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Le parti communiste de Russie prépare le 100e anniversaire de la Révolution d’Octobre

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Le parti communiste russe n’est pas mort : il vient même de passer une résolution encourageant ses membres à renouveler leurs efforts pour propager « les idées de gauche » et pour résister aux tentatives de « falsifier l’histoire » à l’approche du 100e anniversaire de la Révolution d’Octobre. Cette résolution a été approuvée lors de la récente session plénière du comité central du parti communiste russe et de sa commission centrale de contrôle chargée des célébrations du centenaire.
 
« A l’aube du centième anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre, les comités régionaux et municipaux du parti communiste de la fédération de Russie doivent renforcer leurs efforts dans les domaines de la propagande et de l’éducation. Ils doivent également résister fortement à toute tentative de falsifier l’histoire », affirme cette résolution qui annonce également un effort particulier pour augmenter le nombre des membres du parti.
 

En Russie, le parti communiste veut renforcer sa propagande

 
Le centenaire de la révolution bolchevique sera mis à profit pour cette « campagne jubilaire » en vue de recruter de nouveaux membres, dans un contexte de « forte acceptation des idées communistes » démontrée, selon le président délégué du comité central, Dmitri Novikov, par les résultats des élections législatives de septembre.
 
Le vocabulaire est toujours le même, on parle des « autorités et des partis bourgeois » qui « n’arrivent pas à résister » au communisme sur le plan des idées mais seulement par des « tactiques politiques » : « Ils n’ont pas réussi à contester nos idées, parce que nos idées sont les idées de la majorité », sans compter qu’ils ont eu recours au concept de la « justice sociale », preuve, selon Novikov, que ce concept demeure très populaire.
 
Le média d’Etat russe rt.com souligne que le parti communiste de la fédération de Russie, seul héritier officiel du parti communiste soviétique, reste toujours un des principaux partis politiques russes, qui forme au parlement le deuxième groupe par ordre d’importance. Russia Today ajoute que les communistes recourent toujours à l’imagerie soviétique et notamment à la figure de Staline, présenté comme celui qui a permis à l’Union soviétique de sortir victorieuse de la Seconde Guerre mondiale.
 

Le 100e anniversaire de la Révolution d’Octobre évoqué sans rappeler les 100 millions de victimes du communisme

 
Le leader du parti communiste russe, Guennadi Ziouganov, a notamment appelé Poutine, en 2015, à redonner à la ville de Volgograd son nom de Stalingrad, à créer une place Staline à Moscou et à lui ériger un monument. Ces demandes n’ont guère été suivies d’effet mais à Volgograd, les autorités locales ont consenti à renommer la ville le temps des célébrations qui ont marqué l’anniversaire de Stalingrad, de manière interne seulement toutefois.
 
Tout cela est présenté sans le moindre commentaire négatif de la part de rt.com. S’il est vrai que l’article est purement factuel, on n’imagine pas pareille information relatant des démarches similaires de la part d’un hypothétique parti nazi en Allemagne dans la presse occidentale. D’abord, un tel parti serait bien évidemment hors-la-loi. La propagande en faveur d’une idéologie qui a fait des millions de victimes n’a plus droit de cité en Allemagne.
 
Mais le communisme a fait bien plus de victimes que le nazisme, en Union soviétique et au-delà de ses frontières. Le Livre Noir du communisme de Stéphane Courtois avance une évaluation prudente de 100 millions de morts, au bas mot. Comme le disait Soljenitsyne, « Le communisme tuait avant que le nazisme ne tue, pendant que le nazisme tuait, il continue de tuer quand le nazisme ne tue plus. » En Russie comme dans de nombreux pays du monde, non seulement on passe l’éponge, mais les partis communistes sont considérés comme des partis comme les autres.
 

Anne Dolhein