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DRAME/ POLICIER Home ♠

 
Home est un film belge, tourné en langue flamande. Il affiche pour ambition la description d’une jeunesse dangereuse et amorale. Certes, une telle jeunesse est régulièrement dénoncée au moins depuis les Zazous des années 1930, morts de vieillesse depuis. Mais, il existe vraiment un problème nouveau lié au manque de cadres moraux de nos sociétés européennes. Les familles, souvent éclatées, ne transmettent plus des valeurs essentielles et universelles. En outre, la société qui professe l’individualisme exacerbé, la jouissance immédiate, n’apprend nullement l’effort, le contrôle de soi ou, dans les faits, le respect de la vie d’autrui. La pornographie a aussi conduit à déshumaniser l’autre, à ne le considérer que comme un instrument de jouissance. Il y a donc là un vrai sujet, dur et délicat, à traiter avec finesse et sans aucune complaisance apparente. Or, ce n’est hélas vraiment pas le cas.
 

Home : à fuir

 
Des adolescents flamands peuvent donc basculer légèrement et brusquement dans le meurtre, est-il donc avancé. C’est hélas bien possible. Précisons qu’il n’est nullement question de djihadisme, mais du résultat d’une absence de sens moral, ce qui est aussi problématique. Le film se concentre dans un premier temps sur le destin d’un repris de justice, accueilli par une tante, peu enthousiaste mais pressée de rendre service à sa sœur. Il est accueilli aussi dans l’entreprise de plomberie de l’oncle, en bénéficiant d’un contrat d’apprentissage, ce qui devrait lui ouvrir des perspectives professionnelles et l’éloigner de la délinquance. Il suit son cousin germain dans ses sorties, et s’intègre à son cercle d’amis. Le spectateur peut malgré tout s’attacher un temps aux personnages, avant qu’ils ne dépassent toutes les bornes…
 
Home dans sa dimension de film policier ménage quelques surprises. L’assassin ne sera pas celui que l’on croit, du moins l’assassin principal. Mais le film souffre des défauts majeurs des films à festival, ce qu’il est : quelques prétentions esthétiques ou participatives – les jeunes acteurs filmant eux-mêmes certaines scènes – n’apportent au mieux rien. Surtout, et bien pire, il n’est pas seulement question de meurtre, mais d’inceste et de matricide. Ceci fait quand même beaucoup, d’autant plus que tout est montré ou presque… Pour le spectateur honnête, il s’agit donc d’autre chose que du meurtre « simple » annoncé, et ceci s’avère beaucoup plus éprouvant. Le film nous a franchement semblé écœurant, avec la mise en valeur progressive de ces thèmes inattendus, même si on en a déjà beaucoup trop vu au cinéma. Home est donc à fuir.
 

Hector JOVIEN

 
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