En 1965, 75 films français trouvaient en France 135 millions d’entrées en salles. En 2025, 228 films français n’en trouvent plus que 59 millions. Il est vrai que le monde a changé, et que les salles françaises, qui attiraient 259 millions de spectateurs cumulés voilà soixante ans n’en attirent plus que 156 millions, d’autres diffusions d’images ayant pris le pas. Il est aussi vrai qu’avec 37,7 % de parts de marché le cinéma français se porte relativement moins mal que ceux de ses voisins. Mais cette vision optimiste de la nouvelle configuration du cinéma en France masque un naufrage général que quelques données simples rappellent. Et l’explication n’en est pas difficile.
Diversité du cinéma français avant le naufrage
Prenons le box office (tel est le nom du palmarès des films) de 1965 tel qu’on peut le consulter en ligne. Pour les films français seulement, les trois premiers sont Le Corniaud, Le Gendarme à New York, Fantomas se déchaîne, dont le premier atteint près de 12 millions de vues et les trois ensemble totalisent 21 millions cinq cent mille spectateurs. Mais on trouve à sa sixième place un Louis Malle, à la dixième Autant-Lara, à la quatorzième La 317ème section, à la 22e Pierrot le Fou, à la 25e un Sautet, à la 33e un Costa-Gavras (à plus d’un million de spectateurs encore). En somme une grande diversité avec un appétit marqué du public pour la comédie. Pour l’ensemble des films distribués en France, Le Corniaud est en tête, suivi de Goldfinger et d’Opération Tonnerre, deux films britanniques, du Gendarme à New York et de Mary Poppins, et la suite est française.
La France a disparu de l’image que les Français consomment
Aujourd’hui, un seul film français entre dans le top 10, God Save the Tuche (3 millions de spectateurs), deux autres intégrant de justesse le top 20 : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, et Un ours dans le Jura (un peu moins de 1.500.000 spectateurs chacun). L’immense majorité des films qui cartonnent en salle sont américains. On note la quasi disparition de la comédie française, qui oscille entre la grosse farce prenant pour sujet les quelques spécimens de peuples caricaturés par la gauche (les Tuche) et quelques drames. C’est l’échec total et sans phrases de la politique du CNC. Si le public va encore un peu voir du cinéma français, c’est par attachement d’habitude ou par goût de la grosse rigolade, avec exceptionnellement un engouement pour un très joli documentaire (Le Chant des forêts, 23ème). On note aussi que Sacré-Cœur a dépassé les cinq cent mille spectateurs (ce que moins de 70 films réussissent, même avec d’énormes budgets), et fait jeu égal avec Downton Abbey : le Grand Final. En 2023, la moitié des films français distribués a été vue par moins de 25.000 spectateurs, et une vingtaine par moins de 100, malgré de gros budgets, des acteurs connus et l’aide du CNC.
Débarrassés de l’ancienne France sans séduire la nouvelle
Quelle conclusion en tirer ? Simplement, que l’offre ne correspond pas à la demande. Mais, il y a un mais, l’offre s’en fiche et préfère le flop à la réussite pourvu de garder son cap de propagande. Get woke, get broke, sûrement, mais l’arc-en-ciel n’en a cure : l’essentiel est de proposer au public la soupe bien-pensante en matière de genre, d’orientation sexuelle, de climat et de vivre-ensemble. Un exemple : Toutes pour une, parodie féministe des Trois mousquetaires, diffusée dans 155 salles avec autant de copies, a attiré 9.407 spectateurs. C’est l’image d’une caste dirigeante nourrie à l’argent public mais déconnectée du public : le film a coûté dix millions d’euros dont 2,6 versés par France TV, 850.000 du CNC, 550.000 des régions et 500.000 de l’Union européenne. Soit 4.500.000 euros pris dans la poche du contribuable pour le plaisir de moins de dix mille militants arc-en-ciel. Les élites tentent imposer l’image d’une nouvelle France, de façon à pousser dehors l’ancienne France qui aimait ses comédies, mais ce qu’elle produit, trop arc-en-ciel, ne plaît pas à la majorité active de cette nouvelle France, l’immigration.











