Le média de droite américain Newsmax évoque des communications privées de Steve Bannon avec Jeffrey Epstein entre 2017 et 2019, mises au jour dans de nouveaux fichiers publiés par le département de la Justice américain. L’ancien stratège de Donald Trump n’a pas hésité à communiquer avec Epstein alors même que celui-ci avait été condamné dès 2008 pour avoir sollicité une mineure en vue de la prostituer. On y découvre que, tout en conseillant Trump à la Maison-Blanche lors de son premier mandat, il échangeait avec Epstein au sujet de la possibilité qui lui semblait souhaitable de le faire écarter du pouvoir au titre du 25e amendement relatif à l’inaptitude au pouvoir. D’autres propos similaires ont suivi.
Le jeu trouble de Steve Bannon devient de plus en plus manifeste. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer ses rapports avec Epstein, même s’il a aussi conseillé ce dernier face aux accusations de pédophilie qui s’amoncelaient à son encontre, notamment en ce qui concerne les réponses qu’il devait apporter ou non aux médias. Un vrai conseiller en relations publiques…
Steve Bannon a correspondu avec Epstein et l’a conseillé après sa condamnation
Dans le même temps, Epstein critiquait vertement auprès d’un de ses associés les soutiens financiers de Bannon. « Il faut bien que quelqu’un finance ses absurdités », écrivait-il en se référant à l’alliance de Bannon avec le milliardaire chinois déchu Guo Wengui. Celui-ci a exercé une fonction élevée au sein du Parti communiste chinois avant d’être exilé aux Etats-Unis pour fraude.
Bannon nie avoir bénéficié d’avions privés et autres faveurs de la part d’Epstein et assure avoir eu un rôle purement journalistique en ce qui concerne ce trafiquant de mineurs et manipulateur des hommes de pouvoir de tous bords et de multiples pays.
Nous reviendrons sur RITV sur ce dernier point, mais en attendant, on peut aussi se demander à quoi jouait Bannon, cet ancien de la Goldman Sachs, créateur d’une banque d’investissement, puis journaliste réputé « d’extrême droite » (que ce soit à Breitbart ou dans sa célèbre émission « WarRoom »), qui avec ses médias a influencé les milieux de droite aux Etats-Unis et dans le monde.
Steve Bannon, homme double auprès de Trump
Comme bien des figures médiatiques et politiques qui se sont rapprochés d’Alexandre Douguine, que ce soit aux Amériques, en Europe avec les « droites nationales » en particulier, Bannon a été en rapport avec le penseur de la « Quatrième théorie politique » dont on dit qu’il a adopté le « traditionnalisme » (relativiste). Et il ne s’agit pas d’une rumeur, Bannon l’a dit lui-même. RITV a rapporté en 2018 qu’il souhaitait voir la Chine totalitaire communiste vaincue, notamment par le biais d’une alliance de l’Occident avec la Russie, pourtant si proche de Pékin.
Dans l’objectif de faire tomber le pape François, Bannon s’était rapproché en 2019 de Frédéric Martel pour faire une version filmée de son livre Sodoma qui glorifie l’homosexualité au Vatican et dénonce les cardinaux qui la combattent d’être les premiers à être du parti de la jaquette…
On retrouve cette agitation anti-catholique dans l’interview exclusive accordée par Mgr Carlo Maria Viganò, sédévacantiste de son état qui a pu déclarer que Moscou est « la troisième Rome », à Steve Bannon en mai dernier.
Décidément tout cela sent le montage de grande envergure et habilement dialectique où Bannon comme Epstein avaient des intérêts dans chaque camp.











