Amalgamer El Niño et les modélisations réchauffistes est une tromperie

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Ces jours-ci, au moindre coup de chaud, parler du temps qu’il fait avec les gens qu’on croise, c’est à coup sûr s’entendre dire que le coupable est El Niño et que celui-ci a une force inédite depuis, au choix, 50, 100 ou 150 ans. Les plus affolés par le réchauffement climatique ajouteront qu’on se prépare l’année 2027 la plus chaude de l’histoire. Mais qu’en est-il vraiment ? Le site climaterealism.com a voulu apporter quelques rectifications sous la plume d’Anthony Watts.

Mais d’abord, qu’est-ce que El Niño ? Il s’agit d’une oscillation océan-atmosphère qui se développe tous les 2 à 7 ans du fait de l’affaiblissement des alizés, entraînant une hausse des températures de l’eau dans la zone orientale du Pacifique Sud alors que les eaux plus chaudes arrivent plus facilement à se décaler vers l’est. Le phénomène culmine en décembre au large du Pérou et de l’Equateur, et fait ainsi référence à Noël : c’est la venue d’« El Niño Jesús » qui a amené les pêcheurs à l’appeler ainsi. Le phénomène inverse, un refroidissement des températures en deçà de la moyenne, a été nommé « La Niña » pour des raisons évidentes. Ensemble, ces oscillations ont des effets bénéfiques. Le froid apporte des nutriments depuis les eaux profondes via le courant de Humboldt, tandis que la version chaude tarit les ressources de poissons dans la région en attendant le cycle suivant.

Les répercussions d’El Niño se ressentent aussi bien dans les régions tropicales de l’océan Indien que dans l’océan Atlantique, entraînant des variations climatiques à court terme. Toujours dans la logique de l’oscillation : on tourne autour d’une moyenne.

 

Les modélisations réchauffistes au service de la tromperie

Cette année, on l’a suffisamment entendu : on attend un El Niño d’une grande force, avec à la clef des températures élevées et du mauvais temps. A ce sujet, des médias comme Reuters assurent que ses effets seront particulièrement graves parce qu’ils seront exacerbés par le changement climatique d’origine humaine. « C’est pour le moins trompeur », souligne climaterealism.com : on fait l’amalgame entre un cycle océanique récurrent et naturel et un changement de climat à long terme. On nous dit pourtant qu’il ne faut pas contredire la réalité du changement climatique sous prétexte qu’il fait anormalement froid pendant quelques jours ou semaines… Ici, c’est l’inverse : un réchauffement naturel et cyclique est appelé à la rescousse de la théorie du réchauffement à long terme d’origine humaine. Et pourtant, il ne fera que ce qu’il fait toujours : entraîner une hausse mondiale globale des températures et modifier la pluviosité.

L’Organisation météorologique mondiale a mis en garde contre un possible événement El Niño fort, alors que les températures de la surface du Pacifique pourraient dépasser la moyenne d’au moins 1,5 °C. Selon climaterealism.com, il faut cependant noter que ces prédictions ne sont pas du tout catégoriques. Certains modèles prévoient un événement fort et d’autres non. Il s’agit de modélisation probabiliste, car les modèles climatiques ne fournissent pas des données précises, ajoute le site climatosceptique.

Climaterealism.com souligne d’ailleurs que si Reuters annonce une chaleur inédite en 2027, en raison de la combinaison d’un El Niño fort et d’émissions de gaz à effet de serre qui se poursuivent à haut niveau, cette prédiction fait l’impasse sur la réalité. Les hausses de température à court terme en année El Niño se sont répétées depuis qu’on mesure les températures. « Ainsi, l’El Niño fort de 1997-1998, tout comme celui de 2015-2016, a bien boosté les températures globales de manière temporaire ; mais ces pics étaient principalement entraînés par la redistribution de la chaleur océanique et non pas par un forçage nouveau et abrupt. »

 

El Niño et l’amalgame avec les gaz à effet de serre

Sans compter que les prédictions modélisées ne sont pas la réalité… Or c’est à celle-là qu’il faut se référer pour savoir ce qui se passe.

​Il faut rappeler à ce propos que la revue des vagues de chaleur constatées aux Etats-Unis depuis 1890 montre que les pics de chaleur extrême y étaient plus fréquents au cours des années 1930 que pendant ces dernières décennies, selon les données de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). C’était avant l’explosion des émissions des « gaz à effet de serre », rendus coupables de chaque chaque poussée de fièvre météorologique constatée aujourd’hui.

« Reuters cite des scientifiques qui affirment que le changement climatique “amplifie les effets d’El Niño”, rendant les vagues de chaleur, les sécheresses et les fortes pluies plus intenses. Cette affirmation n’est pas scientifiquement plausible en tant qu’hypothèse. Aucune démonstration empirique n’a établi de lien entre le changement climatique à long terme et l’aggravation des phénomènes d’El Niño, ni avec l’aggravation des vagues de chaleur, des sécheresses ou des fortes pluies provoquant des inondations », affirme climaterealism.com. Les influences de ce phénomène sont connues, répertoriées et surtout naturelles, sans lien avec l’activité humaine.

Nous faire peur avec de telles prédictions qui mélange un phénomène réchauffant naturel avec des modélisations relève de la tromperie délibérée.

« Cette année, l’El Niño pourrait bien provoquer une montée des températures globales pendant un ou deux ans, comme cela s’est produit après chaque El Niño fort. Le régime physique du globe n’en serait pas modifié. Cela n’apporterait nullement la preuve que le changement climatique amplifie chaque répercussion au-delà des précédents historiques », note climaterealism.com.

 

Anne Dolhein