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Une synagogue de Marseille appelée à devenir une mosquée

Synagogue Marseille mosquée

Zvi Ammar, président du Consistoire de Marseille, le 11 janvier 2016.


 
Une synagogue du centre de Marseille, Or Thora, qui se trouve être de moins en moins utilisée par la communauté juive dont la population a diminué dans ce quartier, va être vendue à une association cultuelle musulmane et devrait devenir une mosquée. Manifestement, le président du consistoire de Marseille, Zvi Ammar, ne veut y voir qu’une transaction toute naturelle, refusant de s’apercevoir que cette idée, ou peut-être cette annonce, provoque quelques remous.
 
« Il s’agit d’un lieu de culte privé, une synagogue construite lors de l’arrivée des juifs d’Algérie en 1962 », explique pour sa part Zvi Ammar. Sise rue Saint-Dominique, près de la gare Saint-Charles, à Marseille, cette synagogue, qui compte quelque 250 places, a d’ores et déjà fait l’objet d’un compromis de vente au profit de l’association Al Badr, qui gère une trop petite mosquée voisine.
 

Une synagogue de Marseille vendue aux musulmans

 
Le compromis de vente a été signé avec cette association musulmane pour un montant d’environ 400.000 euros. Si la mairie de Marseille ne s’y oppose pas, la transaction devrait donc suivre son cours…
 
Même satisfaction visible côté musulman. « Tout ça n’est qu’une simple question de bon sens », affirme Moussa Koité, responsable de la mosquée Bilal, située donc dans le même quartier. « Ce n’est qu’une transaction commerciale, la vie continue, ajoute-t-il. Une mosquée, c’est un bâtiment. Une synagogue, c’est un bâtiment. Un simple transfert de compétences, il ne faut pas en faire un problème de sacrilège. »
 
S’il n’y a pas de problème, pourquoi donc cette affaire fait-elle tant de bruit, comme lorsque, en juin 2015, Dalil Boubakeur, alors président du Conseil français du culte musulman, avait envisagé d’installer des mosquées dans des églises vides ?
 

Une nouvelle mosquée

 
Certes, pour les musulmans, qui sont quelque 250.000 à Marseille, dont 10 % à 25 %, estime-t-on, sont des pratiquants réguliers, la situation n’a rien que de très logique. Personne ne s’est pourtant risqué à leur demander quelle aurait été leur réaction si la situation avait été inversée ?
 
Pour les juifs, qui ne sont eux que 70.000 dans la cité phocéenne, la situation est plus complexe, même si le président du consistoire local balaie les objections d’un revers de main. « Aujourd’hui, nous constatons depuis une vingtaine d’années un transfert de la population juive vers d’autres quartiers », affirme Zvi Ammar, qui ajoute : « Nous avons tous le même dieu, l’essentiel est que tout ça se passe en bonne harmonie. Il faut que ces mots-là prennent toute leur signification. »
 
« Evidemment, continue-t-il, pour ceux qui ont connu cette synagogue (…), il peut y avoir un peu de nostalgie », mais « il faut aller de l’avant ». Il souligne d’ailleurs le « dynamisme » de la communauté juive avec un nombre de synagogues qui « a presque doublé en une trentaine d’années », passant de 32 à 58 à Marseille.
 
Evidemment, si le président du consistoire estime avoir le même dieu que les musulmans, il n’y a plus aucun problème, et l’on se demande pourquoi il ne se convertit pas. Il est cependant douteux que son homologue musulman soit d’accord pour confirmer cette déclaration.
 
Sur ce point, on peut effectivement dire que nous avons tous le même Dieu, puisqu’il n’y a qu’un Dieu. Mais il convient d’observer que nous ne l’honorons pas tous de la même façon, et que, par ailleurs, certains, sous le nom de Dieu, honorent un être qui ne l’est pas.
 

Questions sur le « dynamisme » de la communauté juive

 
Pour le reste, avouons qu’il est curieux d’évoquer le dynamisme de la communauté juive alors que l’on abandonne une synagogue et son quartier. Si l’on en croit, au contraire, les chiffres officiels, les juifs français sont de plus en plus nombreux, depuis deux ans notamment, à émigrer vers Israël.
 
Une tendance confirmée par Daniel Benhaïm, directeur de l’Agence Juive, qui déclare : « De 2000 à 2012, il y avait 1.600 départs de Français par an, mais en 2015, ce chiffre est passé à 7.900. » Une amplification qu’il explique notamment par l’attaque de l’Hyper Cacher, perpétrée par Amedy Coulibaly.
 
On est loin des propos lénifiants du président du consistoire de Marseille…
 

François le Luc