fbpx

Un sursis pour Alfie Evans dont l’exécution devait avoir lieu lundi – et il est désormais citoyen de l’Italie

sursis Alfie Evans execution citoyen Italie
 

Mise à jour du 24 avril à 02h19

Tom, le père d’Alfie, a annoncé que l’assistance respiratoire de son fils lui a été enlevée à 21h17. “Il perd ses couleurs et ses doigts deviennent progressivement bleus”. Les partisans d’Alfie ont essayé de rentrer dans l’hôpital mais les forces de police (on n’ose dire de l’ordre) les en ont empêchés. L’impuissance de la police et de la justice, un mythe dirigé exclusivement contre les forces saines de la société.

La rédaction, RITV

 
 
Le petit Alfie Evans, 23 mois, devait être précipité vers la mort ce lundi 23 avril, fête de la saint Georges qui est le saint patron de l’Angleterre. Mais il a gagné un sursis. Son exécution a été retardée. Son père Tom vient de déclarer dans une vidéo en direct sur Facebook, puis devant la foule de manifestants massée devant son hôpital, qu’Alfie vient de se voir attribuer la nationalité italienne ; l’ambassadeur d’Italie au Royaume-Uni veut entrer en discussions et au besoin aller devant les juridictions britanniques pour obtenir le transfert d’Alfie vers Rome, où la clinique vaticane du Bambino Gesu est prête à l’accueillir pour voir s’il est possible de diagnostiquer son mal, et de le soigner. Les parents d’Alfie, ils l’ont dit et répété, ne veulent pas d’acharnement thérapeutique pour leur fils. Ils veulent qu’il soit accompagné le mieux possible ; qu’il vive entouré d’amour, et qu’il meure, si cela est inévitable, paisiblement, au terme du temps qui lui sera donné et d’une mort naturelle. Dans sa dernière apparition publique en date, Tom Evans a indiqué que l’Italie poursuivra quiconque débranchera son fils. Et il a interpellé la reine Elizabeth : « Quand avez-vous légalisé l’euthanasie ? »
 
Un mot, avant toute chose, de Tom Evans. Comme sa compagne, il est d’une famille nombreuse et catholique. Une famille simple, de neuf enfants : le jeune homme a quitté l’école à 16 ans pour devenir plâtrier, et il a commencé tôt à fréquenter Kate James, dans un contexte où le mariage est devenu rare, perçu comme un luxe pour les nantis. Cela dit, il n’a pas oublié sa foi. Lorsqu’Alfie a commencé à présenter des signes de maladie grave, il l’a aussitôt fait baptiser. Et aujourd’hui, les mots qui reviennent le plus souvent dans les messages d’« Alfie’s Army » – l’armée d’Alfie – sont ceux relatifs à la prière. Des milliers et des milliers d’abonnés à la page Facebook officielle du petit « guerrier » qui s’accroche à la vie ne s’encombrent pas de fausse pudeur et se tournent d’abord et publiquement vers Dieu. Comme Tom, d’ailleurs.
 

Un sursis pour Alfie Evans, alors que l’Italie se mobilise

 
Est-ce un miracle s’il n’est pas mort lundi ? Des centaines de supporters d’Alfie ont inlassablement manifesté leur solidarité avec l’enfant et ses parents aux abords de l’hôpital Alder Hey. Il faut dire que le pape François a accepté de recevoir Tom Evans la semaine dernière et l’a encouragé, le félicitant de tout faire pour défendre la vie de son fils. Depuis lors, la presse italienne se passionne pour le petit garçon et ses parents courage : lundi matin, la directrice de l’hôpital pédiatrique Bambino Gesu, Mariella Enoc s’est même rendue à Alder Hey. Elle n’a pu y rencontrer que les parents d’Alfie ; pour le reste, a-t-elle raconté dans une interview par téléphone, elle a été parquée dans une salle d’attente et s’est heurtée à des portes closes. Si elle n’est pas allée jusqu’à dire qu’on est en train de vouloir accomplir une euthanasie d’Etat – mais on perçoit sa gêne devant cette question –, elle a pu tout de même constater, et elle l’a dit, que les parents d’Alfie ne bénéficient d’aucun accompagnement. Elle les a trouvé agités, dans la confusion, en colère alors qu’ils s’attendaient à voir leur enfant débranché très peu de temps après.
 
Tom Evans diffusait alors une vidéo où il montrait que les forces de l’ordre, y compris des policiers en uniforme mais aussi des représentants du personnel étaient omniprésents et pistaient ses moindres déplacements dans les couloirs de l’hôpital. Il a aussi raconté comment lui et sa femme ont dû dormir par terre pour passer ce qui s’annonçait comme leur dernière nuit auprès de leur fils, l’hôpital ayant refusé de leur procurer des lits.
 

C’est une exécution à part entière, proclame Tom Evans

 
L’enfant présente des troubles cérébraux qui ont commencé à se manifester quelque mois après sa naissance, époque à laquelle les médecins l’avaient qualifié de « paresseux » parce qu’il se développait moins vite que les enfants de son âge. Il est en réalité atteint d’une maladie cérébrale qui n’a jamais été diagnostiquée. Cela fait des mois qu’il est retenu en soins intensifs à l’hôpital pour enfants d’Alder Hey à Liverpool en Angleterre. Cela fait désormais environ neuf mois que le corps médical cherche à le faire mourir en faisant cesser sa ventilation artificielle. C’était sans compter avec l’incroyable esprit de résistance de ses jeunes parents : Tom Evans, 21 ans, et Kate James, 20 ans. Comme Viviane et Pierre Lambert, ils ont dû faire face à des obstacles aussi systématiques que barbares – jusqu’à la publication d’un électroencéphalogramme d’Alfie, couvert par le secret médical, par un ex-infirmier d’Alder Hey qui l’accompagna des mots : « Alfie mérite de mourir. »
 
Tom Evans et sa compagne ont tout essayé. De procédure en procédure devant la justice britannique, ils n’ont essuyé que des refus, le dernier recours devant la cour suprême ayant débouché sur un ordre judiciaire de retrait du ventilateur d’Alfie : les médecins avaient raison, les médecins savaient mieux, Tom et Kate avaient tort de vouloir faire souffrir leur enfant en refusant que sa vie cesse, un gardien avait même été nommé devant la justice pour représenter les intérêts d’Alfie face à ceux de ses parents. Un recours de dernière minute devant la Cour européenne des droits de l’homme lundi n’a pas eu davantage d’effets : les juges se sont contentés de le balayer comme irrecevable.
 
Ce qui a changé, au cours de cette journée terrible, du 23 avril, c’est l’annonce de la citoyenneté italienne d’Alfie et l’intervention officielle de l’Italie pour faire sortir l’enfant du pays en application des traités internationaux. Avec la promesse de poursuivre pour meurtre quiconque participera au débranchement de son ventilateur, des médecins soignants jusqu’au ministre de la santé, Jeremy Hunt…
 

Alfie Evans, citoyen de l’Italie, désormais suivi par le consulat

 
Le pire, c’est que l’hôpital ne veut laisser aucune chance à Alfie. Il est possible que celui-ci puisse respirer de manière autonome. Mais le protocole de sa mise à mort est clair : il doit recevoir une perfusion avec du midazolam, un puissant sédatif, et du fentanyl, un antidouleur de choc qui a notamment pour effet de déprimer la respiration. Avec cela, aucun espoir qu’Alfie s’en sorte.
 
En attendant, ce lundi, le garçonnet était particulièrement éveillé et réactif, comme l’a montré une vidéo prise et diffusée par Tom Evans. C’est cet enfant, qui ne souffre pas, qu’on veut éliminer. Cet enfant qui est pris en otage par le pouvoir médical, judiciaire et politique, symbole d’un monde où la culture de mort maçonnique se transforme lentement mais sûrement en dictature mondiale de la culture de mort…
 
Il ne faut pas s’y tromper en effet. L’histoire d’Alfie Evans (après celle, achevée dans l’ambiguïté, de Charlie Gard) rejoint celle de Vincent Lambert, et celle de Terri Schiavo aux Etats-Unis dont les parents ont été confrontés à un semblable scénario médico-légal cauchemardesque, et celle de Marcelo Diez en Argentine, que ses soignants ne voulaient pas voir poussé vers la mort…
 
Dans le cas d’Alfie, la mobilisation a d’abord été celle des petits et des sans grade, des sans dents méprisés par les élites et les loges, des gens des classes laborieuses qui ont une forte identité locale et qui entendent se serrer les coudes face aux menées des puissants. Tout un peuple qui s’est levé, comme Chesterton l’avait d’ailleurs rêvé :
 

But we are the people of England; and we have not spoken yet.
Smile at us, pay us, pass us. But do not quite forget.
 
(Mais nous sommes ceux d’Angleterre, ceux qui n’avons encore rien dit / Riez-vous de nous, payez-nous, ignorez-nous. Mais prenez garde de nous oublier.)

 
Cette poussée en direction d’une étatisation de l’euthanasie se perçoit aux quatre coins du monde. Derrière son ricanement, elle porte toujours la marque de la cruauté, du mensonge, du refus de la vie et du mépris de la famille. Est-il nécessaire de vous faire un dessin ?
 

Jeanne Smits

Un sursis pour Alfie Evans dont l’exécution devait avoir lieu lundi – désormais citoyen de l’Italie
Sursis pour Alfie Evans dont l’exécution devait avoir lieu lundi – désormais citoyen de l’Italie