Qu’on se le dise, il est impossible à une personne noire d’être « raciste » à l’encontre d’une personne blanche.
L’existence d’un racisme anti-Blancs, que les tribunaux français commencent timidement à envisager, gêne le discours woke, d’où cette excuse de principe proposée au bénéfice des « racisés ».
C’est dans un secteur scolaire au Royaume-Uni qu’un programme est actuellement mis en place pour endoctriner les enfants dès l’âge de 7 ans afin que, conscients du « privilège blanc » au Royaume-Uni, ils ne vident pas de sa charge politique agressive le discours antiraciste, conçu dès l’origine comme un racisme en sens contraire à l’égard de tout ce qui est occidental, blanc, chrétien et même masculin. Sachant que le Royaume-Uni est pionnier dans le domaine, il est intéressant de voir comment ce discours se déploie outre-Manche.
Un groupe d’écoles de Sheffield s’est ainsi vu proposer un plan de cours dont l’objectif est de donner aux élèves et aux enseignants la capacité d’explorer des manières d’enseigner l’antiracisme, en vue de « contrer les systèmes inégalitaires qui nous entourent dans l’ensemble de la société », pour reprendre les mots des concepteurs du cursus.
Loin d’être une initiative purement locale, il s’agit d’un programme pilote à portée potentiellement nationale, puisque cette alliance d’écoles est dirigée par Notre-Dame High School, officiellement désignée par le gouvernement britannique comme école de formation initiale et continue des enseignants et directeurs dans l’ensemble du système scolaire du pays.
Les Blancs peuvent être racistes envers les Noirs, et non l’inverse
Pour les enfants de 7 à 11 ans, les cours comprennent des leçons pour apprendre que les Blancs sont probablement privilégiés en raison de la couleur de leur peau. On leur apprend à prendre conscience de leur responsabilité vis-à-vis du racisme en ayant toujours à l’esprit leur propre « privilège blanc », et leur devoir de « construire de l’empathie ». « Les personnes privilégiées au Royaume-Uni sont les Blancs et elles risquent beaucoup moins de faire l’objet de comportements racistes, y compris à travers les préjugés, la discrimination et l’abus verbal et physique », explique le texte de l’Alliance. Celui-ci poursuit : « Les personnes privilégiées ont la responsabilité de lutter contre le racisme en : prenant conscience de ce phénomène ; en améliorant leur propre langage et leur comportement ; en remettant en question le langage et le comportement de leurs amis ; en signalant les incidents racistes ; et en apportant leur soutien à celles et ceux qui ont été victimes de discrimination. »
De l’autocritique au contrôle social et pourquoi pas, demain, le flicage, tout cela n’a rien de bien nouveau…
Pour les élèves adolescents, le mécanisme de l’antiracisme est plus clairement énoncé, et c’est intéressant parce que l’objectif politique de la chose y est mis au jour sans complexes. On leur apprend ainsi que les Noirs peuvent bel et bien avoir des préjugés raciaux à l’encontre des Blancs, mais ce n’est pas du « racisme », leur dit-on, puisque celui-ci ne peut s’exprimer que par ceux qui détiennent le pouvoir culturel. Ainsi, les Blancs peuvent être racistes envers les Noirs, mais les Noirs ne peuvent avoir que des préjugés somme toute excusables à l’égard des Blancs…
Une pédagogie de l’idéologie contre les faits
Le comble est atteint dans les propositions de canevas de cours à l’intention des 14-16 ans. Les enseignants y reçoivent des réponses toutes faites aux objections ou aux questions que peuvent poser leurs élèves. Ainsi, que dire lorsqu’un élève vous pose la question de savoir si un Noir peut être raciste à l’égard d’un Blanc ? Ou lorsqu’un élève évoque un fait de racisme de la part d’un Noir à l’égard d’un Blanc ?
Le professeur doit alors répondre : « Les personnes noires peuvent avoir des préjugés raciaux à l’égard d’une personne blanche, ce qui est répréhensible et totalement inacceptable. Cependant, cela ne constitue pas du racisme. Le racisme, c’est la combinaison de préjugés raciaux et de pouvoir. Au Royaume-Uni, ce sont les personnes blanches qui détiennent le pouvoir culturel ; elles sont donc plus susceptibles d’occuper des postes de juge, de directeur d’école, de patron, de Premier ministre, etc. Cela signifie que les préjugés raciaux des personnes blanches peuvent avoir des répercussions négatives sur la vie des personnes de couleur. »
Dans la même tranche d’âge des 14-16 ans, les adolescents sont invités à avoir une pensée critique vis-à-vis de la race et de la justice pénale. On leur apprend que les Noirs ont 10 fois plus de chances d’être arrêtés et fouillés par la police que les autres, et qu’ils ont une probabilité bien plus forte d’être envoyés en prison pour des délits et crimes liés à la drogue.
La pédagogie antiraciste vise uniquement à culpabiliser les Blancs
Il n’est évidemment pas question de se demander si ce type de crimes et délits est plus fréquent dans cette catégorie de la population. Les jeunes doivent ensuite s’interroger sur les points suivants : savoir s’il y a là un exemple de racisme ; comment on peut l’expliquer puisque la race n’existe pas ; savoir si le concept de race a conduit certaines personnes à penser que certains groupes sont différents des autres, et ainsi de suite, sachant qu’il y a des réponses correctes et d’autres qui ne le sont pas du tout…
Conçu sous un gouvernement travailliste, le plan d’action de l’alliance de Sheffield a provoqué la critique fournie de l’opposition conservatrice (qui a pourtant été aux commandes pendant que le politiquement correct s’installait tranquillement). Pour Laura Trott, secrétaire à l’Education du cabinet fantôme, il est urgent que le gouvernement en place démantèle le programme qui favorise les « politiques identitaires clivantes dans les écoles ».
« Ces supports pédagogiques enseignent aux enfants que les préjugés des Noirs à l’égard des Blancs ne peuvent être qualifiés de racisme, présentent des concepts controversés tels que le “privilège blanc” comme des faits incontestables et encouragent les élèves à se percevoir avant tout à travers le prisme de la race. C’est extrêmement néfaste et c’est précisément le genre d’absurdités idéologiques de gauche qui n’ont absolument pas leur place dans nos salles de classe. Catégoriser les enfants en fonction de leur race et leur apprendre à se concentrer sur ce qui les divise ne fera qu’alimenter le ressentiment et aggraver les divisions », a-t-elle déclaré.
Les Noirs subissent des attaques racistes ; pour les autres, c’est moins grave
D’autres, sans dénoncer le concept de « privilège blanc », critiquent la manière dont celui-ci occulte totalement le fait qu’il existe beaucoup de Blancs qui ne bénéficient d’aucun avantage particulier et qui, au contraire, se situent parmi les plus déshérités.
Il faut aussi noter le fait que le racisme anti-Noirs reçoit une place à part dans la pédagogie antiraciste de Sheffield. On pense à un débat qui avait agité le Royaume-Uni lorsque la parlementaire travailliste Diane Abbott avait déclaré que si les Juifs, les Irlandais et les Roms faisaient, sans aucun doute, l’objet de préjugés, ils n’étaient pas confrontés au racisme tout au long de leur vie comme les Noirs.
Il y a en somme une hiérarchie raciale dans le racisme. L’antiracisme n’est pas seulement un racisme en sens contraire : c’est un système d’évaluation de gravité et d’intensité du racisme où les Blancs sont tout en bas de l’échelle et n’ont droit à aucune considération du fait de la couleur de leur peau. C’est beau comme la lutte des classes.











