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Vieillissement démographique : le Japon envisage l’immigration

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Pour la première fois au cours de son histoire récente, le Japon envisage d’autoriser l’immigration, au vu de la décroissance alarmante de sa population active. Son taux de fécondité se situe actuellement aux alentours de 1,4 enfant par femme, alors que le taux de renouvellement des générations est estimé à 2,1. L’immigration, c’est la solution dont le Japon ne voulait absolument pas, pensant pouvoir régler la question de son vieillissement par un jeu combiné de stimulus économique et d’encouragement – très insuffisant – à la natalité. Il est aujourd’hui rattrapé par la réalité.
 
C’est une instance gouvernementale, le Bureau du cabinet qui en février 2014 a mis le sujet sur le tapis. Le Japon, disait-il, ne pourra maintenir une population supérieure à 100 millions d’habitants qu’en acceptant chaque année 200.000 nouveaux immigrés – et en retrouvant un taux de fécondité total de 2,07 d’ici à 2030. Ce deuxième facteur est le plus aléatoire, étant donné l’expérience d’autres pays affichant une natalité aussi déprimée. Il est extrêmement difficile de remonter la pente de la dénatalité
 

Au Japon comme en Allemagne, le vieillissement démographique appelle l’immigration

 
L’exemple de l’Allemagne est très parlant à cet égard. Avec un taux de fécondité similaire, elle a aujourd’hui clairement opté pour l’immigration massive – sans doute la vraie raison pour laquelle Angela Merkel a vanté la « compassion » à l’égard des migrants qui se pressent aux frontières. La population allemande ne voulait pas non plus de cette immigration massive qui à l’heure actuelle, dit-on, peut seule faire tourner la machine économique… Eh bien, on a trouvé un autre moyen de l’imposer.
 
L’idée de compenser un manque démographique peut paraître séduisante en théorie. Mais l’expérience prouve que l’arrivée massive d’immigrés peu qualifiés, qui se heurtent à la barrière de la langue et qui sont issus de cultures et de religions très différentes de celles de leur pays d’accueil – et surtout hostiles à la civilisation chrétienne – ne peut qu’aggraver les difficultés économiques des pays d’accueil. Le discours économique n’est alors qu’un prétexte pour cacher ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une volonté de réduire l’importance et le poids de la population autochtone. Si les gouvernants le voulaient, ils pourraient en effet choisir des politiques favorables à la famille et à la natalité…
 
Aujourd’hui au Japon, on se tourne donc vers ce discours économique prétexte. Le Japan Times vient de proposer l’ouverture à une immigration de longue durée – brisant ainsi un vrai tabou. Le quotidien constate que les mesures administratives annoncées par le Premier ministre Shinzo Abe en septembre n’ont guère fonctionné. Il ne suffit pas injecter de l’argent dans l’économie ou de mettre en place des programmes de construction d’infrastructures, ni même de multiplier les dépenses en augmentant la dette. Tout cela repose d’ailleurs sur le recul l’âge de la retraite mais aussi sur la présence de davantage de femmes sur le marché du travail, ce qui à l’évidence ne favorise pas la natalité.
 
La situation actuelle fait craindre une chute de population de quelque vingt millions de personnes d’ici à 2065, observe le Japan Times. A l’horizon 2115 le Japon pourrait ne plus compter que 40 millions d’habitants, avec un important déficit de population active et, par voie de conséquence, une forte chute du niveau de vie.
 

Le Japon aux prises avec son refus de la vie

 
Ce sont autant de constats qui ont poussé le gouvernement à augmenter dans un premier temps le nombre de travailleurs étrangers temporaires. Mais les besoins sont tels qu’ils sont accueillis pour des durées de plus en plus longues, ce qui en fait des immigrés de fait.
 
Les effets pervers de cette immigration cachée se font déjà sentir. Selon le démographe Eriko Suzuki nombre de ces immigrés se voient proposer des salaires bien en deçà du revenu minimum auquel peuvent prétendre les Japonais. Et ils acceptent des conditions de travail jugées inacceptable par les citoyens japonais. Ceux-ci sont cependant atteints par cette compétition salariale.
 
En outre, la plus grande partie des travailleurs temporaires au Japon proviennent de Chine qui elle-même est confrontée à un problème de déficit démographique. Les Chinois à la recherche de travail trouvent aujourd’hui de meilleures conditions de travail à Singapour, à Hong Kong et même à Shanghai qu’au Japon.
 
Le Japon a besoin de davantage d’hommes, mais il se trouve aussi confronté à la réticence de sa population à l’égard d’immigrés dont l’actualité mondiale démontre qu’ils ne sont pas toujours une « chance ». Et puis, comment promouvoir la natalité auprès d’une population dont le déclin est réel sur plus d’un plan ? C’est pourquoi le Japon se tourne aussi de plus en plus vers les robots. En refusant la vie, il a créé les conditions d’une société inhumaine.
 

Anne Dolhein