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DESSIN ANIME / CONTE INITIATIQUE Vice-versa ♥♥


 
Vice-versa est un dessin animé en images de synthèse dont on attendait beaucoup. La bande annonce laissait présager une comédie franchement drôle et familiale. Or, si le film comprend en effet certaines scènes amusantes, on ne rit pas constamment, et même au final assez peu. Plus qu’une comédie, il s’agit fondamentalement d’un conte initiatique, illustrant le passage de l’enfance à l’adolescence, au travers de la vie d’une demoiselle de douze ans, petite fille simple et joyeuse, subitement renfermée, voire désagréable. Un des scénaristes principaux a avoué s’être largement inspiré de son expérience de père déconcerté par ce type de changement fort brusque, pourtant universel et prévisible. Le titre anglais de Vice-versa, Inside Out, traduit bien le balancement permanent entre un monde intérieur en crise, la psyché de la demoiselle Riley Andersen, et le monde extérieur, normal, perceptible par tous.
 

Vice-versa brille par son originalité

 
La Joie et la Tristesse, deux émotions de base, apparaissent en deux allégories simples et fondamentales, égarées dans les profondeurs complexes de la nouvelle adolescente, et tentent de revenir aux postes de direction centrale afin de rétablir quelque équilibre. Ce monde intérieur séduit par sa dimension onirique, ses touches d’humour. Par contraste, le monde extérieur de la demoiselle de 12 ans, mécontente de son déménagement du Minnesota en Californie, deux Etats américains aux cultures, pratiques et climats très différents, paraît bien morne. La démarche est peut-être volontaire.
 
S’il s’adresse à toute la famille, le film sera peut-être un peu long et lent pour les enfants. Il n’atteint pas les sommets de comique qu’il laissait entrevoir en de trop rares scènes, et le début des crédits de fin, à ne surtout pas manquer, qui montre les pensées principales de tous les personnages croisés, humains comme animaux… Enfin, Vice-versa brille par son originalité, et séduit par la beauté loufoque des mondes intérieurs de l’héroïne.
 

Hector Jovien