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Peut-on faire une lecture critique d’“Amoris laetitia” ?

Amoris laetitia pape françois

Un couple de mariés offre au pape François la figurine de leur gâteau de mariage, à son effigie, lors de l’audience générale le 28 janvier à Rome.


 
L’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia a reçu de la part de la plupart des mĂ©dias occidentaux (de gauche) un accueil enthousiaste, tempĂ©rĂ© par ce qu’ils ont considĂ©rĂ© comme un manque d’ouverture Ă  l’égard des homosexuels. Dans l’ensemble, les partisans d’un meilleur « accueil Â» des divorcĂ©s « remariĂ©s Â» sont satisfaits du ton de l’Exhortation qui encourage Ă  mieux « intĂ©grer Â» les couples « irrĂ©guliers Â» dans l’Eglise et ouvre discrètement la porte Ă  la possibilitĂ© pour certains divorcĂ©s « remariĂ©s Â» de communier sans avoir pour autant rompu avec leur situation contraire Ă  ce que l’Eglise demande au nom de l’indissolubilitĂ© du mariage sacramentel. Peu nombreux sont les responsables ou penseurs catholiques qui osent faire Ă  voix haute une lecture critique d’Amoris laetitia, au nom du respect dĂ» au pape.
 
Il faut dire que celui-ci a fortement dĂ©couragĂ© les critiques en jetant dans l’Exhortation le discrĂ©dit sur les partisans d’une doctrine rigoriste : « Un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales Ă  ceux qui vivent des situations “irrĂ©gulières”, comme si elles Ă©taient des pierres qui sont lancĂ©es Ă  la vie des personnes. C’est le cas des cĹ“urs fermĂ©s, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église “pour s’asseoir sur la cathèdre de MoĂŻse et juger, quelquefois avec supĂ©rioritĂ© et superficialitĂ©, les cas difficiles et les familles blessĂ©es”. Dans cette mĂŞme ligne, s’est exprimĂ©e la Commission ThĂ©ologique Internationale : “La loi naturelle ne saurait donc ĂŞtre prĂ©sentĂ©e comme un ensemble dĂ©jĂ  constituĂ© de règles qui s’imposent a priori au sujet moral, mais elle est une source d’inspiration objective pour sa dĂ©marche, Ă©minemment personnelle, de prise de dĂ©cision.” Â», Ă©crit le pape François au n° 305. Et plus loin : « Je comprends ceux qui prĂ©fèrent une pastorale plus rigide qui ne prĂŞte Ă  aucune confusion. Mais je crois sincèrement que JĂ©sus Christ veut une Église attentive au bien que l’Esprit rĂ©pand au milieu de la fragilitĂ©. Â»
 

“Amoris laetitia” modifie le sens de la miséricorde

 
Au paragraphe 311, il ajoute : « Parfois, il nous coĂ»te beaucoup de faire place Ă  l’amour inconditionnel de Dieu dans la pastorale. Nous posons tant de conditions Ă  la misĂ©ricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification rĂ©elle, et c’est la pire façon de liquĂ©fier l’Évangile. Sans doute, par exemple, la misĂ©ricorde n’exclut pas la justice et la vĂ©ritĂ©, mais avant tout, nous devons dire que la misĂ©ricorde est la plĂ©nitude de la justice et la manifestation la plus lumineuse de la vĂ©ritĂ© de Dieu. Â»
 
Et dès lundi matin, lors de sa messe quotidienne Ă  Sainte-Marthe, le pape a renouvelĂ© ses critiques contre les « docteurs de la loi Â» : « Pensons Ă  la chasse aux sorcières, Ă  sainte Jeanne d’Arc, Ă  tant d’autres qui ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s, condamnĂ©s, parce qu’ils ne s’ajustaient pas, selon les juges, Ă  la Parole de Dieu. Â»
 
L’exhortation Amoris laetitia trouve pleinement sa place dans l’AnnĂ©e de la misĂ©ricorde voulue par le pape François, comme il le dit d’ailleurs lui mĂŞme dans le texte. Un très long texte, qui rappelle avec un grand sens du concret et mĂŞme avec des accents de noblesse la vĂ©ritĂ© du mariage telle que Dieu l’a Ă©tablie dès l’origine, en exhortant les pasteurs Ă  mieux prĂ©parer les jeunes au mariage, les Ă©poux Ă  vivre de la grâce du sacrement et Ă  Ă©duquer leurs enfants Ă  la foi et Ă  la prière, et les jeunes Ă  apprendre la valeur de l’engagement, loin de la culture de l’éphĂ©mère et du virtuel. Et Ă  chacun de se nourrir des sacrements. Il s’y trouve Ă©galement de claires condamnations de l’avortement mais sans mise en Ă©vidence de l’immensitĂ© du massacre, une remise en cause de l’idĂ©ologie du genre, la dĂ©nonciation de l’« Ă©ducation sexuelle Â» centrĂ©e sur le soi-disant « safe-sex Â» et celle de la pression des organisations internationales pour imposer le contrĂ´le des naissances.
 
Mais tout cela, mêlé de considérations sur la difficulté de vivre aujourd’hui le mariage chrétien en raison des problèmes matériels, de la longévité inédite, et du contexte défavorable au mariage dans la société, n’est pas vraiment nouveau.
 
Ce qui l’est, c’est le nouveau « regard Â» sur les situations matrimoniales irrĂ©gulières Ă  l’aune de la misĂ©ricorde… revue et corrigĂ©e par François.
 

Le salut éternel, le péché mortel et autres questions qui fâchent

 
Quel est le but de la misĂ©ricorde ? D’appliquer aux pauvres pĂ©cheurs les mĂ©rites de l’Incarnation, de la Passion et de la RĂ©surrection du Christ pour nous obtenir le pardon de nos pĂ©chĂ©s, et le salut Ă©ternel. La misĂ©ricorde est offerte Ă  tous. Comme le disait sainte ThĂ©rèse de Lisieux : « Moi si j’avais commis tous les crimes possibles/ Je garderais toujours la mĂŞme confiance/ Car je sais bien que cette multitude d’offenses/ N’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent. Â»
 
Est-ce Ă  dire que la misĂ©ricorde est automatique ? Certainement pas dans l’esprit de sainte ThĂ©rèse qui savait la condition pour l’obtenir : un sincère repentir, l’accusation des fautes, l’absolution sacramentelle et l’accomplissement de la pĂ©nitence – avec le ferme propos de ne plus retomber dans le pĂ©chĂ©. Le pĂ©chĂ© mortel qui coupe de l’amitiĂ© avec Dieu comporte la peine de la damnation Ă©ternelle, et l’enfer est peuplĂ© de ceux qui refusent la grâce du pardon en refusant de se mettre en conditions de la recevoir.
 
Que notre époque ait particulièrement besoin de miséricorde, vu la manière dont Dieu et sa loi ont été mis à l’écart de la société, cela ne fait pas de doute. Et que le pape ait le souci d’amener chacun à la désirer de tout son cœur, c’est inhérent à sa charge même de prêtre et de pontife.
 

La lecture critique d’“Amoris laetitia” oblige à s’interroger sur le brouillard que sème l’Exhortation

 
Mais le problème d’Amoris laetitia, c’est de faire comme si, premièrement, les personnes en situation matrimoniale irrĂ©gulière pouvaient ne pas l’être, compte tenu de leurs « circonstances attĂ©nuantes Â» : « Par consĂ©quent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrĂ©gulière” vivent dans une situation de pĂ©chĂ© mortel, privĂ©s de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas Ă  voir uniquement avec une Ă©ventuelle mĂ©connaissance de la norme. Un sujet, mĂŞme connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficultĂ© Ă  saisir les “valeurs comprises dans la norme ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir diffĂ©remment et de prendre d’autres dĂ©cisions sans une nouvelle faute”. Â»
 
On peut imaginer des cas d’ignorance invincible, des impossibilitĂ©s exceptionnelles d’obtenir une reconnaissance de nullitĂ©, des cas inextricables qui peuvent exiger un règlement particulier, une attitude particulière, restant toujours sauf le respect de la rĂ©alitĂ© du sacrement. Mais ici les « circonstances attĂ©nuantes Â» en arrivent Ă  ĂŞtre intĂ©grĂ©es de manière subreptice dans la règle et le texte dit Ă©galement qu’il y a une sorte de fatalité ; « Dans des circonstances dĂ©terminĂ©es, les personnes ont beaucoup de mal Ă  agir diffĂ©remment Â», affirme le pape, reprenant Ă  son compte la Relatio finalis des synodes sur la famille. La question n’est pas de nier que des situations puissent ĂŞtre exceptionnellement difficiles, mais ici la recherche de l’exceptionnel semble primer, et les assouplissements disciplinaires devenir quasiment la règle, avec des amĂ©nagements qui vont depuis les fonctions liturgiques jusqu’à la possibilitĂ© de faire le catĂ©chisme.
 
VoilĂ  qui va compliquer la tâche des prĂŞtres qui Ă©vitent cela, et crĂ©er une mentalitĂ© de « droits Â» qui s’installe volontiers lorsque l’on commence Ă  multiplier les exceptions.
 
Deuxième problème : au paragraphe 297, Amoris laetitia affirme : « Personne ne peut ĂŞtre condamnĂ© pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! Â» Or la logique de l’Evangile est claire : l’enfer existe, et il serait notre lot Ă  tous sans la RĂ©demption… que notre libertĂ© nous donne la possibilitĂ© de refuser. La phrase sur le pĂ©chĂ© mortel qui ne serait plus imputable dans toutes les situations objectivement adultères de remariage après divorce va dans ce mĂŞme sens. Or s’il est vrai que nous ne savons sonder ni les reins ni les cĹ“urs et que la « matière grave Â» d’un acte n’implique pas nĂ©cessairement une responsabilitĂ© personnelle, en conscience, il est important de conserver une objectivitĂ© de la loi.
 

“Amoris laetitia”, un coup Ă  droite, un coup Ă  gauche ?

 
Pour ĂŞtre complet, il faut prĂ©ciser qu’Amoris laetitia affirme Ă  plusieurs reprises que la loi ne change pas. Mais d’un autre cĂ´tĂ© le texte utilise volontiers le mot d’« idĂ©al Â» Ă  propos du mariage – comme s’il s’agissait d’une chose difficile, inatteignable par les temps qui courent.
 
Il suggère Ă©galement que la dĂ©saffection Ă  l’égard du mariage vient de la manière dont l’Eglise l’a prĂ©sentĂ© : « Pendant longtemps, nous avons cru qu’en insistant seulement sur des questions doctrinales, bioĂ©thiques et morales, sans encourager l’ouverture Ă  la grâce, nous soutenions dĂ©jĂ  suffisamment les familles, consolidions le lien des Ă©poux et donnions un sens Ă  leur vie commune. Nous avons du mal Ă  prĂ©senter le mariage davantage comme un parcours dynamique de dĂ©veloppement et d’épanouissement, que comme un poids Ă  supporter toute la vie. Â»
 
Mais la vĂ©ritĂ©, « remontĂ©e Â» lors des enquĂŞtes qui avaient prĂ©cĂ©dĂ© les deux synodes sur la famille, est que l’ignorance des jeunes des vĂ©ritĂ©s de la foi est une des grandes causes de la multiplication des unions instables aujourd’hui.
 
De mĂŞme, l’évocation vraiment très rapide de la rĂ©volution opĂ©rĂ©e par la diffusion de la contraception, avec son cortège de  maux clairement annoncĂ©s par Humanae vitae, ne semble pas Ă  la hauteur des enjeux. La proportion des divorces, on ne le dit pas assez, est infĂ©rieure Ă  5 % chez les couples mariĂ©s qui n’y ont pas recours – elle peut avoisiner les 30, voire les 50 % chez ceux qui mettent ainsi une barrière artificielle Ă  leur fĂ©conditĂ©.
 

La lecture critique nécessaire pour une analyse juste

 
Dans un texte aussi long et aussi anodin par moments, on sent une volonté de passer certaines questions sous silence pour ramener tout le monde dans la barque – quitte à ne pas dire clairement tout ce que cela peut avoir d’exigeant.
 
Et en ce sens, il est dans son ensemble porteur de « subversion Â» et non de « rĂ©volution Â» : c’est par petites touches, ici et lĂ , et surtout dans son chapitre 8 sur les situations irrĂ©gulières qu’il sème le doute, dĂ©nonce les certitudes, donne des gages aux plus modernes tout en rĂ©affirmant la doctrine la plus solide. Mais dans ce dernier cas, c’est de manière incomplète, ne rappelant pas que la souffrance et l’hĂ©roĂŻcitĂ© des vertus sont – ou devraient ĂŞtre – des rĂ©alitĂ©s de la vie de chaque chrĂ©tien, et que Dieu n’éprouve jamais au-delĂ  de nos forces.
 
VoilĂ  qui nous amène Ă  la question de la « communion pour les divorcĂ©s remariĂ©s Â», qui a Ă©tĂ© Ă  la racine des discussions des deux synodes par la volontĂ© de François, par sa mise en avant du cardinal Kasper afin que celui-ci prĂ©sente sa proposition.
 
La rĂ©ponse n’est pas explicitement donnĂ©e dans Amoris laetitia. Mais dès son paragraphe 3, l’exhortation Ă©voque une nĂ©cessaire « unitĂ© de doctrine et de praxis Â», notion marxiste par excellence qui s’oppose aux catĂ©gories du vrai et du faux, du bien et du mal. Est ajoutĂ© : « En outre, dans chaque pays ou rĂ©gion, peuvent ĂŞtre cherchĂ©es des solutions plus inculturĂ©es, attentives aux traditions et aux dĂ©fis locaux.
 
Alors que les Ă©vĂŞques africains, notamment, et bien d’autres pères synodaux ont bataillĂ© pour le maintien sans ambiguĂŻtĂ© des enseignements de l’Eglise, cette introduction d’une « dĂ©centralisation Â» de l’Eglise est dĂ©jĂ  une victoire des kaspĂ©rites. L’ambiguĂŻtĂ© de l’Exhortation elle-mĂŞme fera le reste Â».
 
Très important aussi, le paragraphe 31 ouvre très discrètement la porte Ă  l’idĂ©e non moins marxiste du sens de l’histoire, oĂą la vĂ©ritĂ© Ă©volue en fonction des besoins de l’homme et du temps : « Il convient de prĂŞter attention Ă  la rĂ©alitĂ© concrète, parce que “les exigences, les appels de l’Esprit se font entendre aussi Ă  travers les Ă©vĂ©nements de l’histoire”, Ă  travers lesquels “l’Église peut ĂŞtre amenĂ©e Ă  une comprĂ©hension plus profonde de l’inĂ©puisable mystère du mariage et de la famille”. Â» Tout ici dĂ©pend de la lecture que l’on en fait : vouloir rechercher la vĂ©ritĂ© immuable Ă  travers les contingences ou donner aux contingences une valeur en soi. Telle est certainement la lecture du cardinal Kasper, chez qui l’histoire porte en elle-mĂŞme une autoritĂ©, comme l’a montrĂ© Matthew McCusker de Voice of the Family. On ne s’étonnera pas de voir le pape inviter Ă  avoir « une salutaire rĂ©action d’autocritique Â» (§ 36). Il poursuit : « D’autre part, nous avons souvent prĂ©sentĂ© le mariage de telle manière que sa fin unitive, l’appel Ă  grandir dans l’amour et l’idĂ©al de soutien mutuel ont Ă©tĂ© occultĂ©s par un accent quasi exclusif sur le devoir de la procrĂ©ation. (…) D’autres fois, nous avons prĂ©sentĂ© un idĂ©al thĂ©ologique du mariage trop abstrait, presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilitĂ©s effectives des familles rĂ©elles. Cette idĂ©alisation excessive, surtout quand nous n’avons pas Ă©veillĂ© la confiance en la grâce, n’a pas rendu le mariage plus dĂ©sirable et attractif, bien au contraire ! Â»
 
Il y a fort Ă  parier qu’aujourd’hui la majoritĂ© des couples catholiques mariĂ©s n’ont jamais entendu dire que la seule fin du mariage, ou quasi, serait la procrĂ©ation !
 
C’est dans ce contexte que les partisans du changement – et il ne s’en sont pas privĂ©s – ont lu la fameuse note 336 qui, sibylline, affirme : « Pas davantage en ce qui concerne la discipline sacramentelle, Ă©tant donnĂ© que le discernement peut reconnaĂ®tre que dans une situation particulière il n’y a pas de faute grave. Ici, s’applique ce que j’ai affirmĂ© dans un autre document : cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), nn. 44.47. Â»
 

La communion des divorcĂ©s « remariĂ©s Â», instrument de subversion

 
La question de la communion est donc laissĂ©e au « discernement Â», Ă  l’« examen de conscience Â», au « for interne Â», avec l’aide d’un prĂŞtre ou d’un directeur spirituel, et sans que soit explicitement rappelĂ©e la « solution Â» conforme Ă  la rĂ©alitĂ© des sacrements qui peut consister pour des divorcĂ©s remariĂ©s de vivre comme frère et sĹ“ur.
 
De multiples commentateurs, consternés ou ravis, ont souligné qu’il s’agit là d’une nouveauté.
 
Henri Tincq, du Monde, fait partie des plus enthousiastes, soulignant que le pape, « en bon jĂ©suite Â», invite au discernement (les consternĂ©s parlent de casuistique), et ajoute : « Son “exhortation” ne dit pas explicitement que cette intĂ©gration “au cas par cas” peut aller jusqu’à l’accès au sacrement de communion, qui Ă©tait le point brĂ»lant. Il ne l’exclut pas non plus. Â»
 
Le refus de trancher est caractĂ©ristique du texte, et dans les deux sens. Mais le vocabulaire propre Ă  François – « cheminement Â», « inclusion Â», « intĂ©gration Â», « accompagner Â», « accueil Â» – et omniprĂ©sent dans Amoris laetitia donne des armes Ă  ceux qui rĂŞvent d’une rĂ©volution plus complète.
 
C’est une révolution qui frappe au cœur, puisqu’elle peut bouleverser, si ce n’est déjà fait en certains lieux, les notions de conscience, de péché, de responsabilité, de grâce, d’efficacité des sacrements, de fidélité de Dieu dont la loi est présentée comme décidément trop dure pour notre temps. Elle vise aussi l’Eucharistie qui permet l’incorporation de l’homme au Christ, le tout Innocent, l’entièrement Pur, qui jeta son regard de bonté sur nous sans jamais cacher ni la gravité de nos fautes, ni l’immensité de sa miséricorde.
 
Tout cela pourrait pousser les catholiques au dĂ©couragement, voire au rejet du chef de l’Eglise visible ou du chef visible de l’Eglise. C’est un Ă©cueil qu’il faut Ă  tout prix Ă©viter : l’important, aujourd’hui et maintenant, est de rĂ©affirmer les vĂ©ritĂ©s que l’Eglise a toujours enseignĂ©es, et de se rappeler que le pape n’est pas infaillible dans son magistère ordinaire.
 

Anne Dolhein