La fin du cash n’est pas pour demain, les paiements en liquide sont même à la hausse

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Divers articles de presse, et notamment une information des Numériques, soulignent que la fin du cash n’est pas à l’ordre du jour.

La fermeture de distributeurs, le recours de plus en plus fréquent aux paiements sans contact ou par smartphone et autres moyens de paiement numérique ont certes envahi notre quotidien, et ce sous le regard bienveillant de l’Union européenne en particulier, qui voit d’un bon œil l’expansion des paiements numériques qui permettent un contrôle sans précédent sur toutes les transactions monétaires.

Mais une récente enquête de la Banque centrale européenne montre que le paiement en espèces est toujours possible chez la plupart des commerçants physiques de la zone euro. On est même passé de 90 % des points de vente où il est possible de payer en pièces et billets en 2024, à 92 % en 2026, devant les paiements par carte. C’est en Grèce et en Italie que cette possibilité est quasi universelle. En Belgique, elle ne représente que 80 % des commerces.

Mieux, rien ne laisse penser que ces grandes tendances seront modifiées dans les années à venir.

 

Hausse du nombre de billets de banque en circulation

On apprend ainsi que le nombre de billets de banque en circulation dans l’Union européenne est en hausse, ainsi que leur valeur totale, comme le souligne le quotidien suisse Le Temps. La Suisse, appelée à voter sur le sujet le 8 mars dernier, avait quant à elle fait inscrire dans la Constitution helvétique la garantie que le numéraire soit approvisionné, au motif que « l’argent liquide, c’est la liberté ». La Slovénie avait pris une mesure similaire, rejoignant ainsi la Hongrie et la Slovaquie en décembre 2025.

Aujourd’hui, la Banque centrale européenne recommande de conserver de l’argent liquide chez soi, malgré la promotion européenne de l’euro numérique. Une succession de cyberattaques, de pannes d’électricité et d’autres événements démontrant la vulnérabilité des systèmes électroniques, dont les dysfonctionnements peuvent même priver les citoyens de se fournir en produits de première nécessité, ont impulsé ce retour au réel.

 

Le cash et les paiements en liquide, un petit rempart contre le Big Brother numérique

Cela n’empêche pas les promoteurs du tout digital de mettre de nouveaux freins aux paiements en liquide. L’UE plafonnera certains paiements en espèces à 10.000 € dès 2027, avec toute liberté pour les Etats membres de fixer un plafond plus bas.

En France, les règles sont nettement plus restrictives et se sont encore resserrées, puisque la plupart des achats auprès d’un professionnel ne peuvent se faire en liquide que dans une limite de 1.000 euros. Cependant, les transactions entre particuliers ne sont pas concernées par ces plafonds.

Pour ceux que la disparition de l’argent liquide inquiète, il n’est donc pas l’heure de baisser la garde, et ce d’autant que la surveillance des transactions se renforcera en France avec la mise en place par étapes de la facturation numérique, un coûteux casse-tête pour de nombreuses entreprises. Alors que l’Etat, qui veut tout savoir, en fait son profit, les équipes malveillantes sauront aussi en profiter à travers les piratages de ces données.

 

Anne Dolhein