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L’“Instrumentum laboris” du synode des jeunes évoque les « LGBT » – le cardinal Chaput et Peter Kwasniewski s’indignent  

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C’est dès le démarrage, dès la première session du synode sur les jeunes où est intervenu l’archevêque de Philadelphie, Mgr Charles Chaput, que ce prélat a contesté l’utilisation de l’acronyme LGBT dans l’Instrumentum laboris qui sert de trame aux travaux des pères synodaux et des autres participants réunis à Rome jusqu’au 28 octobre. Ce terme de combat qui vise à contester toute la moralité traditionnelle, qu’elle soit catholique ou simplement naturelle est en soi une arme dont l’utilisation aboutit à l’acceptation de l’idéologie qui la sous-tend, proteste de son côté le Pr Peter Kwasniewski, dans une argumentation qui mérite d’être entendue.
 
Mgr Chaput ne va pas aussi loin, se situant à un autre niveau : dans l’idée que les jeunes sont « trop souvent les produits de leur époque » et qu’ils méritent d’entendre la vérité, notamment en matière de doctrine catholique à propos de la sexualité humaine. Celle-ci n’est « pas une pierre d’achoppement », dit-il : « Il n’existe pas de “catholique LGBTQ” ou de “catholique transgenre” ou de “catholique hétérosexuel”, comme si nos appétits sexuels nous définissaient en tant que personne ; comme si ces désignations décrivaient des communautés discrètes, d’une égalité diverse mais égale au sein de la vraie communauté ecclésiale, le Corps de Jésus-Christ. Cela n’a jamais été vrai dans la vie de l’Eglise, et ce n’est pas davantage vrai aujourd’hui. Il s’ensuit que “LGBTQ” et des termes similaires ne doivent pas être utilisés dans des documents de l’Eglise, parce que leur utilisation suggère qu’il s’agit de groupes réels et autonomes : l’Eglise ne classe tout simplement pas les gens au moyen de telles catégories. »
 

Cet “Instrumentum laboris” qui s’incline devant l’idéologie LGBT

 
Et de se lamenter de ce que le chapitre en cause n’explique pas « que la doctrine catholique sur la sexualité humaine est vraie, pourquoi elle anoblit et se révèle miséricordieuse » : « Cela semble capital dans toute discussion de questions anthropologiques, et pourtant cela manque regrettablement à la fois dans ce chapitre et dans ce document », a-t-il ajouté.
 
Si elle n’a pas été évoquée lors de la synthèse de la journée présentée à la presse anglophone, jeudi, par le père Thomas Rosica, la déclaration de Mgr Chaput a aussitôt provoqué une réponse sous forme de tweet de la part du P. James Martin, ce jésuite qui invite à Construire un pont en direction des homosexuels : «  Pourquoi devons-nous utiliser “LGBT” ou “LGBTQ” dans l’Eglise? Parce que les gens ont le droit de se nommer eux-mêmes, et que c’est le nom choisi par beaucoup. Et il existe bien une “chose” tel le “catholique LGBTQ” et le “catholique transgenre”. Ils sont membres du Corps du Christ. »
 
Peter Kwasniewski, écrivain, professeur d’université, compositeur de musique sacrée et défenseur de la liturgie catholique traditionnelle a pour sa part publié une tribune sur LifeSiteNews où il explique pourquoi la question du terme LGBT est une affaire importante.
 
« Le terme “LGBT” a été inventé par des militants laïcistes afin de décrire ce qu’ils considèrent comme une série d’orientations sexuelles ou de préférences de “style de vie” acceptables : lesbienne, gay, bisexuel, transgenre. L’utilisation familière du mot “gay” constitue déjà une démarche à laquelle personne ne devrait participer, puisque les vies brisées et le militantisme agressif des homosexuels sont manifestement contraires au sens positif originel de ce mot », écrit Kwasniewski.
 

Un synode sur les jeunes où l’enseignement de l’Eglise semble oublié

 
Et il va plus loin : « Plus largement, dire ou écrire “LGBT” de manière à laisser croire qu’il s’agit d’une description qui décrit la réalité de manière exacte consiste à embrasser l’idéologie qui la sous-tend, au service de la construction d’un univers différent de celui créé par Dieu. C’est une chose de mentionner cet acronyme en vue de le critiquer, mais l’évoquer de manière neutre ou positive revient déjà à admettre ses fausses prémisses. »
 
Et de citer la lettre de saint Paul aux Ephésiens (5 : 3,4) : « Que la fornication, et toute impureté, ou l’avarice ne soient pas même nommées parmi vous, comme il convient à des saints ; non plus que ce qui est déshonnête, les propos insensés, les paroles bouffonnes, toutes choses qui sont malséantes ; qu’on entende plutôt des actions de grâces. »
 
Curieusement, soit dit en passant, la traduction du chanoine Crampon travestit quelque peu le sens de ce verset en écrivant : « Qu’on n’entende même pas dire qu’il y ait parmi vous de fornication, d’impureté de quelque sorte, de convoitise, ainsi qu’il convient à des saints » – ce n’est pas tout à fait la même chose, la première formulation concernant le discours, la seconde, le fait de parler d’acte commis.
 

Le cardinal Chaput dénonce, le Pr Peter Kwasniewski explique

 
Kwasniewski commente alors : « En d’autres termes, les chrétiens ne doivent même pas parler de choses immondes et abominables à moins d’y être obligés en vue de réfuter l’erreur et de défendre la vérité. C’est pour la même raison que les chrétiens sont moralement contraints de ne pas regarder des émissions télévisées ou des films mettant en scène des actes sexuels immoraux ; si de telles choses ne doivent même pas être mentionnées parmi ceux qui sont appelés à être des saints, que dirait saint Paul du fait de les regarder et de les prendre dans nos imaginations et dans nos mémoires ? »
 
« Ainsi nous voyons que dans la Bible, aussi bien que dans les documents de l’Eglise, l’immoralité est évoquée soit par le biais de circonlocutions ou de manière discrète et modeste. Si l’Eglise doit parler des maladies psychologiques et des péchés, elle est obligée d’utiliser une terminologie exacte qui lui vient déjà de la tradition chrétienne, accompagné de jugements corrects quant à leur degré de peccaminosité et des dommages qu’ils provoquent. Ainsi, aucun document qui prétend exprimer la pensée de l’Eglise ou de ses pasteurs ne peut évoquer des désordres sexuels d’une manière neutre ou sociologique, et encore moins avec une apparente tolérance, approbation ou forme d’encouragement », en déduit Peter Kwasniewski.
 

Un synode truqué dans un monde qui a perdu le Nord

 
Et voici la conclusion de cette importante réflexion :
 
« A travers l’utilisation neutre et sociologique de “LGBT” par les organisateurs du synode, nous constatons l’existence de ce que Steve Skojec a décrit comme un processus de “déplacement de l’aiguille” sur le baromètre de la normalité. Il y a cinquante ans, l’homosexualité n’était guère nommée, si ce n’est dans d’épais tomes de théologie morale. Cela faisait partie des choses dont les chrétiens ne parlaient pas, comme le recommande saint Paul. Au fur et à mesure des décennies, la culture sécularisée a peu à peu “déstigmatisé” le comportement homosexuel, nous avons constaté qu’il était nommé dans des documents de l’Eglise, mais toujours assorti d’une condamnation claire. Au cours de ces dernières décennies, un jargon psychologisant vague et trompeur sur les “inclinations” homosexuelles, bisexuelles ou transgenres s’est insinué dans le discours, de manière à tout embrouiller encore davantage.
 
« Le pape François a catapulté l’affaire vers le niveau suivant avec sa remarque tristement célèbre : “Qui suis-je pour juger ?”
 
« Et voici que le synode sur les jeunes, qui a été organisé et qui est entraîné par un petite faction d’ultramontains ultra-progressistes, a poussé l’aiguille encore plus loin à travers son adoption préméditée du concept anticatholique (ou plus exactement, anti-humain) “LGBT”.
 
« Pour les catholiques qui suivent l’enseignement clair de l’Ecriture sainte affirmant que Dieu a créé les êtres humains mâles et femelles seulement, deux sexes ordonnés l’un à l’autre seulement, et que toute forme d’activité sexuelle en dehors du mariage entre un homme et une femme est étrangère à la vertu, au bonheur personnel et au bien de la société, l’apparition du mot idéologiquement chargé “LGBT” dans un document du Vatican constitue un moment de déshonneur devant Dieu et devant le monde.
 
« Nous ne savons pas encore quelle direction prendront les discussions lors de ce synode, mais nous avons tous les éléments, que ce soit dans les petits détails comme dans les grands, pour penser qu’il a été truqué dès le départ, tout comme les synodes sur la famille ont été truqués. Le document final – qui grâce à une initiative du pape François, peut désormais être officiellement qualifié de « magistériel » en deux temps, trois mouvements – risque d’être ou bien mauvais, ou bien faible. Aucune de ces solutions n’est digne du Christ ou de son Epouse immaculée. »
 

Jeanne Smits