Qui est « profiteur » de la guerre en Iran ?

Qui profiteur guerre Iran
 

La guerre affole toujours le consommateur. Celle qui frappe l’Iran et le Moyen-Orient encore plus puisque la France y a des bases, des bateaux, et des accords de défense avec certains pays. Qui dit guerre dit peur de la pénurie, donc ruée sur les sources d’approvisionnement, donc… pénurie ! C’est ainsi par exemple qu’un peu partout les automobilistes se sont rués sur les stations-service, ont constaté que les prix ont monté, se sont plaints des « profiteurs de crise », ont déploré que certains points de vente ferment, les cuves vides. Pendant ce temps-là des informations contradictoires circulent et chacun rejette la responsabilité sur les autres.

 

La France a des stocks pour trois mois de guerre

L’Etat se veut rassurant, c’est normal en période électorale. Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a annoncé sur France Info ce mercredi que des contrôles allaient avoir lieu pour s’assurer de « hausses de prix raisonnables » à la pompe. Sa consœur à l’Energie renchérit. Il n’y a « aucun risque de rupture d’approvisionnement. (…) On a des stocks, on a diversifié nos importations ». Il y aura tout juste « une hausse de quelques centimes ». Pourtant, si la France dispose, de fait, de stocks stratégiques de trois mois et dépend peu du pétrole du Golfe, les hausses ne sont pas si faibles que cela : de 9 à 15 centimes le litre sur l’ensemble du territoire. Et l’usager s’interroge sur l’identité des profiteurs de crise : sans doute le prix du baril vient-il de grimper de 70 à 80 euros, mais les cuves sont pleines de carburant acheté avant la crise et la guerre.

 

Les profiteurs de la flambée du pétrole : qui ?

Un pompiste breton explique : « Vendredi dernier, j’ai acheté mon carburant 1,461 euro, plus la TVA, plus ma marge, je le revendais 1,81 euro. Ce matin, j’ai acheté mon gasoil 1,568 plus la TVA et plus ma marge de 5 centimes, on arrive à 1,95 euro pour le client. » Un autre déplore devoir anticiper la hausse : « On n’a aucun moyen de temporiser sur une hausse aussi importante. » Lui estime la marge du détaillant entre « un et deux centimes ». Ces informations sont évidemment contradictoires et une question se pose : puisqu’il existe trois mois de stocks constitués à bas prix, pourquoi le prix demandé aux détaillants augmente-t-il si vite et qui le décide ?

 

Le profiteur principal : ni l’Iran, ni les producteurs, l’Etat !

Quoi qu’il en soit, Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U, estime que les marges de la distribution ne sont pas un problème et a son idée sur l’identité du principal profiteur de la crise : « Le grand gagnant dans cette affaire, c’est qui ? C’est l’Etat. Plus de 51 % du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l’Etat. » C’est bien sûr vrai. Mais cela ne répond pas à toutes les questions posées. Une chose est sûre en revanche. La victime de la crise, soit sous sa casquette de contribuable, soit sous sa casquette de client, est toujours l’usager de base, c’est-à-dire vous et moi.

 

P.M.