Le Vatican dénonce la pollution, les manquements écologiques, la corruption et la violence dans les mines

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Le Vatican a poursuivi sa politique écologique ces derniers jours, en plaçant les conséquences négatives des activités minières sur la planète et sur la population au cœur d’un colloque organisé le week-end dernier à Rome. C’est le très progressiste Conseil pontifical Justice et Paix qui organisait le colloque, sur le thème « Unis à Dieu, écoutons un cri », des mots tirés de l’exhortation apostolique du pape François Evangelii Gaudium. Manquements écologiques, corruption, violence, exploitation dans les mines étaient au menu.
 
Le pape François a repris la thématique du cri dans un message adressé au Conseil pontifical, juste avant cette rencontre : « Un cri pour un terrain perdu ; un cri parce qu’on extrait des richesses du sol sans que cela ne produise de richesses pour les population locales qui restent pauvres ; un cri de douleur en réaction aux violences, à la menace et à la corruption ; un cri d’indignation et de soutien aux droits humains qu’on bafoue discrètement ou bruyamment surtout en ce qui concerne la santé des populations, leur conditions de travail, l’esclavage ou le trafic de personnes qui alimente le phénomène de la prostitution ; un cri de tristesse et d’impuissance face à la pollution des eaux, de l’air, du sol ; un cri d’incompréhension en raison de l’absence de processus inclusifs et en l’absence de soutien de la part des autorités civiles, locales et nationales qui ont le devoir fondamental de promouvoir le bien commun… La liste est longue. »
 

Un colloque au Vatican sur la corruption et la violence dans les mines, au nom de l’écologie

 
Pendant le colloque, une trentaine de personnes venues des continents africain, américain et asiatique ont raconté les conséquences – souvent dramatiques – que l’activité minière avait eues sur leurs vies.
 
En plus des dommages, souvent irréparables, infligés à l’environnement et aux traditions de ceux qui vivent dans les régions exploitées, les activités minières en Afrique, en Asie et en Amérique sont souvent responsables de « situations de violence et d’intimidation, d’illégalité et de corruption, de pollution et de violations des droits de l’Homme » aussi bien que de « meurtres », a expliqué le frère Dario Bossi, l’un des intervenants de la rencontre, venus témoigner sur la situation au Brésil.
 
Le pape François a toutefois précisé qu’il ne s’opposait pas à l’exploitation des minerais qu’il a qualifié de « précieux don de Dieu », « utile » dans de nombreux secteurs de la vie. Il a en revanche rappelé qu’il était soucieux de « notre maison commune », nom qu’il avait donné à la Terre dans sa dernière encyclique Laudato si’.
 

Le pape François veut modifier la gestion des mines, pour respecter l’environnement et les pauvres, victimes de la pollution

 
Le pape, comme le Conseil pontifical Justice et Paix, a donc appelé à un changement de comportement dans le secteur minier, pour éviter la dégradation de l’environnement au dépend des plus pauvres : « Le secteur minier dans son ensemble est indubitablement appelé à procéder à un changement de paradigme radical pour améliorer la situation dans de nombreux pays », a-t-il expliqué.
 
Il a également encouragé les entrepreneurs, investisseurs, autorités locales, ouvriers, syndicats et consommateurs à adopter un comportement respectueux du fait que nous soyons tous membre d’« une même famille humaine ».
 
C’est également le message qu’a voulu faire passer le Cardinal Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, en regrettant que « le bien-être des environnements sociaux et naturels soit nié ». Mais il a également précisé qu’il était anormal que « la primauté de l’être humain (soit) refusée ».
 
Un rappel important de la part de l’Eglise, qui s’oppose pourtant à l’idéologie portée par le mouvement écologique mondial auquel s’associe depuis peu le Vatican (en tous cas formellement, gommant ainsi les différences de fond).
 
Et c’est là que le discours du pape finit par se retourner contre lui-même. L’idéologie écologique accuse l’homme d’être nocif pour la planète elle-même, en lui niant totalement sa primauté… Dénoncer les conditions inhumaines faites aux employés des mines dans certaines zones du monde en s’appuyant sur le discours qui prône le contrôle de la population et la déification de la nature est une contradiction en soi.
 

Béatrice Romée