Dans un long entretien accordé au média infocatolica, Mgr Jesus Sanz Montes, OFM, archevêque d’Oviedo, a dénoncé la stratégie de profanation du Valle de los Caidos, cachée derrière le terme de « resignification ». En voici deux extraits forts significatifs :
« J’ai eu l’occasion de rappeler à ce sujet que certains sont dérangés par cette référence à l’amour et à la vérité que représentent l’abbaye et sa croix, alors que l’on vit et que l’on manigance dans la fourberie et le mensonge comme mode de gouvernance. L’ostentation d’une attaque calculée contre cette Croix si visible et si significative se fait au nom d’une équidistance aseptisée afin de ne pas irriter ceux qui ne sont pas chrétiens, en brandissant une neutralité religieuse trompeuse issue d’un laïcisme imposé qui, loin d’être innocent, efface notre histoire, déforme nos symboles et censure notre présence ecclésiale, en prétendant réduire notre parole au silence et rendre invisible notre présence chrétienne. Une autre question est de savoir s’ils y parviendront ou si nous céderons à un tel chantage ; pour notre part, nous devrions l’éviter, chacun selon sa responsabilité et dans la mesure de ses moyens concrets. »
« Car vouloir “redéfinir” le sens que ce lieu a eu et continue d’avoir en tant que lieu d’appel à une véritable réconciliation – sens qu’il a revêtu au fil de l’évolution sincère de son histoire au cours de ces années –, revient à censurer un élément qui n’est pas secondaire dans la conscience chrétienne. Nous connaissons déjà la campagne laïciste menée par certains dirigeants que dérangent précisément la croix et la présence monastique, et qui proposent d’envahir une grande partie de la basilique pour y imposer autre chose que la réconciliation rêvée et célébrée dans ces nefs depuis des décennies, aux côtés des martyrs et de ceux qui y dorment le sommeil de la paix. Comme je l’ai dit ailleurs, prétendre faire de la basilique une sorte de passerelle d’aéroport de leur idéologie pour accéder au minuscule espace qu’ils voudraient bien nous accorder pour la liturgie chrétienne, en passant par le “duty free” de leurs récits, de leurs rancunes et de leurs embuscades, est trop obscène pour être ignoré ; c’est un déjà-vu que nous avons vu maintes fois et qui nous rappelle de proches dictatures bananières. Je le dis sans détours et avec la conviction d’être face à une profanation invasive. »











