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L’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne relancée par la conclusion d’un accord sur la prise en charge des réfugiés syriens

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Ce dimanche s’est tenu à Bruxelles un sommet UE – Turquie qui a vu la conclusion d’un accord sur le sort des réfugiés syriens que les différentes chancelleries européennes voulaient impérativement faire aboutir depuis déjà quelques mois. Il s’agissait de trouver un moyen d’endiguer le flot des centaines de milliers d’immigrants illégaux syriens qui affluent depuis des mois dans l’Union européenne en transitant par la Turquie. Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que cet accord historique marquait un nouveau départ dans les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, remerciant les leaders européens pour ce geste.
 

Une adhésion de la Turquie à l’Union européenne  – sous conditions

 
Les pays de l’Union européenne ont accepté de verser 3 milliards d’euros à la Turquie sur les deux ans à venir pour améliorer le sort des quelque 2,2 millions de réfugiés syriens arrivés sur le sol turc, dans le but de les dissuader d’entreprendre un périlleux voyage vers l’union Européenne, via les îles grecques. Si la Turquie arrive à juguler l’afflux d’immigrants illégaux vers l’Europe, Ankara se verra régler la somme promise.
 
La provenance de ces fonds n’a pas encore été déterminée, même si 500 millions d’euros pourraient provenir des fonds centraux de l’UE, à charge pour les 28 membres de participer au pot commun en fonction de leurs moyens, sous réserve d’incitations fiscales accrues pour les pays qui contribueraient de manière exceptionnellement élevée au regard de leurs richesses propres.
 
La France et l’Allemagne préféreraient quant à elles utiliser les réserves centrales de l’UE, quitte à les rogner en dépit du budget arrêté jusqu’en 2020.
 

Les réfugiés syriens en Turquie, la Turquie dans l’Union européenne

 
Cet accord pourrait bien être le cheval de Troie de la Turquie en vue de l’acceptation définitive de son entrée dans l’Union européenne. En effet, les négociations relatives à l’adhésion de la Turquie à l’UE reprendront le 14 décembre prochain. Elles porteront bien entendu sur les capacités d’Ankara à répondre aux exigences économiques et financières de l’Union européenne, mais également sur un nombre étendu de dossiers tels l’énergie, l’éducation, la politique étrangère et de défense ou encore la question chypriote.
 
En 2013, la Turquie a obtenu un accord d’exemption de visa pour ses ressortissants qui se rendront dans l’Union européenne, dans la mesure où Ankara aura appliqué le pacte conclu visant à reprendre les immigrés qui ne réussissent pas à obtenir l’asile européen, et durci ses contrôles aux frontières à l’endroit des Afghans et des Pakistanais voulant se rendre en Europe. Si ces engagements sont tenus, l’accord pourrait entrer en vigueur dès l’automne 2016.
 
La précipitation avec laquelle ce rapprochement et ces négociations ont lieu au lendemain des attentats de Paris, alors que la crise des immigrants illégaux sur le sol européen n’est en rien résolue, est troublante, alors que les relations entre Ankara et Moscou se tendent. Avec une population très dynamique de 78 millions d’individus, musulmans dans leur immense majorité, la Turquie serait le plus gros pays de l’Union européenne, sans en partager l’héritage judéo-chrétien. A méditer…
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle