
L’acharnement systémique du gouvernement en matière d’écologie saute aux yeux dans l’affaire des ZFE : alors qu’un premier vote des deux chambres avait décidé la suppression des Zones à faibles émissions (ZFE) de gaz à effets de serre dans les villes, Matignon a réintroduit un amendement pour annuler concrètement ce vote et permettre aux maires d’agir à leur guise en la matière. Cet amendement repoussé par l’Assemblée nationale, le gouvernement se montre mauvais joueur. Son porte-parole, Maud Bregeon, a regretté la suppression des ZFE par le Parlement et émis des « doutes évidents sur la constitutionnalité de cette mesure ». Cela revient à souhaiter ostensiblement un rejet de la loi par le Conseil constitutionnel. De leur côté, les opposants aux ZFE se félicitent de ce qui leur semble avant tout un revers de « l’écologie punitive ». Le problème est mal posé par tous et ne touche pas au fond : la révolution par l’écologie.
L’acharnement du gouvernement sur les ZFE est stratégique
Le gouvernement enfume son monde. Tout lui est bon pour faire advenir à marche forcée la révolution écologiste dont la feuille de route est inscrite dans le Green Deal d’Ursula von der Leyen et l’Accord de Paris de la COP 21 en 2015. Les opposants ne sont pas toujours mieux inspirés. Ils observent justement que les propriétaires de vieilles voitures étaient les premiers lésés par les ZFE et qu’ils n’ont pas les moyens de se payer un nouveau véhicule, électrique encore moins étant donné son prix. C’est vrai. Mais imaginons que les voitures électriques deviennent bon marché, soit que les droits de douane avec la Chine baissent, soit qu’une grosse subvention vienne aider les « ménages les plus modestes ». Les ZFE deviendraient-elles une bonne solution pour cela ? Non, bien sûr.
L’écologie, moyen d’une révolution systémique
Cela revient à dire que la question sociale est ici secondaire, et que ce n’est pas « l’écologie punitive » qui est en question, mais plus généralement l’instrumentalisation de l’écologie, ou de la question de l’environnement, par une révolution globale et globaliste, l’arc-en-ciel pour ne pas le nommer. Ce qui est mauvais dans les ZFE, comme dans le net zéro, l’imposture de l’éolien, le mensonge sur le climat, c’est l’immense manipulation idéologique et politique qui prétend changer notre manière de produire, consommer, vivre et penser. La diplomate Christiana Figueres, patronne du PNUED, l’a définie et avouée sans détour au sommet de l’ONU sur l’environnement à Doha en 2012 : « Ce qui se produit ici, non seulement à Doha mais dans le processus global du changement climatique, est une transformation complète de la structure économique mondiale. (…) Nous influençons les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour réaliser la plus grande transformation jamais entreprise. »
ZFE et bouddhisme, mamelles d’une révolution spirituelle
Cette révolution visant à « changer la vie de chacun sur la planète », comparable selon Madame Figueres à la « révolution industrielle », mais « centralisée parce que les gouvernements ont décidé d’écouter la science », c’est la révolution arc-en-ciel menée sous la houlette de l’ONU. Elle associe explicitement croissance soutenable, environnement, « justice économique » et développement spirituel. Christiana Figueres a mis sur pied l’Accord de Paris de 2015. Elle y a été aidée mentalement par les écrits sur la non-violence et la méditation de Thích Nhất Hạnh, moine bouddhiste zen vietnamien. « Ses enseignements ont été la lumière qui a guidé » son travail en lui apprenant à « ne pas sauver la Terre par peur ou anxiété mais parce qu’on l’aime ».
Punitive ou pas punitive, l’écologie nourrit la subversion
Ainsi a-t-elle pu affirmer que, dans l’Accord de Paris, « il s’agit de l’émergence de cet amour vrai, de cette solidarité, de cette reconnaissance du fait que nous sommes tous ici ensemble ».
Alors, ce ne sont pas les trois francs six sous que coûte une nouvelle bagnole qui va troubler un tel arc-en-ciel spirituel ! La question de l’écologie punitive est une fausse question, la cinquième roue du carrosse. Ce n’est pas le plus ou moins d’habileté du révolutionnaire qui compte, son doigté tactique, c’est sa stratégie. Ce qu’on nomme en américain les agendas, le programme de l’écologie, est une révolution économique, politique, idéologique et spirituelle, c’est cela qu’il faut discerner et combattre.










