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Banque de développement pour les BRICS : la nouvelle mondialisation RITV Texte

Banque de développement pour les BRICS : la nouvelle mondialisation

 

Les représentants des BRICS, les pays émergents regroupés autour du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, ont signé à Fortaleza, capitale de l’Etat du Nordeste au Brésil, un accord instituant la création à Shanghai d’une banque de développement. Une étape vers l’intégration financière des BRICS qui doit redistribuer les cartes de la mondialisation.
 
La présidente brésilienne Dilma Rousseff et le premier ministre indien Nadrendra Modi sont formels, cette banque de développement ne profitera pas seulement aux pays des BRICS mais à l’ensemble de « l’architecture financière internationale ». Autrement dit elle va prendre sa place dans le concert des grands machins qui nous régissent. Le tout est de savoir quelle sera sa partition.
 
Comme sa fondation survient au cœur d’un ballet diplomatique chinois visant à rapprocher Pékin de l’Inde et de la Russie par toutes sortes d’accords, et après l’affaire ukrainienne, on peut raisonnablement y voir une réponse du berger à la bergère à l’hégémonie américaine et à celle du dollar. D’autant que la Chine multiplie les initiatives pour augmenter la convertibilité du yuan.

 

La banque qui préfigure l’intégration financière des BRICS

Le capital de cette banque qui siégera à Shanghai est de cinquante milliards de dollars et son premier fonds de réserve de cent milliards.
 
Peu importe : quand des masses financières énormes se créent et circulent, l’essentiel est la confiance, la confiance qui va peu à peu s’instaurer entre des pays dont tous les intérêts ne convergent pas et dont les relations furent longtemps difficiles.
 
Mais l’Allemagne et la France coopèrent bien depuis les années cinquante. Et les BRICS n’ont pas le choix face à la mondialisation qui s’impose : pour ne pas se faire manger par la haute finance occidentale, il faut qu’ils s’opposent à elle de façon organisée. Ils doivent aller plus loin que les « Non Alignés » des années soixante pour résister au géant américain.
 
Cette banque aura une fonction et des statuts analogues à celles de Banque européenne de développement, la BERD, mais à terme, elle est le premier élément d’une coopération dans tous les domaines. Et finalement d’un processus de rapprochement et d’intégration qui devrait être beaucoup plus étroit. Les amateurs d’anticipation peuvent rêver d’une mondialisation redistribuée où les BRICS seraient soumis comme la zone euro à une politique monétaire, financière et économique commune. Rêver, ou cauchemarder, car, sauf imprévu de l’histoire, c’est ce qui est inscrit dans ce premier pas.
 
Quand on voit l’incidence des décisions de la Banque centrale européenne sur la vie quotidienne des Grecs ou des Chypriotes, ce qui est sûr, c’est que l’accord signé discrètement à Fortaleza, la capitale de la province pauvre du Nordeste, aura plus d’effet sur notre quotidien de demain que la finale de dimanche dernier au stade Maracana de Rio.