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Le président turc Erdogan sera présent à l’inauguration de la méga-mosquée Westermoskee aux Pays-Bas

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La Turquie vient d’annoncer la participation officielle du président Recep Tayyip Erdogan à la cérémonie d’inauguration d’une des plus grandes mosquées d’Europe qui ouvrira ses portes au cours du ramadan 2016 – à cheval, cette année, sur juin et juillet – dans un quartier ouest d’Amsterdam. La capitale des Pays-Bas accueillera ainsi de manière solennelle et fortement symbolique la « Westermoskee », construite sur le modèle de Sainte-Sophie à Istanbul, au bord d’un canal, avec une capacité de 2.500 places.
 
Le dôme de l’édifice fait 25 mètres de haut et le minaret culmine à 42 mètres – orgueilleuse réplique aux clochers chrétiens qui sont de plus en plus désertés dans un des pays les plus sécularisés d’Europe.
 
La construction de l’immense bâtiment, qui compte neuf dômes mineurs et qui abritera les œuvres de maîtres calligraphes turcs, est l’aboutissement d’un projet né au début des années 1990 dans un contexte de controverse et d’opposition, les résidents locaux s’étant opposés à son implantation. A quoi se sont ajoutés des problèmes architecturaux et même des allégations de corruption.
 

Erdogan à l’inauguration de la Westermoskee, un événement significatif

 
C’est l’importante communauté turque d’Amsterdam qui a mené le projet dont on voit aujourd’hui qu’il ne se borne pas à la mise en place d’un bâtiment où des croyants musulmans puissent librement exercer leur culte. La venue du président Erdogan donne une autre coloration à l’événement – lui qui a réussi, au moyen de la crise des réfugiés et des migrants, à imposer sa volonté à l’Union européenne. A telle enseigne que le Spectator l’a nommé, dans son édition du 7 mai dernier, « L’homme le plus puissant d’Europe ».
 
Certains commentateurs osent même affirmer qu’Erdogan cherche à établir un « empire ottoman » en Europe – au-delà de la simple reconquête de terres un temps musulmanes lors des plus fortes avancées de l’islam dans ce continent qui s’est toujours défini, pour reprendre la thèse du cardinal Ratzinger, par sa résistance aux poussées islamiques.
 
Certes la Turquie s’affirme laïque mais elle a toujours, depuis l’instauration de la République, favorisé l’islam comme faisant partie de son identité culturelle, et Erdogan lui-même est issu d’un parti islamiste. C’est donc en toute logique qu’il se rendra aux Pays-Bas pour l’inauguration d’une mosquée.
 

Le président turc montrera son pouvoir en visitant la méga-mosquée des Pays-Bas

 
Avec 75 millions d’habitants et un vivier de millions d’autres Turcs ethniques d’au-delà de ses frontières, mais qui peuvent prétendre à la nationalité, la Turquie représente un poids considérable face à l’Europe et peut-être demain au sein de l’Union européenne au sein de laquelle elle tente de pénétrer malgré d’importantes divergences idéologiques par rapport à l’UE : logique de puissance et de pouvoir plus que d’identité de vues.
 
Son importante « diaspora » en Allemagne et aux Pays-Bas s’est constituée en communautés fortes et qui n’hésitent pas à vivre de manière parallèle par rapport aux autochtones.
 
L’érection d’une méga-mosquée n’est qu’une illustration de ce fait, montrant la vitalité islamique qui est aussi forte de l’apostasie de l’Occident.
 

Anne Dolhein