« LFI, c’est un parti anti-France »
C’est la constatation qu’a faite Aurore Bergé, ministre délégué à l’Egalité femmes-hommes, avant de poser la question suivante : « Est-ce que la gauche est prête, de manière définitive, à rompre avec La France insoumise, au risque peut-être de perdre un certain nombre de villes ? J’entends ces derniers jours des voix qui disent l’inverse. » L’observation est juste. Beaucoup à gauche ont fait leurs comptes et n’entendent perdre ni mairie cette année ni siège de député l’an prochain pour un simple meurtre. La morale est pour eux un argument rhétorique, rien de plus. L’Humanité, le quotidien du Parti communiste subventionné par l’Etat, déplore ainsi cette « énième outrance » de Mme Bergé et lui reproche de « reprendre une expression pétainiste pour attaquer la gauche ». Le mot « anti-France » est selon elle une « expression vichyste », un « terme utilisé par l’extrême droite antisémite au XIXe et XXe siècle ». Bizarre : à l’époque, L’Humanité, interdite par les autorités françaises, avait demandé à la Kommandantur de Paris l’autorisation de reparaître.
« Nous n’accepterons jamais que le fascisme prenne le pouvoir légalement par les urnes, ce que veut faire Marine Le Pen »
Mathilde Panot, présidente du groupe insoumis à l’Assemblée nationale, n’a pas ce genre de pudeur, elle répond bille en tête aux questions qu’on ne lui pose pas. Elle n’acceptera donc jamais que « le fascisme » s’impose par l’élection. Cette phrase, qu’elle a prononcée spontanément sans que personne ne la presse, n’a qu’une signification possible : c’est que LFI refusera, le cas échéant, le résultat du vote des Français s’il devait porter le RN et ses alliés au pouvoir. Que ce soit par la « guerre civile », comme certains le redoutent, ou de toute autre manière. Il est dommage que cette extraordinaire aveu ait été fait après qu’Aurore Bergé eut posé sa question.











