d’un sauvetage coûteux de la part des contribuables américains. La banque a été l’un des principaux soutiens financiers Obama cette année-là… Et on sait aussi que Lloyd Blankfein, PDG, était un habitué de la Maison Blanche où se sont déroulées des conversations privées avec le président des États-Unis dont la teneur demeure secrète à ce jour, rappelle thenewamerican.com.
 
Mnuchin lui-même a tout d’un homme du système. Il est passé par Yale avant de mettre le pied à l’étrier chez Goldman Sachs, peut-être un peu aidé par son père Robert qui a été partenaire à part entière de la banque pendant trois décennies, et qui y est devenu riche. Certes, Steve Mnuchin n’aura été que trader à la banque, et ce pendant 17 ans – le temps tout de même d’amasser quelque 40 millions de dollars de fortune personnelle, aux dires des analystes.
 
A la veille de son 40e anniversaire, en 2002, Mnuchin a retrouvé son cothurne de Yale qui dirigeait un hedge fund, un fonds spéculatif réservé aux riches investisseurs prêts à prendre des risques pour gagner beaucoup : il a quitté Goldman Sachs pour entre dans une association qui devait durer plusieurs années. Mais assez rapidement, Mnuchin allait rejoindre un hedge fund encore plus lucratif dirigé par George Soros en personne : le Soros Management Fund.
 

Steven Mnuchin : de Goldman Sachs à “Avatar” en passant par George Soros

 
D’après The New American, Mnuchin s’est alors beaucoup rapproché de Soros avec qui il a acheté en 2009 un prêteur dans le domaine immobilier, IndyMac, qui avait fait faillite et dont le passif était largement couvert par le contribuable américain. En 2015, Mnuchin a vendu sa participation dans IndyMac à CIT Group, pour une jolie somme qui allait en faire « un homme très riche ». VanityFair parle d’une transaction de 200 millions de dollars.
 
Depuis lors, Steven Mnuchin est devenu producteur de films à Hollywood : il a financé des films comme American Sniper, Suicide Quad et surtout Avatar, un navet écolo-antiraciste.
 
Voilà qui ne cadre pas du tout avec bien des prises de position électorales de Donald Trump, mais d’un autre côté, Mnuchin a joué un rôle de premier plan dans la récolte de fonds pour la campagne du président élu, et il semble qu’il l’ait fait à condition d’obtenir le poste de secrétaire au Trésor en cas de victoire du candidat « atypique ». En levant près de 170 millions de dollars pour Trump, Mnuchin s’est assuré sa nomination qui reste à confirmer par le Sénat. Par ailleurs, Mnuchin a financé – plus modestement – aussi bien des Démocrates que des Républicains, affirmant l’avoir fait pour faire plaisir à des copains.
 

Donald Trump avait besoin du « leveur de fonds » Mnuchin

 
Une fois confirmé au poste de secrétaire au Trésor, il aura notamment pour rôle de gérer la faramineuse dette américaine, et peut-être même de l’aggraver en vendant des obligations américaines à travers le monde.
 
Sur le plan politique, outre qu’il a largement contribué à rendre l’élection de Trump possible, il le soutient en prônant la baisse des taxes sur les sociétés qui améliorera la croissance et les revenus personnels, a-t-il promis.
 
Steve Bannon de Breitbart – aujourd’hui conseiller stratégique en chef de Trump – avait posé directement à celui-ci la question, en mai dernier, de savoir s’il se vendait à Wall Street en embauchant Mnuchin pour sa campagne.
 
Réponse de Donald Trump : « Eh bien, j’avais besoin de quelqu’un de très intelligent, et il est très intelligent, comme vous le savez. Il a réussi des opérations incroyables. J’ai même fait une opération avec lui à Hawaï, j’ai construit un hôtel avec lui à Hawaï. Il est génial. C’est un bon point ; il est solide, comme vous le savez. Et vous savez, la famille est une famille merveilleuse. »
 
Un peu court…
 

Anne Dolhein