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Le pape François approuve le refus de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de l’ouverture de la communion aux protestants en Allemagne

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Enfin une réponse claire et une décision qui s’imposait : cela vient de Rome, alors qu’on commençait à désespérer de voir une telle fermeté. La Congrégation pour la Doctrine de la foi, avec l’approbation expresse du pape François, a opposé un net refus à « l’assistance pastorale » proposée par la conférence des évêques d’Allemagne aux couples mixtes catholiques-protestants, qui prévoyait dans certains cas l’accès à la communion pour le membre non catholique du foyer.
 
C’est au nom du « discernement » que cette possibilité était envisagée, avec la condition que le partenaire protestant « affirme la foi de l’Eglise catholique », se trouve dans une situation « d’urgence spirituelle » et « désire profondément l’Eucharistie ». Toute choses admirables sans doute mais qui ne passaient pas par une abjuration de la foi protestante ni par une adhésion claire et nette à la religion catholique – il est vrai qu’en ce cas, il n’y aurait pas eu le moindre problème et les évêques allemands n’auraient pas eu besoin de s’exprimer.
 
La proposition faite au nom de la conférence épiscopale a suscité des critiques très vives jusqu’au sein de l’Eglise catholique d’Allemagne.
 

La Congrégation pour la Doctrine de la foi refuse la communion pour les protestants

 
Moins d’une semaine après la publication de cette proposition révolutionnaire, le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, s’était exprimé dans un entretien avec Die Tagespost pour dénoncer un véritable « tour de passe-passe rhétorique » la référence faite au « cas individuel » à propos de la nouvelle approche de l’accès à la communion. Il dénonçait carrément une « protestantisation de l’Eglise catholique ».
 
Début avril, c’était au tour de sept évêques d’Allemagne de dénoncer les termes de « l’assistance pastorale » dont ils se sont nettement désolidarisés, demandant même à Rome d’agir et de condamner la proposition comme « illégale » et contraire à l’unité de l’Eglise.
 
Ces nouvelles qui arrivent de Rome à ce propos sont bonnes mais surprenantes, puisque le pape lui-même, par ses silences et ses réponses ambiguës, a pu semer la confusion à propos de l’accès à la communion des protestants et notamment des luthériens. On se souviendra de ses réponses à ce sujet à l’épouse catholique d’un luthérien où il finissait par lui dire : « Voyez, vous », l’encourageant à « aller de l’avant ».
 

Le pape François rappelle l’Allemagne à l’ordre – après avoir lui-même contribué au désordre

 
Il est à noter que le pape François avait refusé à cette occasion de dire positivement aux couples mixtes que le membre non catholique pouvait communier, affirmant en substance qu’il ne pouvait pas donner cette « permission ». Mais il ne leur disait pas de ne pas le faire.
 
Pour Steve Skojec de OnePeterFive.com, c’est sans doute à la lumière de cet événement de 2015 qu’il faut lire le refus actuel, approuvé par le pape François. Celui-ci, sur le sujet, a choisi les sous-entendus et l’insinuation. Les évêques d’Allemagne, le cardinal Reinhard Marx en tête, tentaient une approche plus explicite et par écrit.
 
Les signes favorables à l’intercommunion émis par le pape François n’avaient pourtant pas manqué depuis cette rencontre de 2015 ; nous en avons parlé à plusieurs reprises sur RITV, notamment lorsqu’un groupe de luthériens reçus par le pape François a reçu la communion après la rencontre. Steve Skojec en répertorie quelques autres.
 
La volte-face à laquelle nous assistons actuellement ne cadre pas avec tout ce que le pape François a pu dire sur le sujet par le passé. Il est possible qu’à un moment où son étoile semble s’obscurcir – l’affaire de pédophilie au Chili, très mal gérée par le pape lors de son voyage en Amérique latine, a quelque peu terni son image dans les médias. Il est attaqué sur sa droite par les défenseurs de la doctrine pérenne de l’Eglise, mais la rumeur romaine veut aussi qu’il irrite sa gauche. Peut-être le pape Français a-t-il eu tout simplement envie de fermer ce front, ouvert pourtant par des proches, ayant d’autres priorités.
 
L’interprétation de l’événement est du domaine de la conjecture. Il faudra être attentif à la suite.
 

Jeanne Smits