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Taxes sur la viande et le lait sous prétexte de changement climatique : les capitaux mondialisés veulent nous rendre végétariens

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Bel exemple d’écologie punitive, à supposer qu’il s’agisse d’écologie. Selon Farm Animal Investment Risk and Return (FAIRR), organisme patronné par l’investisseur « philanthrope » Jeremy Coller, de nouvelles taxes devraient bientôt être imposées à la viande et aux sous-produits animaux, sous prétexte de combattre le changement climatique et l’obésité. La consommation de protéines animales augmente sur la planète : prétexte à un nouveau resserrement du carcan fiscal, du fait que les élevages entraîneraient une hausse des émissions de gaz carbonique « en raison du transport », selon FAIRR, des taux croissants d’obésité et de diabète de type 2, une résistance aux antibiotiques, des menaces sur l’approvisionnement en eau et une dégradation des sols et la déforestation pour cultiver les céréales destinés aux animaux. Rien de moins.
 

Des taxes sur la viande programmées au Danemark, en Suède, en Allemagne

 
« Des taxes sur les viandes sont envisagées au Danemark, en Suède et en Allemagne, et bien qu’aucun projet de loi ne soit rédigé, les investisseurs devraient prendre en compte les arguments avancés », écrit le FAIRR. Ce type de taxation serait proche de celles imposées aux émissions de carbone – dans 60 pays -, au tabac – 180 pays – et au sucre, 25 pays.
 
Maria Lettini, directrice de FAIRR, interrogée par le quotidien gauchiste The Guardian, estime qu’avec l’application progressive des Accords de Paris, il est très probable que les gouvernements voudront réduire l’impact environnemental global du secteur de l’élevage. Elle anticipe avec gourmandise l’adoption de ces taxes dans la décennie à venir.
 

L’université d’Oxford prône une taxe sur la viande de… 40 %, Jeremy Coller se frotte les mains

 
En novembre, une étude menée à l’université d’Oxford avait conclu qu’une taxe additionnelle de 40 % sur la viande et de 20 % sur le lait compenserait les « dommages » environnementaux et sanitaires causés par le secteur. Où le prétexte écologiste justifie une véritable démence fiscale poussée par ces investisseurs. Supposément responsables et « sociaux », ils entendent promouvoir en sous-main la production des protéines végétales, moins exigeantes en capitaux et plus immédiatement rentables. La disruption technologique cache toujours de purs intérêts financiers et Jeremy Coller, qui possède son institut à la très gauchiste London School of Economics et à l’Université de Tel-Aviv, semble être un spécialiste du genre. Notons qu’un tel projet de taxes sur les protéines animales est envisagé en Chine.
L’idée est appuyée par les rapports de la FAO, l’organisme onusien pour l’agriculture. Selon elle, 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre ont les élevages pour origine et la consommation de viande devrait augmenter de 73 % d’ici la moitié du siècle en raison de l’explosion de la demande en Chine et en Inde. FAIRR, l’organisme de Jeremy Coller, en déduit sans trop détailler son mode de calcul que le coût environnemental et sanitaire de la consommation de protéines animales atteindrait 1.600 milliards de dollars en 2050.
 

Rosie Wardle (FAIRR) considère l’élevage comme « un risque climatique »

 
Rosie Wardle, qui dirige le secteur « engagements » chez FAIRR, affirme que « les investisseurs commencent à considérer la question de l’élevage de la même façon qu’ils chiffrent le risque climatique ». « Il est presque admis que nous devons nous en prendre à la production et à la consommation du cheptel pour atteindre la limite de deux degrés d’augmentation de la température », assène-t-elle. Rien de tel pour précipiter le mouvement que de convaincre les gouvernements d’imposer des taxes démesurées. Où l’arme politique sert à assassiner une activité pour en promouvoir une autre.
 
Si l’argument sanitaire peut être recevable – la surconsommation de viande peut endommager le système cardiovasculaire ou favoriser l’obésité – sans justifier l’usage punitif de la fiscalité, l’argument climatique se heurte à au moins trois objections : le réchauffement, effectif à la fin du XXe siècle, est désormais contestable ; son origine est plus cosmique qu’humaine ; le rôle du CO2 dans l’évolution climatique est plus que contesté. Dernier paradoxe : l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère entraîne un accroissement net de la production de végétaux, secteur dont FAIRR et M. Coller semblent s’être fait une spécialité.
 

Danone a racheté WhitWave Foods, spécialiste mondial du soja, ou comment profiter du changement climatique

 
L’imposition de taxes sur la viande a pour l’instant été reportée par crainte des réactions politiques, déplore FAIRR. Pour autant, Nielsen relève que la consommation de protéines végétales, dont les qualités nutritionnelles sont inférieures à celles des protéines animales, augmente : 40 % des Américains et Canadiens tentent d’inclure plus d’aliments d’origine végétale dans leur régime. Signe de l’appétit des investisseurs pour ce « nouveau » secteur – au demeurant bimillénaire en Asie avec le soja -, le Français Danone a acquis en juillet 2016 pour 12,5 milliards de dollars l’Américaine WhiteWave Foods, spécialiste mondial des graines et laits de soja. Tyson Foods Inc., spécialiste des viandes, investit dans Beyond Meat (« au-delà de la viande »), qui lance un burger végétarien, co-financée par Bill Gates et Leonardo DiCaprio. General Mills, Campbell Soup, Kraft Heinz, Kellogg (Etats-Unis), Unilever (Pays-Bas et Royaume-Uni), lancent de plus en plus de produits à base de végétaux.
 
La disruption technologique s’applique aussi à l’alimentation globalisée. On verra jusqu’à quand les gouvernements résisteront aux pressions des « investisseurs philanthropes » pour tordre le bras des consommateurs en les accablant de taxes. Et étrangler les éleveurs.
 

Matthieu Lenoir