C’est la cata. Il n’y a pas d’autre mot ni d’autre abréviation. Les élèves de l’Education nationale, primaire, collège et lycée réunis, n’apprennent plus à lire et ne lisent plus. On s’en doutait à feuilleter chaque années les études internationales comparant la France à d’autres pays, de type PISA, on en est sûr depuis l’étude du Centre national du livre : 16 %, soit un sixième, des élèves de 7 à 19 ans ne lisent JAMAIS dans « un cadre scolaire ». Ni dans le primaire, ni au collège, ni au lycée. Ni d’ailleurs pendant leurs loisirs (ils sont alors 19 % de privés de lecture par eux-mêmes). Le pire est que le phénomène touche désormais ceux qu’il épargnait, les enfants des « milieux favorisés », les plus petits, les élèves de sept à douze ans (ceux que le primaire avait naguère la mission d’alphabétiser), et les filles, qui jusqu’à hier, s’astreignaient à être bonnes élèves pour féminiser plus tard les professions dites intellectuelles. Désormais elles imitent les garçons, elles ne lisent plus, elles passent 3 heures par jour sur leurs écrans. Avec tout ça, en moyenne, les 7-19 ans lisent 18 minutes par jour. Comme c’est l’âge où l’on a le plus le temps de lire, et où on lisait le plus, voilà une belle génération d’étourneaux analphabètes en perspective.











