Idéologie du genre versus racisme : l’incohérence dénoncée par une Afro-Américaine à propos de Bruce Jenner

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Nuriddeen Knight est une jeune femme des Etats-Unis, noire et sans complexes. Dans sa famille afro-américaine, consciemment ou inconsciemment, on a pris soin de lui donner des modèles « de couleur » – ils ne manquent pas dans la filmographie pour enfants, de Mulan à Pocahontas. « Ce n’est qu’avec le recul que j’ai compris l’estime de nous-mêmes que nous ont inculquée nos parents », raconte la jeune femme dans une tribune publiée par The Public Discourse. Mieux vaut être fier de ses origines que de rêver trouver mieux ailleurs – mais cette réponse juste à un « racisme » réducteur ne vaut pas pour l’idéologie du genre, observe finement Nuriddeen Knight. L’incohérence de ces deux tartes à la crème de la pensée unique est flagrante. Voir l’affaire Bruce Jenner…
 
Elle raconte comment, à l’entrée de l’adolescence, bombardée d’images publicitaires, elle finit par penser que c’était « mieux » d’être blanc, d’avoir les cheveux défrisés, d’être maigre. Sans dire à sa mère qu’elle aurait préféré être blanche, elle s’imposait des régimes « parfois déraisonnable », obtint de se faire défriser, et elle évitait le soleil. A treize ans, parler de son rêve à ses parents les aurait certainement conduits à rire, à pleurer, à la réconforter… et à se demander où leur éducation avait failli, se dit-elle maintenant.
 

Une Noire qui veut être blanche, c’est comme Bruce Jenner qui veut devenir femme ?

 
« Mais si je leur avais dis non seulement que je voulais être blanche, mais que je l’étais en réalité ? Si je leur avais dit que la race de mon corps ne coïncidait pas avec celle que je ressentais dans la tête ? Ils en auraient été profondément troublés », écrit Nuriddeen Knight.
 
Et de rappeler ce roman de Toni Morrison, L’œil le plus bleu, où l’héroïne – Pecola, une Noire victime d’abus – rêve tellement d’avoir les yeux bleus qu’elle finit par croire que ses yeux ont changé de couleur. « Nous autres, lecteurs, n’applaudissons pas. A la fin du récit, nous pensons même que Pecola a perdu ses esprits. Nous savons qu’elle ne veut pas vraiment des yeux bleus, mais quelque chose de bien plus profond : l’amour, être acceptée, le respect, l’honneur… ces désirs humains intangibles qui sont notre faim commune à tous mais que nous ne recevons pas également. »
 
Suffirait-il de devenir blanche, ou d’avoir les yeux bleus pour voir comblés ces désirs ? « Certainement pas. Les yeux et la couleur de peau n’ont jamais été le problème : c’étaient le racisme, les abus. » Choses que nos contemporains comprennent sans difficulté…
 
« Mais si, au lieu de vouloir être blanche, je voulais être un homme ? Si au lieu de pleurer et de dire que j’étais blanche en réalité, j’avais dit à mes parents que j’étais un homme au fond de moi, et que je voulais, désespérément, changer mon corps pour qu’il s’accorde avec mon esprit ? »
 

Identité de genre, c’est bien, on choisit. Vouloir changer de race, c’est du racisme

 
Aujourd’hui on aurait applaudi son courage, on aurait salué sa nouvelle identité de genre et on l’aurait conduite chez le chirurgien le plus proche. Mais pourquoi ? s’interroge l’auteur.
 
Après tout, « le sexe n’est pas une invention humaine » – sauf rarissime exception génétique, la réalité des attributs physiques et biologiques qui constitue les êtres humains mâles ou femelles est « une vérité qui ne peut s’effacer avec le temps ». Et vouloir être autre que ce qu’on est, c’est de la « haine de soi », observe Nuriddeen Knight : « Nous disons aux femmes d’aimer leurs courbes, leur âge, leur peau, mais nous ne leur disons pas – pas plus qu’aux hommes – d’aimer le sexe de leur corps. »
 
« Nous dénonçons bruyamment l’horreur de l’excision mais nous l’autorisons à deux pas de chez nous. Nous ignorons les cris des patients qui se réveillent, après leur opération, plein de remords. Nous fermons les yeux sur leur souffrance et nous les trompons avec de fausses promesses de solutions faciles et de bonheur instantané. »
 
Le cri de Bruce Jenner qui se réveille paniqué après sa chirurgie de féminisation faciale en se demandant : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que je me suis fait ? » n’est pas isolé. D’autres transgenres l’ont poussé. Ils parlent de mutilation. De souffrance.
 

Les incohérences de la pensée unique mises en lumière par une Afro-Américaine

 
« Et si nous dépensions l’argent que nous dépensons en chirurgie pour des thérapies qui aident ces gens à recouvrer l’estime d’eux-mêmes ? » A retrouver la nature que Dieu leur a donnée ? « Plus notre société essaie de se libérer des stéréotypes de genre, plus elle s’y asservit. En disant que les personnes peuvent naître dans un corps du mauvais genre, les militants transgenre ne font que dire qu’il y a une série de sentiments qui ne peuvent être éprouvés que par des femmes, et une autre réservée aux hommes » : c’est tout le paradoxe de « l’esclavage de la liberté », écrit la jeune femme. Homme et femme sont « complémentaires », et non opposés l’un à l’autre : « L’idée que l’on puisse se sentir comme étant contraire à son genre biologique est en réalité un non-sens, aussi bien sur le plan de la linguistique que de la réalité. »
 
Et tout ce qu’atteignent ceux qui, comme Bruce Jenner, « changent de sexe », c’est de créer une « illusion » : une « illusion de femme », dans son cas. Comme l’écrit le Dr Paul McHugh : « Le changement de sexe est biologiquement impossible. Les personnes qui subissent une chirurgie de “réassignation de sexe” ne se transforment pas d’hommes en femmes ou vice versa. Ils deviennent des hommes féminisés ou des femmes masculinisées. »
 
C’est le genre de discours qui risque de faire accuser Nuriddeen Knight de « sectarisme », d’« extrémisme » et de « transphobie ».
 
Pourtant, si elle avait choisi de se faire blanchir la peau, opérer le nez, teindre en blonde, on l’aurait accusée de trahir sa race. Et de sacrifier à la « supériorité » du Blanc !
 
Anne Dolhein