Edouard Geffray, qui fut longtemps haut fonctionnaire de l’Education nationale avant d’en devenir le ministre, a appris dans l’exercice de ses fonctions l’art de pontifier dans la catastrophe. Il se trouve pris dans un double désastre, la fermeture de nombreuses classes à la campagne et la chute de la démographie française. Il constate que le nombre moyen d’élèves par classe dans le premier degré, qui était de 23 en 2017, est aujourd’hui de 21, plus bas historique depuis 1901. D’une analyse claire dans le détail et embrouillée dans l’ensemble, il tire des conclusions mi-chou mi-chèvre, annonçant des évolutions très lentes qui ne changeront pas grand-chose, dont on peut espérer que, le nombre de fonctionnaires croissant quand celui des élèves baisse, il y aura sauf cataclysme un peu plus de remplaçants pour boucher les trous des démissionnaires et des dépressions nerveuses. Ce faisant il confirme tout de même une chose : ce ne sont ni les effectifs ni les moyens qui manquent à l’Education nationale. La Troisième République a fait des normaliens et des polytechniciens de paysans analphabètes, la Cinquième n’a pas le même rendement avec les nouvelles populations. Le niveau était haut avec des classes de trente élèves, il est bas dans des classes de 21. Autorité, sécurité, cohésion nationale, envie d’apprendre (et parfois d’enseigner) manquent cruellement. Un conseil à Edouard Geffray : il devrait imiter Buster Keaton. Celui-ci fit d’un visage triste la source d’un comique explosif.











