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“Amoris laetitia” : la lettre du pape François aux évêques de Buenos Aires justifiant la communion pour les divorcés remariés dotée d’un statut officiel

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On explique volontiers que la lettre privée du pape félicitant les évêques de leur interprétation d’“Amoris laetitia” est un acte purement privé qui n’oblige pas les catholiques et qui laisse libre l’interprétation orthodoxe de l’exhortation post-synodale.
 
Steve Skojec de OnePeterFive souligne que ce texte est désormais doté d’un statut officiel, ayant été intégré parmi les actes officiels du Siège apostolique. La lettre a été ajoutée au site du Vatican en août 2016, sans pour autant à ce moment-là acquérir un statut officiel. Son intégration parmi les Acta Apostolicae Sedes (AAS) a désormais été réalisée. Il s’agit du corpus des « principaux décrets, lettres encycliques, décision des complications romaines et avis de nominations ecclésiastiques ».
 
Comme le note Marco Tosatti, cela a été fait sur injonction personnelle du pape, puisque la publication s’accompagne d’une brève note du secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin et du rescrit officiel d’une audience pontificale en juin 2017, annonçant que le pape lui-même souhaitait voir les directives des évêques argentins ainsi que sa lettre publiées sur le site des AAS.
 

L’intérprétation d’“Amoris laetitia” par les évêques de Buenos Aires aux Actes du Siège apostolique

 
Cette publication fait-elle de la lettre qui justifie la communion pour les divorcés remariés dans certains cas un acte du magistère authentique ?
 
Selon John Joy, cofondateur et président du Centre Saint-Albert-le-Grand pour les Etudes scolastiques, interrogé par OnePeterFive, « Cela signifie qu’il s’agit d’un acte officiel du pape plutôt que d’un acte du pape en tant que personne privée ». « On ne peut donc le réduire au rang de simple approbation privé de leur mise en œuvre d’Amoris laetitia. C’est une approbation officielle. Mais cela ne signifie pas nécessairement que la lettre aux évêques argentins est en elle-même magistérielle » et requérant à ce titre la soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence, a-t-il ajouté : cela n’aurait été le cas selon lui que si le document avait pour intention d’enseigner sur la foi et la morale. Comme la lettre fait l’éloge de directives pastorales qui sont tout sauf concrètes, cela semble peu probable, selon John Joy.
 

Un statut officiel pour la lettre du pape François aux évêques de Buenos Aires recommandant la communion pour certains divorcés remariés

 
Reste l’insistance du pape François pour que le texte hautement critiquable des évêques argentins et ses propres louanges à son égard figurent parmi les actes officiels du Siège apostolique. Cela n’est évidemment pas fortuit et vient s’ajouter à une première confirmation d’authenticité du document du pape dont la teneur gênait ceux qui s’accrochent à la possibilité d’une interprétation orthodoxe d’Amoris laetitia.
 
Pour mémoire, on trouvera ici mes traductions des directives des évêques de Buenos Aires et de la lettre du pape.
 

Jeanne Smits