Il a quatorze ans, se prénomme Hamza, collégien en vacances du dixième arrondissement de Paris, on l’appelait la douane parce qu’il arrêtait les passants du canal Saint Martin, leur imposant pour péage de les asperger d’eau avec sa bande de marmousets venus d’ailleurs. Cela durait depuis des jours et l’amusait beaucoup. La police lui a donné une amende, il ne s’en soucie pas, comme il l’explique tranquillement au journaliste qui l’interroge. Il arrosait les bleus comme les autres. Il est fier de lui. Souverain. Il imposait sa loi à la rue. Moins grave et sanglante que d’autres, c’est entendu. De simples enfantillages. Mais que cela soit toléré, qu’il puisse revendiquer ses actes, et traiter de racistes ceux qui le critiquent, révèle à quel niveau sont tombés l’intelligence et l’autorité dans ce pays. Il a été arrêté depuis cette interview. Enfin. Trois voitures de police ont été nécessaires. Pendant ce temps, on manque de moyens pour de vrais drames.











