David M. Morens, ancien conseiller de haut niveau du « Monsieur Covid » américain, le docteur Anthony Fauci, actuellement jugé pour conspiration visant à tromper les Etats-Unis, a plaidé coupable en avouant, mardi, qu’il avait occulté des communications avec le gouvernement dans le but d’éviter les lois sur l’accès aux documents publics, et ce afin faire obstacle à l’enquête sur les origines de la pandémie.
Si les sites si volontiers accusés de « complotisme » ont été nombreux à s’interroger d’emblée sur l’origine humaine du coronavirus, on remarquera qu’un média aussi mainstream (c’est-à-dire de gauche) que le Washington Post s’exprime longuement sur l’information. Le journal donne de nombreux détails de l’affaire, et signale que Morens, qui a travaillé pour Fauci de 2006 à 2022, encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Mais toujours dans le but de le blanchir…
Morens a préféré plaider coupable, là ou Anthony Fauci s’est tu
Le prévenu a expliqué à un juge fédéral du Maryland qu’il a délibérément détourné des courriels qu’il jugeait politiquement « controversés » vers un compte personnel afin d’éviter qu’ils ne soient un jour connus du public et, a-t-il ajouté, « mal interprétés ». Certes, David Morens se justifie en assurant que sa volonté était de protéger le docteur Fauci face à certaines menaces, et qu’il cherchait à empêcher la « désinformation » sur le virus à circuler. Le Washington Post abonde en son sens, soutenant que beaucoup de scientifiques croient encore à une zoonose, le passage du virus depuis une population de chauves-souris vers l’homme, tandis que Trump et ses supporters sont accrédités de la théorie alternative selon laquelle le virus se serait échappé d’un laboratoire chinois. Pourtant, cette analyse fait aujourd’hui l’objet d’un assez large consensus. En tout cas, plus personne ne la rejette frontalement, comme l’avaient fait d’emblée Fauci et les siens.
L’aveu de Morens, quoi qu’il en soit, n’arrange pas les affaires du directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses qui était chargé de la réponse fédérale à la pandémie : cela s’ajoute au fait que Fauci lui-même a refusé de répondre à toute question de la commission d’enquête sur la sécurité intérieure du Sénat, de telle sorte que le sénateur Rand Paul a demandé qu’il soit poursuivi pour « outrage au Congrès ». Cette requête est actuellement en cours d’examen par le Département de la Justice américain.
L’origine du covid-19 ? On était « complotiste » si on accusait la recherche en Chine
Pour ce qui est de David Morens, la conspiration dont il est accusé consiste à avoir comploté avec le zoologue britannique Peter Daszak, ancien président d’EcoHealth Alliance, qui est lui-même impliqué dans des recherches risquées au laboratoire de Wuhan, travaillant sur le gain de fonction de coronavirus propres aux chauves-souris, notamment pour les rendre transmissibles à l’homme.
Daszak est réputé avoir envoyé des bouteilles de vin à David Morens (du rouge californien, si, si !) en le remerciant de ses « manigances en coulisses » tout en lui promettant d’autres récompenses telles que des dîners dans des restaurants étoilés du guide Michelin, selon des documents judiciaires américains. Le but ? Eviter que le public n’aie connaissance des éléments compromettants du dossier de l’origine du Covid-19.
Le document de plaider-coupable de Morens comporte l’aveu par ce dernier qu’il a contacté le Dr Daszak, désigné simplement par les mots « co-conspirateur 1 », en utilisant son compte privé Gmail, de telle sorte que les messages ne puissent être mis au jour à la suite de requêtes au titre de la liberté de l’information – chose qui était explicitement affirmée dans leurs échanges. Par ailleurs, Morens promettait également d’aider Daszak à récupérer des subventions publiques pour financer ses expériences sur les coronavirus de la chauve-souris en Chine, suspendues dès avril 2020 en raison des craintes de voir ces dernières désignées comme responsables de la diffusion du virus.
Le « co-conspirateur 1 » de Morens, Peter Daszak, le remerciait pour ses « manigances en coulisses »
Il semble que le « co-conspirateur 2 » mentionné dans le plaidoyer coupable de Morens soit le docteur Gerald Keusch, ancien directeur associé du laboratoire des maladies infectieuses de l’Université de Boston, qui a lui aussi reçu des subventions gouvernementales pour son travail.
C’est en juillet 2020, après avoir reçu le fameux remerciement de la part de Daszak pour ses « manigances », que Morens publiait son article sur l’origine du covid-19, appelant à ce que des travaux comme ceux de Daszak reçoivent des subventions afin d’empêcher des pandémies ultérieures.
L’arrivée au pouvoir de Trump a permis que le Département de la Santé des Etats-Unis, désormais dirigé par Robert F. Kennedy, décide en 2025 d’interdire de toute subvention Peter Daszak ainsi que son EcoHealth Alliance basée aux Etats-Unis. Cela à la suite d’une enquête publique de huit mois, au terme de laquelle a été constaté que l’argent du contribuable avait été utilisé pour faciliter des recherches dangereuses sur le gain de fonction en Chine, en vue de rendre les virus plus létaux. Peter Daszak s’était entre-temps récusé des recherches sur les origines du covid parce qu’il avait omis de déclarer qu’il travaillait lui-même étroitement avec les scientifiques de l’Institut de virologie de Wuhan.
Daszak ne fait l’objet d’aucune poursuite, mais la sombre histoire du covid, la responsabilité chinoise, les manœuvres utilisées pour empêcher la vérité de voir le jour et toute la suspension du bon sens et de la logique qui a présidé à la pandémie sont doucement extraites de l’ombre. Le mot « complotiste » pourrait finir par être un indicateur de sérieux… mais ce ne serait pas mieux, car par ricochet il pourrait y avoir un bonus pour la diffusion de n’importe quelle fausse information.











