Instituée en octobre 2025, la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public vit ses derniers jours puisque son rapport doit être remis le 28 avril qui vient. Elle a accompli un travail considérable, en révélant une gestion scabreuse des deniers publics (dépenses sans contrôle, frais ahurissants) et en établissant une orientation nette en faveur de la gauche arc-en-ciel malgré un pluralisme revendiqué. Quant à l’atmosphère de ces travaux et l’image qui en a été donnée, deux phénomènes liés sont apparus : d’une part la surprise montrée sans détour par un microcosme parisien d’être interrogé par le rapporteur Charles Alloncle sur des faits et des attitudes pratiqués depuis des décennies sans qu’aucun compte ne soit demandé d’ordinaire, d’où l’indignation de ce petit monde. D’autre part la campagne de sauvetage de ce petit monde menée conjointement par l’audiovisuel public et les grands journaux de Paris et de la PQR, campagne inspirée par la FM, qui culmine dans la mise en scène des divergences entre le rapporteur et le président de la Commission, chargé d’exprimer en la matière les convenances de la FM.
Les propriétaires du « pluralisme » audiovisuel n’aiment pas qu’on enquête sur eux
Cela part dans tous les sens, mais il faudra lire le rapport. Car la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public a mis sur la table, depuis six mois, une foule de bonnes questions, des moments de télévision surprenants et forts. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, en flagrant délit de réponse à côté de la question et de refus de réponse, alors que d’anciens employés établissent son parti pris anti-« mâle blanc de plus de cinquante ans ». Le présentateur de Questions pour un champion, Samuel Etienne, avouant sans détour avoir touché des indemnités de licenciement et continuant l’émission au titre de prestataire de services. Le patron de Free et d’autres sociétés, Xavier Niel, qui a fait fortune dans le minitel rose et les Peep Shows avant de se prendre pour un génie d’internet et de financer la presse militante de gauche, Médiapart, Bakchich, Le Monde, Niel, donc, a joué les divas offensées et menacé de s’en aller si on lui posait des questions gênantes. Et Nagui, le bateleur multimillionnaire, a utilisé sans mesure l’accusation de racisme contre ceux qui prétendaient lui demander des comptes.
La FM organise le discrédit public de la Commission
On espère que toute cela se traduira en conclusions claires et en recommandations utilisables. Ce ne sera pas forcément le cas. Et certains, dans cette veine, reprochent au rapporteur Charles Alloncle, du groupe UDR (ciottiste), de transformer la commission d’enquête sur l’audiovisuel public en « tribune politique », et de se mettre en scène soi-même afin de promouvoir sa carrière politique. L’usage des réseaux sociaux, qui ont permis de faire passer énormément d’informations malgré l’omerta des grands médias, a été particulièrement mis en cause. Et d’une manière à la fois surprenante et significative, c’est le président de la Commission lui-même, Jérémie Patrier-Leitus, qui s’est montré le plus critique devant les méthodes de Charles Alloncle et a été utilisé pour cette particularité dans le dessein de déconsidérer la Commission qu’il présidait. Il s’en est pris notamment au « voyeurisme » et à la « démagogie » de son rapporteur, coupable d’instituer un « tribunal politique ». Et de conclure : « Je suis attaché à la transparence, mais on peut le faire sans tomber dans le populisme. »
La farce du pluralisme et le pouvoir de la FM
De ce point de vue la campagne menée par la FM à travers des journaux tels que le Huffington Post ou Midi Libre peut servir d’exemple. Dans ces deux journaux qui ne sont pas trop marqués politiquement mais appartenant tous deux aux journaux comme il faut (le b-a-ba pour la FM), les rédacteurs montent un dossier entièrement à charge pour Alloncle, alternant les décorations accusatrices et les rappels présentant comme des faits d’autres accusations. Sans un mot de réponse d’Alloncle ni le moindre éclairage sur le contexte. La conception du pluralisme que promeut la FM, et que traduit l’audiovisuel public. Et Patrier-Leitus y va franco de port : « Y avait-il un objectif politique dans cette commission d’enquête ? Est-ce qu’il a fait tout ça pour faire élire Jordan Bardella président de la République en 2027 ? A-t-il envisagé d’être le ministre de la Culture de Jordan Bardella ? » La parution d’une interview d’Alloncle dans L’Incorrect l’a mis dans tous ses états. Il se dit « choqué et indigné ». Tout cela est à la fois lilliputien et assez bon signe. La FM doit estimer que ses médias, leur « pluralisme », leur entregent, leurs magouilles, tout ce dont l’audiovisuel public est une figure est menacé d’être démasquée. On attend le rapport avec impatience.











