Un article publié par le journal scientifique Acta Paediatrica dans sa plus récente édition datée du 26 avril prochain, sous la signature d’une pionnière de la « transition de genre » et d’autres chercheurs, constate sans détours les dommages causés par les prétendues transitions de genre. Les auteurs les associent à de fortes aggravations d’autres problèmes de santé mentale. Réalisée en Finlande, cette étude a suivi tous les individus de moins de 23 ans ayant subi des traitements liés à des questions de genre entre 1996 et 2019. Cela représente 2.083 personnes, dont le parcours a été comparé à ceux de 16.643 jeunes n’ayant reçu aucun traitement de cette sorte.
La signataire principale, Riittakerttu Kaltiala, se trouve avoir été pionnière des traitements de transition de genre chez les jeunes en Finlande, ce qui donne à cette étude un poids supplémentaire.
Il faut savoir qu’en Finlande, la « transition de genre » n’est assurée que par deux hôpitaux par lesquels transitent les patients dont toutes les données sont donc consignées, conservées, ce qui a permis aux chercheurs d’avoir une vision à la fois complète et précise de tous les cas connus, et ce sur une durée importante.
La transition de genre des mineurs aggrave leur situation
Les patients « soignés » pour des affections de ce genre affichent une morbidité psychiatrique significativement plus élevée que celle du groupe contrôle, à la fois avant leur prise en charge et par la suite. On note qu’avant le début de leur parcours 45,7 % des adolescents concernés avaient des problèmes de santé mentale, contre 15 % des jeunes du groupe contrôle. Deux ans et davantage après le début de leur parcours de soins, ces pourcentages étaient respectivement de 61,7 % contre 14,6 %. Par ailleurs, les adolescents ayant commencé un traitement après 2010 avaient des besoins psychiatriques plus importants que les cohortes antérieures. A partir de cette date, les demandes de soins pour dysphorie de genre ont d’ailleurs été multipliées par 10.
De manière encore plus spectaculaire, chez les adolescents ayant subi une réassignation de genre médicale, la morbidité psychiatrique avait en général fortement augmenté deux ans et davantage après un tel acte : elle est passée de 9,8 % à 60,7 % parmi ceux qui suivaient un traitement féminisant, et de 21,6 % à 54,5 % chez ceux qui ont été « réassignés » vers le « genre masculin ».
En clair, la « transition de genre » n’a réglé aucun problème chez eux et les a au contraire plongés dans des états plus mauvais qu’avant. En outre, il s’avère bel et bien que la dysphorie de genre est un problème de santé mentale se manifestant notamment par la dépression et l’anxiété, et que ce dernier ne se règle justement pas en faisant droit aux demandes, au demeurant de plus en plus nombreuses, de ceux qui veulent gommer leur sexe.
L’étude rappelle que statistiquement, il y a plus de filles que de garçons qui éprouvent des difficultés quant à leur sexe, étant entendu que « les adolescentes ont en général davantage de problèmes de santé mentale que les garçons », précise l’étude.
La transition de genre et le chantage au suicide
Elle souligne également que les transitions de genre médicales sont prescrites et mises en œuvre au motif qu’elles seraient bénéfiques, voire indispensables à la santé des adolescents souffrant de dysphorie de genre, alors même qu’avant l’étude présente, on ne disposait pas de données longitudinales de qualité. L’étude ne le dit pas, mais il suffit de voir avec quelle insistance on promeut le changement de sexe en affirmant que ne pas le faire expose les jeunes à un risque élevé de suicide. Cet argument est donc faux.
Les universitaires finlandais Sami-Matti Ruuska, Katinka Tuisku, Timo Holttinen et Riittakerttu Kaltiala ont vraiment eu accès à toutes les données de santé en Finlande, qui sont nombreuses du fait d’évaluations régulières des jeunes, grâce à un suivi pseudonymisé qui leur a également permis de mettre sur pied des groupes de contrôle correspondant aux « transitionneurs » par l’âge et par le sexe. Ils notent en particulier qu’à la lumière de leurs constatations, les désordres psychiatriques sévères « ne semblent pas devoir être attribués en premier lieu à la dysphorie de genre ».
Ils attribuent la plus forte incidence de problèmes de santé mentale chez les garçons cherchant à devenir femmes au fait que « les œstrogènes entraînent potentiellement des symptômes dépressifs à la fois chez les femmes cisgenres et les femmes trans », alors que les hormones masculinisantes peuvent temporairement améliorer l’humeur.
Le docteur Riittakerttu Kaltiala, la soixantaine et principal auteur de cette étude, enseigne la psychiatrie des adolescents à l’hôpital universitaire de Tampere en Finlande. En 2011, elle s’était vu confier la responsabilité de monter un service d’identité de genre pour mineurs. Elle a été ainsi l’un des premiers médecins au monde à être chef de clinique dans un service recevant des patients affectés d’une « détresse » de ce type. Elle a elle-même suivi plus de 500 jeunes dans ce cadre.
La transition de genre démultiplie les problèmes depuis le début
En 2023, elle a publié un important article de presse relatant ses inquiétudes face aux effets des traitements de transition sur des mineurs. Au fil des ans, elle a vu croître sa conviction que les patients subissaient des dommages du fait de ces traitements.
C’est en 2011, raconte-t-elle, qu’un groupe de médecins néerlandais a proposé dans un article universitaire révolutionnaire de soigner la dysphorie de genre avant la puberté en bloquant médicalement celle-ci, notamment parce que des hommes adultes changeant de genre ont plus de difficultés à se faire passer pour des femmes. Les premiers essais avaient eu lieu sur des jeunes qui ne présentaient pas d’autres problèmes psychiatriques. Leurs histoires étaient brandies comme des succès à imiter. Et très vite, raconte le docteur Kaltiala, la transition de genre a été présentée « non comme une procédure médicale, mais comme un droit humain ».
A l’ouverture du service qu’elle a fondé, le Dr Kaltiala n’a pas caché sa préoccupation face à des procédures sur des personnes en bonne santé, à une époque où les jeunes peuvent avoir des ressentis variables sur le « genre ». Au début, elle a participé à l’évaluation de la plupart des jeunes patients de sa clinique, puisqu’il fallait systématiquement l’avis d’un deuxième médecin sur le diagnostic et le traitement. A l’époque, la transition était accordée à environ la moitié des patients, une proportion qui est tombée ces dernières années à quelque 20 %.
Les problèmes constatés par une pionnière de la transition de genre
Elle a vécu en direct l’explosion du nombre de demandes à ce moment-là : alors que son service s’attendait à recevoir un petit nombre de garçons, il s’est retrouvé avec une « masse » composée à 90 % des filles de 15 à 17 ans qui présentaient dans leur immense majorité des problèmes psychiatriques sévères, ayant souvent des difficultés scolaires.
« A l’adolescence, elles étaient solitaires et renfermées. Certaines avaient quitté l’école et passaient tout leur temps seules dans leur chambre. Elles souffraient de dépression et d’anxiété, certaines avaient des troubles alimentaires, beaucoup s’automutilaient, et quelques-unes avaient connu des épisodes psychotiques. Elles étaient nombreuses – très nombreuses – à se situer sur le spectre de l’autisme », se souvient le docteur Kaltalia. Et leur « dysphorie de genre » apparaissait soudainement au cours de l’adolescence.
« Elles venaient désormais nous voir parce que leurs parents, généralement leur mère, s’étaient vu dire par un membre d’une association LGBT que l’identité de genre était le véritable problème de leur enfant, ou parce que l’enfant avait vu sur Internet des informations sur les avantages de la transition », raconte encore le médecin. C’était l’époque où la question du genre devenait politique. Les activistes promettaient que tous les problèmes mentaux affectant les jeunes disparaîtraient avec leur « transition ».
La transition genre et la « contagion sociale »
L’exemple néerlandais en tête, elle a pensé que la situation finlandaise était peut-être particulière, mais en se rapprochant de collègues dans de nombreux pays d’Europe, elle a constaté que les situations étaient partout similaires. Mais la pression était toujours là et chacun hésitait à parler publiquement contre ce « merveilleux nouveau traitement » – alors même qu’on voyait dans les faits le contraire du « miracle » promis.
Même les jeunes qui assuraient aller mieux « se retiraient de leurs activités sociales, n’arrivaient pas à se faire des amis, n’allaient plus à l’école » : le tableau était partout le même. Le docteur Kaltiala a alors dirigé une étude relative à sa propre expérience et couvrant les deux premières années d’activité de sa clinique. Cette étude, publiée en 2015, avait pour objectif de faire part des graves questions qu’un soignant dans le domaine du genre pouvait avoir au sujet des « transitions ». Mais dans le champ de la dysphorie de genre, on a poursuivi et même augmenté le nombre de traitements.
En 2015, le docteur Kaltiala a constaté un nouveau phénomène dont l’émergence lui a été confirmée par des collègues dans d’autres services similaires à travers le monde : des jeunes filles de 15 à 17 ans arrivaient avec les mêmes anecdotes et les mêmes histoires que leurs aînées en affirmant qu’elles voulaient changer de genre. Elle a alors compris le rôle joué par les réseaux et les échanges d’informations sur le discours à tenir face aux médecins, et parle aujourd’hui de « contagion sociale » de la dysphorie de genre. Elle précise que les médecins n’en ont pas parlé alors, et que cela s’explique par les menaces qui pesaient sur leur carrière s’ils osaient tirer la sonnette d’alarme.
Les problèmes démultipliés ont déjà provoqué des retours à la prudence
Mais dès 2016 en Finlande, dès lors qu’un jeune présentait des problèmes psychiatriques plus urgents que la dysphorie de genre, ils étaient promptement renvoyés vers d’autres services pour recevoir le traitement dont ils avaient besoin. Et ce, malgré la colère des activistes, des responsables politiques et des médias.
C’est à partir de 2018, précise le docteur Kaltiala, que d’anciens patients sont venus à la clinique dire qu’ils regrettaient leur transition. Et contrairement à ce qu’affirmaient les tenants du « protocole néerlandais », il ne s’agissait pas d’une minuscule minorité. Dans cet article de 2023, elle citait une étude montrant que 30 % des « transitionneurs » suivis avaient cessé de prendre leur prescription hormonale au bout de 4 ans.
Aujourd’hui, la Finlande reconnaît le danger qu’il y a à donner des traitements hormonaux à des jeunes ayant de graves maladies mentales. Il en va de même en Suède, ainsi qu’au Royaume-Uni où le docteur Kaltiala a fait partie de la commission Cass qui a recommandé cette prudence. Elle-même dénonce le chantage au suicide utilisé face aux parents pour les contraindre à accepter les traitements hormonaux alors même que « le suicide est très rare ».
Il apparaît clairement que la grande course à la transition de genre s’est appuyée sur des mensonges tout en étant soutenue par des objectifs politiques. Avec la dernière étude finlandaise en date, ces mensonges sont contredits par des faits.











