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Le 13e sommet de l’organisation de la coopération islamique (OCI) parle du terrorisme et de l’islamophobie

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Photo officielle du 13e sommet de l’OCI (Session de l’Unité et de la Solidarité pour la Justice et la Paix).


 
Réunie pour son 13e sommet, l’organisation de la coopération islamique (OCI) s’est retrouvée à Istanbul en présence de dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement de pays islamiques. Leur principale préoccupation cette année : le terrorisme et l’islamophobies. En revanche, des persécutions antichrétiennes dont la majorité sont imputables à des Etats officiellement musulmans, il n’a pas été question.
 
C’est la première fois que la Turquie accueille un sommet de l’OCI, dont l’objectif avoué est de promouvoir l’unité et la solidarité parmi les pays musulmans, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Cette année, le sommet s’est présenté comme la « dernière chance » d’éviter la territorialisation de la crise.
 

13e sommet de l’OCI : terrorisme et islamophobie leur font « oublier » les chrétiens

 
On notera tout d’abord que la Turquie est censée être un État laïque. A priori, du moins depuis l’entreprise maçonnique de laïcisation mise en place par Kemal Atatürk, elle ne peut pas se prétendre membre de l’Oumma, cette communauté territoriale des croyants, au nom de l’identité à la fois politique et religieuse de l’Islam avec un « I » majuscule. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est cependant issu d’un parti islamiste, et cela fait longtemps que la Turquie privilégie l’islam comme faisant partie de son identité culturelle. L’implication turque est donc, somme toute, conforme à ses choix.
 
Le sommet de l’OCI vise à adopter un plan d’action décennal, dont l’idée de la restructuration de l’islam n’est pas absente puisqu’on n’y retrouve nombre de thématiques propres à une vision relativiste du monde, ou en tout cas très éloignée des principes de l’Islam. Outre le terrorisme, il y est en effet question de droits de l’homme, du rôle des femmes, de l’éducation, de la science et de la technologie, à quoi s’ajoutent les préoccupations plus mondiales, voire mondialistes de la « pauvreté » et des « épidémies ». Le plan doit permettre de créer une « vision collective pour le monde musulman sur les dix années à venir », a déclaré le secrétaire général de l’OCI, Iyad Amine Madani.
 

L’Organisation de coopération islamique réunie pour son 13e sommet à Istanbul

 
Parmi les invités, le roi saoudien Salman bin Abdul-Aziz Al Saoud a bénéficié d’un traitement de faveur. Chose exceptionnelle à l’aune du protocole Turc, Erdogan s’est personnellement déplacé jusqu’à l’aéroport pour accueillir son hôte insigne. Dans le cadre des tensions actuelles entre l’Iran et l’Arabie saoudite, c’est un point à retenir.
 
La réunion visait également à évoquer les tensions entre sunnites et chiites. Et à dénoncer les activités de Daech, de l’État islamique, mais aussi du PKK, la formation communiste kurde que le gouvernement turc combat sans merci.
 
Mais l’une des principales préoccupations que fait naître l’action terroriste de l’État islamique chez les responsables de l’OCI reste la discrimination, la xénophobie et l’islamophobie en Occident. La réunion devait se pencher sur la vulnérabilité des musulmans face aux agressions verbales et physiques du fait du terrorisme. Mais quid des migrations de masse vers l’Europe ? Quid des nombreux pays où ce sont les gouvernements officiellement en place qui se chargent de la persécution ou qui ne prennent pas les mesures nécessaires pour la faire cesser ?
 
Les mésaventures des musulmans en Occident sont loin d’atteindre le niveau de souffrances et de persécutions endurées par les chrétiens dans grand nombre de pays musulmans. Ces dernières n’ont pourtant pas été jugées assez importantes pour être inscrites à l’ordre du jour.
 

Anne Dolhein