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Le transfert de Salah Abdeslam en France

Transfert Salah Abdeslam France

Image de Salah Abdeslam dans la foule, retrouvée le 13 avril.


 
Salah Abdeslam, le principal suspect encore en vie des attentats du 13 novembre, est arrivé mercredi en France. Après son transfert depuis la Belgique, il a été mis en examen et placé en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis.
 
En arrivant auparavant au palais de justice, il avait déclaré au juge d’instruction qu’il ne ferait pas de déclaration dans l’immédiat, en raison, croit-on savoir, des conditions de son transfert en France, dont son avocat français, Me Frank Berton, estime qu’il a été « relativement musclé ». Ce qui ne signifie rien. Il va de soi qu’un prisonnier comme Salah Abdeslam doit être transféré avec un certain luxe de précautions. Mais si celles-ci avaient dépassé le cadre de ce qui est admissible, on suppose que Me Berton n’aurait pas manqué de porter plainte…
 

Le transfert de Salah Abdeslam

 
En attendant, Salah Abdeslam ne devrait pas être entendu avant le 20 mai, ce qui lui laisse toute latitude pour préparer sa défense, notamment en ce qui concerne le terrorisme djihadiste, et plus précisément les attentats du 13 novembre.
 
Pour l’heure, et sans attendre qu’il se confie davantage, il a été mis en examen pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes ».
 
Pour sa part, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a déclaré que Salah Abdeslam a été placé dans un quartier d’isolement, où il est seul dans une cellule. « Il sera pris en charge par une équipe de surveillance dédiée, composée de surveillants aguerris, formés à la détention (…) des personnes détenues réputées dangereuses », a-t-il ajouté dans un communiqué.
 
Il a enfin précisé que sa cellule est équipée d’un dispositif de vidéosurveillance, dont les modalités d’usage ont été fixées conformément aux exigences de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et du droit français, mais qui doit permettre de vérifier que le djihadiste ne tente pas de s’évader, ni de se suicider.
 

Les questions de la France

 
Mais, selon son avocat français, tel ne serait pas son état d’esprit actuel, qui, précise-t-il au contraire, est « celui d’un garçon effondré bien évidemment en raison du drame qui s’est déroulé en France et qui a envie de parler à la justice française ». On en pleurerait…
 
« Il est à la fois dans une volonté d’explication et, je pense, de collaboration avec la justice française », poursuit Me Berton.
 
L’avocat s’étonne cependant que ce transfert ait été ainsi accéléré, alors même que, mis également en examen en Belgique pour tentative de meurtre, Salah Abdeslam devait y être entendu au cours d’une nouvelle audition ce jeudi. D’autant plus si c’était pour annoncer qu’il ne s’exprimerait pas avant trois semaines auprès des juges et enquêteurs français…
 

Un jugement sévère

 
De son côté, son avocat belge, Me Sven Mary, a sur son client des propos assez sévères, tout en reconnaissant l’importance du rôle qu’il a tenu.
 
« Je pense, a-t-il déclaré, que Salah Abdeslam est d’une importance capitale pour cette enquête. Je dirais même qu’il vaut de l’or. Il collabore. Il communique. Il ne maintient pas son droit au silence. »
 
Avant d’ajouter : « C’est un petit con de Molenbeek issu de la petite criminalité, plutôt un suiveur qu’un meneur. Il a l’intelligence d’un cendrier vide. Il est d’une abyssale vacuité. »
 
Difficile de savoir si ce jugement à l’emporte-pièce relève d’une appréciation honnête faisant suite à plusieurs semaines de contacts, ou s’il s’agit, en quelque sorte d’un moyen de défense visant à diminuer, autant que faire se peut, sa responsabilité. Quoi qu’il en soit, l’avocat belge indiquait mercredi ne pas savoir encore s’il continuerait à assurer la défense de son client après son transfert en France.
 

François le Luc