En troisième lecture, l’Assemblée nationale a voté un texte légèrement modifié qui légalise euthanasie et suicide assisté. Maintenant, que va-t-il se passer ? Tout dépend de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre, qui se dit « scandalisé » par une affaire de canicule, pourrait estimer que l’euthanasie est une chose grave qui divise les Français et laisser aller la navette parlementaire, avec une procédure de conciliation entre les deux chambres qui échouerait, laissant ainsi aux électeurs en 2027 le soin de trancher. Il peut aussi donner le dernier mot à l’Assemblée nationale. Dans ce cas, le texte, considéré comme définitivement voté, sera prêt à être promulgué. Lecornu donnerait ainsi satisfaction à la gauche, au président de la République qui souhaite ce processus accéléré, et au Grand Orient de France, qui a officiellement communiqué ses recommandations à Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Mais ce passage en force ouvrirait une fracture politique grave. Parce que le Sénat est contre. Parce que le vote de l’Assemblée nationale est de plus en plus mitigé : on est passé de 305 pour et 199 contre en 2025 à 295 pour et 232 contre, le rapport est passé de 1,53 à 1,27. Et surtout parce que l’Assemblée nationale actuelle ne représente pas le peuple français. Elle est le reflet du front commun LFI, gauches, centres, contre les droites en 2024, front commun aujourd’hui dénoncé, alors que les droites sont majoritaires dans le pays. Or, lors du vote sur l’euthanasie au Palais Bourbon, les droites ont voté contre.











