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Contrôle d’internet, la Russie sur les rangs

Russie contrôle internet
 
Le chef du Comité central d’investigation russe a demandé aux responsables de son pays de resserrer le contrôle d’internet en se servant du modèle chinois pour contrer la pression américaine. Aleksandr Bastrykin a ainsi déclaré le 10 mars au Kommersant Vlast magazine que le ministre chinois de l’Industrie et de l’information a banni les médias électroniques appartenant complètement ou partiellement à des sociétés ou à des individus étrangers.
 
Les lois chinoises interdisent aussi aux médias nationaux de coopérer avec des étrangers sans une autorisation spéciale, et seulement si les Chinois peuvent y détenir des postes d’encadrement. Quant aux médias internet chinois, ils doivent conserver leurs informations sur des serveurs domiciliés en Chine.
 

La Russie s’inspire du contrôle d’internet chinois pour contrer les Américains

 
« D’après moi, nous pourrions en Russie utiliser cette expérience dans des proportions raisonnables » a déclaré Bastrykin qui a, par ailleurs, reconnu que le sujet soulevait de nombreuses questions et que ceux qui font la promotion du libre accès à l’information ne seraient peut-être pas d’accord. Il a prôné l’établissement de normes unifiées de stockage de l’information pour tous les fournisseurs d’accès internet, ajoutant que cela faciliterait le travail de recherche des représentants de la loi en la rendant plus efficace, notamment en ce qui concerne le terrorisme et l’« extrémisme ».
 
En septembre 2015, une loi est entrée en vigueur en Russie obligeant toutes les compagnies procurant des services internet à stocker les informations personnelles des utilisateurs à l’intérieur du pays. Cette loi autorise également la surveillance d’Etat à blacklister les sites qui refusent de se plier aux nouvelles règles et à en limiter l’accès. Les informations personnelles d’avant le 1er septembre 2015 peuvent rester sur des serveurs étrangers dans leur forme originale. D’autres exceptions incluent des cas décrits dans de nombreux traités et accords, comme les services de visas en ligne des ambassades étrangères.
 

Une liste des organisations  indésirables sur internet, dont la Fondation Soros

 
Toujours en 2015, le président Poutine a promulgué une loi sur les organisations étrangères indésirables. Elle permet au Bureau du Procureur général et au ministre des Affaires étrangères de dresser une liste de groupes dont les activités sont illégales en Russie, particulièrement ceux qui représentent « une menace pour l’ordre institutionnel et la capacité de défense, ou pour la sécurité de l’Etat russe. » Les sanctions peuvent aller de simples restrictions administratives à des peines d’emprisonnement de six ans. Les citoyens ou organisations russes qui continueraient à travailler avec de tels groupes ne feraient l’objet que de pénalités administratives.
 
Depuis l’an dernier, les officiels russes ont ajouté une douzaine d’organisations américaines, ukrainiennes et internationales à la liste, dont la Fondation Soros, l’Institut démocratique national et la Dotation Nationale pour la Démocratie.