Une polémique enflamme l’Angleterre à propos d’une prière islamique à laquelle ont été invités des élèves de sept ans non musulmans dans un cours d’éducation religieuse dispensé par une école primaire de l’Eglise anglicane. Le député Richard Tice, adjoint de Farage à la tête du parti Reform UK, relaie la plainte d’un père de famille de sa circonscription, le Lincolnshire, dont la fille a dû accomplir les gestes de la prière islamique. L’évêché en cause, celui de Lincoln, répond qu’il ne s’agissait pas dans le cours dispensé d’un acte d’adoration mais de pédagogie, d’introduction laïque à d’autres religions. Dans la tête des enfants de sept ans, il n’est pas évident que ce distinguo subtil ait été très clair. Et de toute manière, est-ce le rôle d’une école anglicane d’explorer l’islam en primaire ?
« On a prié Allah » à l’école primaire de l’Eglise d’Angleterre
Selon le père, des élèves de sept ans ont été « contraints, manipulés et cajolés » pour accomplir la prière islamique, « alors qu’aucun des enfants de la classe n’était de confession islamique ». Une vidéo a d’abord été projetée montrant des personnes agenouillées sur des tapis de prière en direction de La Mecque et récitant une prière à Allah, avant qu’on demande aux enfants d’« essayer » eux-mêmes. Sa petite fille lui a dit avant de dormir : « On a prié Allah hier. » Selon le père et la fille, le professeur aurait dit quelque chose comme « OK, essayons tous maintenant. Nous devons tous accomplir la prière », avant de les encourager à enlever leurs chaussures et à reproduire « tout le processus physique de la prière ». Ce type de comportement est connu : la révolution est une praxis.
Controverse sur la pédagogie : contrainte ou pas contrainte ?
Un porte-parole du Conseil diocésain de l’éducation a déclaré : « Pendant le cours, les élèves ont été invités à reproduire certains mouvements associés à la prière musulmane. Bien que cela ne fût pas prévu dans le cadre du cours, il ne s’agissait pas d’un acte de culte : aucune prière ni parole religieuse n’a été prononcée et aucun enfant n’a été contraint d’y participer. Aucun tapis n’a été utilisé et les élèves n’ont pas été invités à se tourner dans une direction particulière. » Réagissant à la plainte des parents il a affirmé que le conseil procéderait à une réflexion approfondie afin de garantir que les cours futurs restent pleinement conformes à l’approche non confessionnelle de l’enseignement religieux. Il y a là un demi aveu : le cours n’a pas suivi le plan prévu. Et sans qu’il n’y ait eu à proprement parler contrainte, des enfants, après la vidéo, ont pu se sentir guidés à se tourner vers La Mecque et à se prosterner.
La prière islamique parmi d’autres initiations religieuses
Il faut noter que selon la loi, l’enseignement religieux est obligatoire en primaire et en secondaire en Angleterre. Les parents peuvent demander à ce que leur enfant soit dispensé de tout ou partie des cours. Les écoles confessionnelles peuvent choisir le contenu de leur enseignement religieux. Les écoles publiques sont tenues d’organiser un office religieux quotidien – généralement une assemblée – qui doit être de « caractère largement chrétien ». M. Tice a écrit à Dame Sarah Mulally, nouvel archevêque de Canterbury, afin d’obtenir des éclaircissements de l’Eglise d’Angleterre sur la manière dont ses écoles abordent l’enseignement des autres religions en respectant le droit des parents et en évitant de contraindre les élèves.
Le but de la pédagogie « laïque » : l’humanisme FM
Le porte-parole du diocèse, sans revenir sur le cas précis, a noyé le poisson dans des généralités sur son « programme d’enseignement religieux solide et équilibré, élaboré avec des spécialistes diocésains afin de garantir sa conformité aux exigences légales et aux meilleures pratiques ». Il a précisé : « Le programme d’enseignement religieux de l’école suit le programme non confessionnel approuvé par le diocèse, qui enseigne aux élèves comment les différentes religions prient par le biais d’études et de discussions, et fait partie d’une séquence plus large incluant la prière chrétienne, juive et sikhe. L’établissement suit les directives du ministère de l’Education, notamment en matière de promotion des valeurs britanniques, en enseignant aux élèves le respect et la tolérance envers les personnes de toutes confessions, races et cultures. » Ah ! Enfin ! Les mots importants, « respect et tolérance » sont lâchés. Au lieu d’apprendre aux enfants chrétiens la religion chrétienne, on leur fait découvrir Allah pour que la Sainte Trinité ne soit plus qu’une option entre autres, de sorte que les frères trois points soient satisfaits.











