L’évêque de Charlotte (Caroline du Nord) a fait enlever de force les bancs de communion des églises de son diocèse en décembre dernier afin que les fidèles communient debout. La mesure autoritaire de Mgr Michael Martin est aujourd’hui contestée à Rome, puisqu’une famille du diocèse a introduit un recours protestant contre le fait que la communion lui avait été refusée à plusieurs reprises parce qu’elle voulait la recevoir à genoux.
Envoyé le 20 juin, il vise le cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin et de la Discipline des sacrements, et demande la reconnaissance des droits de cette famille de deux enfants en tant que laïcs catholiques. Le père de famille se plaint notamment parce que cela fait des années que sa femme, ses deux fils et lui recevaient la communion à genoux.
Après l’arrivée, récente, de Mgr Martin et de ses directives anti-traditionnelles, ils ont vu par trois fois le ministre de la communion passer devant eux et les ignorer alors qu’ils attendaient à genoux : le 30 avril, le 10 mai et le 17 mai, en la paroisse de Notre-Dame-de-Grâce à Greensboro. Il est précisé que tous quatre sont catholiques en pleine communion avec l’Eglise et qu’aucun n’est visé par une censure canonique ou un interdit qui les empêcherait de recevoir les sacrements.
L’évêque de Charlotte pourrait devoir répondre de ses actes
Cette famille n’est assurément pas la seule à avoir été privée de la sainte communion dans un diocèse où la pratique de la recevoir à genoux était profondément ancrée dans plusieurs paroisses.
Mais c’est elle qui prend les devants à Rome. Le père de famille invoque notamment le canon 912 du Code de droit canonique, établissant que tout baptisé non frappé d’empêchement a le droit de recevoir la sainte eucharistie. Le canon 843 §1 est également invoqué puisqu’il interdit de refuser les sacrements à ceux qui les demandent opportunément et qui sont dûment disposés.
S’y ajoute le numéro 91 de l’instruction Redemptionis Sacramentum, qui affirme expressément qu’il n’est pas licite de refuser la communion à un fidèle uniquement parce qu’il désire la recevoir à genoux. Le tout complété d’une réponse donnée en 2002 par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, où un tel refus constituait une grave violation des droits fondamentaux des fidèles.
Un recours à Rome sur la communion à genoux
Comme la mère de famille est actuellement enceinte de son troisième enfant, le recours note de surcroît qu’il sera de plus en plus difficile à cette dernière de se lever depuis la position à genoux sans aide. De telle sorte que l’élimination des bancs de communion lui porte un préjudice personnel, lui rendant difficile d’exercer son choix de recevoir la communion selon la manière qui lui est habituelle.
Toutes les démarches faites par cette famille au sein du diocèse de Charlotte ont été infructueuses. C’est pourquoi elle exerce ce recours formel au Saint-Siège en demandant notamment au cardinal Roche de suspendre à titre conservatoire la directive de Mgr Martin pendant que le cas est en attente de résolution.
On attend pour l’instant que le Dicastère dirigé par le Cardinal fasse savoir s’il accepte ou non d’examiner le recours.











